s. m.
Terme d'antiquité. Poinçon en métal, en ivoire, en os pointu par un bout et aplati par l'autre, avec lequel les anciens, dès l'origine de l'écriture, ont tracé leurs pensées sur la surface de la cire ou de tout autre enduit mou. Le bout aplati servait à effacer ; et retourner le style signifiait effacer, corriger.
Je le voyais, un style ou poinçon à la main, suivre à plusieurs reprises les contours des lettres que son maître avait figurées sur des tablettes — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)
Terme de gnomonique. Tige qui produit l'ombre dans les gnomons et les cadrans solaires.
Terme de botanique. Partie du pistil ordinairement placée au sommet de l'ovaire et portant le stigmate. Terme de zoologie. Filet du balancier des diptères.
Par métonymie de l'instrument employé pour écrire à l'écriture elle-même, le langage considéré relativement à ce qu'il a de caractéristique ou de particulier pour la syntaxe et même pour le vocabulaire, dans ce qu'une personne dit, et surtout dans ce qu'elle écrit. Du même style, sans changer de ton. Prendre même style, être sur le même ton. Se mettre sur le haut style, parler d'un ton ampoulé. Les trois styles, le simple, le tempéré et le sublime. Style magnifique, celui dont la grandeur vient de la pompe et de l'éclat des expressions. Style sublime, style dont la grandeur vient de celle des pensées, que la simplicité de l'expression fait surtout ressortir. Style barbare, manière d'écrire grossière et incorrecte. Il n'a point de style, il n'a point une manière d'écrire qui soit à lui, et aussi il écrit sans art. Les finesses, les grâces du style, certains arrangements, certains tours qui donnent de la grâce, de la finesse au style. Style de l'Écriture, les expressions, les formes de langage usitées dans la Bible. Style du palais, les formules selon lesquelles on dresse les actes judiciaires. Style de palais, les termes dont on ne se sert que dans les procédures et les plaidoiries. On dit de même : style de pratique, style de notaire, style de chancellerie, etc. On dit, en langage de pratique, clause de style, pour clause que les notaires mettent par habitude dans leurs actes, sans que cela tire à conséquence spéciale. Fig. Fig. Réduire en style, réduire en vaines formules. Ce n'est qu'un style, ce n'est qu'une simple formule.
On connaît à ce style et doux et décevant, Comme en l'art de trahir ton esprit est savant — Tristan L'Hermite (1601-1655)
Ce style figuré dont on fait vanité Sort du bon caractère et de la vérité — Molière (1622-1673)
Terme de beaux-arts. Caractère de la composition et de l'exécution. Cette peinture est de bon style. Il se dit de la danse dans le même sens. Absolument. Style l'art d'ennoblir le vrai, et de l'achever en le revêtant d'une apparence nettement caractéristique. Style s'emploie aussi pour désigner le style grec, c'est-à-dire la grandeur obtenue par la simplicité des détails. Caractère général des œuvres des artistes d'une même époque. Particulièrement, caractère général des œuvres d'un artiste. Ce tableau est dans le style de tel maître.
Ayez d'abord la pensée, et vous aurez du style après — Diderot (1713-1784)
On sait que le style idéal était consacré aux dieux ; le style héroïque venait ensuite ; puis le style historique et le style athlétique — QUATREMÈRE DE QUINCY
La manière de procéder en justice (sens qui a vieilli). Le style du parlement. Le style des finances. Style de la cour de Rome. Le style du Châtelet.
Manière d'envisager ou de présenter des choses, façon d'agir.
Laissons ce style [parlons d'autre chose] — Molière (1622-1673)
Ce langage à comprendre est assez difficile, Madame ; et vous parliez tantôt d'un autre style — Molière (1622-1673)
Vieux style, ancien style, manière de compter dans le calendrier (il retardait de dix jours) avant sa réformation par Grégoire XIII ; nouveau style, la manière dont on compte depuis cette réformation. Vieux style se dit aussi de l'ère chrétienne, par opposition à l'ère républicaine commencée le 22 septembre 1792.
Quatre dominicains furent brûlés le dernier mai 1509, ancien style — Voltaire (1694-1778)
Les Anglais ont adopté le nouveau style en 1752, après l'avoir rejeté pendant 170 ans ; l'Europe entière l'a reçu, à l'exception de la Russie, qui seule s'y refuse encore — Jean Sylvain Bailly (1736-1793)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).