spiritualité
nom, féminin, /spiʁityalite/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. f.
Terme de métaphysique. Qualité de ce qui est esprit.
La spiritualité commence, en l'homme, où la lumière de l'intelligence et de la réflexion commence à poindre — Bossuet (1627-1704)
On sait que la preuve de la spiritualité de l'âme, apportée par Descartes, le conduit nécessairement à croire que les pensées de l'âme ne peuvent être causes physiques des mouvements du corps — Fontenelle (1657-1757)
Terme de vie dévote. Tout ce qui a rapport aux exercices intérieurs d'une âme dégagée des sens, qui ne cherche qu'à se perfectionner aux yeux de Dieu. La nouvelle spiritualité, le mysticisme de Mme de Guyon et de Fénelon.
Il est presque toujours arrivé aux sectes d'une spiritualité outrée de tomber de là dans ces misères [les débauches sexuelles] — Bossuet (1627-1704)
Sans nous piquer aujourd'hui d'une spiritualité plus sublime que celle qui nous est enseignée par ce maître adorable [Jésus-Christ] — Bourdaloue (1632-1704)
En général, caractère de ce qui est dégagé de la matière et des sens.
La même raison de spiritualité, qui avait fait permettre le célibat, imposa bientôt la nécessité du célibat même — Montesquieu (1689-1755)
C'est encore au christianisme que l'on doit ce sentiment perfectionné [l'amour] ; c'est lui qui, tendant sans cesse à épurer le cœur, est parvenu à jeter de la spiritualité jusque dans le penchant qui en paraissait le moins susceptible — Chateaubriand (1768-1848)
Étymologie : Lat. spiritalitatem ou spiritualitatem, de spiritalis ou spiritualis, spirituel.
Historique : XIIIe s. Bonne coze est et porfitavle, et selonc Dieu et selonc le siecle, que cil qui gardent le [la] justice esperituel se mellassent de ce qui apartient à l'esperitualité tant solement XIVe s. Aussi comme il n'est au monde que un solail qui signifie l'esperitualité, ne que une lune qui denote la temporalité, semblablement doivent estre seulement deux princes souverains, un espirituel et l'autre temporel XVe s. Le recteur, les maistres et les clercs solennelz.... [Charles V] mandoit souvent.... usoit de leur conseilz de ce qui appartenoit à l'esperituaulté XVIe s. Selon qu'ils [les esprits] …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
T. de Métaphysique — Caractère spirituel, nature spirituelle; il s’oppose à Matérialité. La spiritualité de l’âme.
Il se dit aussi de la Théologie mystique, de celle qui regarde la nature de l’âme, la vie intérieure. Livre de spiritualité.
Il désigne encore la Nuance de pensée religieuse propre à une école théologique, à un institut religieux, à un peuple. La spiritualité de saint Bernard. La spiritualité franciscaine. La spiritualité espagnole.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- spiritualités — pluriel — /spiʁityalite/
- spiritualité — singulier — /spiʁityalite/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée spiritualité#58224.