substitution

substitution

nom, féminin, /sypstitysjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action de mettre une chose, une personne à la place d'une autre. Une substitution d'enfant.

    Il semblerait que la vie est une sorte de substitution qui doit passer de race en race — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  2. Terme de jurisprudence. Disposition par laquelle on appelle successivement un ou plusieurs héritiers à succéder, pour que celui qu'on a institué le premier ne puisse pas aliéner les biens sujets à la substitution. Droit attaché à certaines propriétés nobiliaires, par lequel, le propriétaire ne pouvant les aliéner, elles passent aux héritiers mâles. En droit romain, substitution pupillaire, droit qu'avait le testateur qui instituait héritier un impubère, de lui substituer un autre héritier pour le cas où l'impubère, bien qu'ayant recueilli la succession, mourrait avant la puberté et par conséquent avant de pouvoir tester lui-même.

    Je ne voudrais ni disposition par testaments, ni adoptions, ni exhérédations, ni substitutions, ni emprunts, ni ventes, ni échanges — Fénelon (1651-1715)

    Les anciennes substitutions faites à l'infini furent limitées au quatrième degré [en 1566] — Voltaire (1694-1778)

  3. Terme de musique. Artifice d'harmonie qui consiste à substituer, dans un accord de septième de dominante, la sus - dominante majeure ou mineure ; cet artifice, que M. Fétis a nommé le premier substitution, était connu bien avant ce théoricien ; d'Alembert en parle dans ses Éléments de musique.

  4. Nom donné au remplacement de certains aliments de distribution par une substance alimentaire qui n'entre pas dans la ration du cheval de troupe. Aliments de substitution.

  5. Terme d'algèbre. Remplacement d'une quantité par son expression ou sa valeur.

  6. Terme de chimie. Phénomène par lequel un élément qui fait partie d'une combinaison peut être remplacé par un autre élément, sans que le caractère de la combinaison soit entièrement changé.

  7. Terme de physiologie. Génération par substitution, condition dans laquelle a lieu la genèse d'éléments anatomiques succédant aux éléments qui préexistaient, mais qui se sont liquéfiés préalablement, en sorte qu'ils se substituent à ceux-ci et en prennent la place. Substitution fonctionnelle, hypothèse admise à tort par quelques physiologistes, d'après laquelle toute fonction ou telle fonction en particulier selon les espèces, serait susceptible d'être remplie par plusieurs appareils, de telle sorte que, l'un d'eux disparaissant normalement ou accidentellement, l'autre pourrait le remplacer dans sa fonction.

    La genèse des corps vivants n'est qu'une série de substitutions dans laquelle des organes temporaires ou caducs servent à la fondation des organes permanents — COSTE

  8. Terme de pathologie. Substitution fibreuse du poumon, état analogue à celui du tissu lamineux dense, que prend parfois le poumon chez les vieillards, ou autour des dilatations bronchiques et même des corps étrangers du poumon. Substitution graisseuse, production de principes gras qui prennent la place des substances organiques azotées dans les éléments anatomiques.

  9. En termes d'administration militaire, action de présenter, lors du tirage pour le service militaire, un homme qui s'offre en place d'un homme tombé au sort.

Étymologie : Provenç. sustitucio ; espagn. substilucion ; ital. sostituzione ; du lat. substitutionem, de substituere, substituer.

Historique : XVIe s. L'un d'eulx [héritiers institués, Charixenus] estant trespassé, la substitution estant ouverte en faveur d'Areteus ...

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action de mettre une personne, une chose à la place d’une autre. Une substitution d’enfant. La substitution d’une pièce à une autre.

  2. Il se dit, en termes de Jurisprudence, de la Disposition par laquelle on appelle à sa succession un ou plusieurs héritiers successivement, après celui qu’on a institué, de telle manière que celui-ci ne peut aliéner les biens sujets à la substitution.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • substitutions — pluriel — /sypstitysjɔ̃/
  • substitution — singulier — /sypstitysjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée substitution#58918.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.