spéculation
nom, féminin, /spekylasjɔ̃/ ou /spɛkylasjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action d'observer attentivement. La spéculation des astres.
Ces hommes adonnés aux spéculations des choses célestes — Fléchier (1632-1710)
Aristote prétend que l'action la plus noble de notre entendement est la spéculation des choses naturelles — Fénelon (1651-1715)
Recherche abstraite.
Pythagore, ce philosophe si élevé dans la spéculation — MARGUER. BUFFET
Il n'y avait homme excellent ou dans quelque spéculation ou dans quelque ouvrage qu'il n'entretînt.... — Bossuet (1627-1704)
Résultat de la spéculation. Il nous a communiqué ses spéculations sur cette matière.
Parce qu'il avait été également propre aux spéculations du cabinet et aux soins du gouvernement — Fontenelle (1657-1757)
Théorie, par opposition à pratique.
Cela est permis dans la spéculation, mais je n'en approuve pas la pratique — Pascal (1623-1662)
Le christianisme n'est pas une vaine spéculation — Bossuet (1627-1704)
Calculs, projets, entreprises de finances, de banque, de commerce, d'industrie, etc. Une spéculation lucrative. Fausse spéculation, spéculation mal calculée et qui aboutit à une perte.
Spéculation, c'est acheter soi-même ou faire acheter par quelques correspondants, soit pour son propre compte, soit en participation, certaines marchandises, dans le temps qu'elles sont au-dessous de leur prix ordinaire, pour les revendre ensuite, soit dans le même endroit où l'achat est fait, soit en les faisant passer en d'autres endroits — P. GIRAUDEAU
La finance dont les spéculations, aussi simples que faciles, semblent ne rien donner au hasard, et ruinent le commerce dans son principe parce qu'elles ruinent l'agriculture — CONDIL.
Coquille du genre cône.
Étymologie : Provenç. speculacio ; espagn. especulation ; ital. speculazione ; du lat. speculationem ; de speculari, contempler (voy. SPÉCULATEUR).
Historique : XIVe s. Si comme ceulz qui tiennent une opinion des mouvemens du ciel ou d'autre speculacion Et de present il a en sa pensée speculacions et consideracions dignes et nobles XVIe s. Saint Paul avec ses hautes et profondes speculations. Tarrutius, homme grand philosophe et mathematicien, et se meslant du calcul de l'astrologie pour le plaisir de la speculation seulement
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Action de spéculer, de méditer profondément. Il nous a communiqué ses spéculations sur cette matière.
Il signifie encore Théorie; en ce sens il est opposé à Pratique. Cela est bon dans la spéculation et ne vaut rien dans la pratique.
Il a souvent un sens péjoratif. C’est un esprit chimérique qui se perd en spéculations nuageuses.
Il se dit particulièrement des Raisonnements, des calculs, des entreprises que l’on fait en matière de banque, de finance, de commerce, etc. Faire des spéculations. Se livrer à des spéculations hasardeuses. Cet homme était riche : Il s’est ruiné en faisant de mauvaises spéculations. Ses spéculations ont réussi, ont mal tourné, ont été malheureuses. Il a fait des spéculations très heureuses.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- spéculations — pluriel — /spekylasjɔ̃/ ou /spɛkylasjɔ̃/
- spéculation — singulier — /spekylasjɔ̃/ ou /spɛkylasjɔ̃/
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