sublime
adjectif, /syblimə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
adj.
Au sens latin et propre, usité seulement en termes d'anatomie et de médecine. Muscles sublimes, muscles plus superficiellement situés que leurs congénères que l'on désigne alors par le nom de profonds. Respiration sublime, celle qui est grande, accompagnée de mouvements des ailes du nez et d'élévation du thorax pendant l'inspiration. Fig.
Les dons que je vous fais, Ils ne font point de honte au rang le plus sublime — Pierre Corneille (1606-1684)
Si votre hymen m'élève à la grandeur sublime — Pierre Corneille (1606-1684)
Fig. Qui s'élève à une grande hauteur intellectuelle ou morale, en parlant des personnes. Un génie sublime.
Il faudrait, Xénoclès, une âme plus sublime — Pierre Corneille (1606-1684)
Saint Augustin, un si sublime docteur, un théologien si exact.... — Bossuet (1627-1704)
Il se dit, dans le même sens, des choses intellectuelles et morales. Style sublime, voy. STYLE.
L'hérésie des béguards, qui, se glorifiant d'une sublime et perpétuelle communication avec Dieu.... — Bossuet (1627-1704)
Ses ouvrages [de Juvénal], tout pleins d'affreuses vérités, étincellent pourtant de sublimes beautés — Boileau (1636-1711)
S. m. Ce qu'il y a de grand, d'excellent dans le style, dans les sentiments, dans les actions. Par plaisanterie.
Le sublime se peut trouver dans une seule pensée, dans une seule figure, dans un seul tour de paroles — Boileau (1636-1711)
Le sublime est une certaine force de discours propre à élever et à ravir l'âme, et qui provient ou de la grandeur de la pensée et de la noblesse du sentiment, ou de la magnificence des paroles, ou du tour harmonieux, vif et animé de l'expression — Boileau (1636-1711)
Terme de beaux-arts. Le beau à un degré très éminent en un sujet grave. Si au sublime du technique l'artiste flamand avait réuni le sublime de l'idéal, on lui.
élèverait des autels — Diderot (1713-1784)
Ce qu'il y a d'exalté dans l'âme et la spiritualité.
Fénelon vit Mme Guyon, leur esprit se plut l'un à l'autre, leur sublime s'amalgama — Saint-Simon (1675-1755)
Familièrement. Ce qu'il y a de mieux.
Le sublime de l'administration est de connaître quelle est la partie du pouvoir que l'on doit employer dans les diverses circonstances — Montesquieu (1689-1755)
Étymologie : Lat. sublimis, Sublime s'est dit pour sublimé : Je suis lors dissoubs et sublime, Sans marteau, tenailles ne lime, Sans charbon, fumier, baing marie, Et sans fourneau de soufflerie
Historique : XVIe s. Jusques à quand, o Pan grand et sublime, Laisseras-tu cette gent tant infime ? Ceste ruse est des plus sublimes, comme on parle aujourd'hui
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui est au plus haut degré de l’élévation, de la grandeur, de la noblesse, de la beauté; il n’est usité que dans le domaine moral ou intellectuel. C’est un homme d’un génie sublime. Esprit sublime. âme sublime. Vertu sublime. Dévouement sublime. Pensée sublime. Vers sublime. Style sublime. Elle s’est montrée sublime dans cette tragique circonstance. Un orateur sublime. Il a été sublime de dévouement, d’abnégation.
Il s’emploie aussi comme nom masculin et pour désigner Ce qu’il y a de très grand, de très élevé, d’excellent dans les sentiments, dans les actions vertueuses, dans le style. Le sublime de l’héroïsme. Un dévouement qui atteint au sublime. Le sublime de l’éloquence. Longin a fait un Traité du Sublime.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- sublimes — pluriel — /syblimə/
- sublime — singulier — /syblimə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sublime#58857.