souveraineté

souveraineté

nom, féminin, /suvəʁɛnəte/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Autorité suprême. Souveraineté absolue. Souveraineté limitée. Souveraineté héréditaire. Souveraineté élective.

    Par la même raison que la souveraineté est inaliénable, elle est indivisible — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    L'on parvint à concevoir qu'une monnaie portant l'empreinte de la souveraineté ou du chef de la nation devait être frappée par des préposés de confiance, et non par des fermiers avides de gain — Mirabeau (1749-1791)

  2. Qualité, autorité d'un prince. On lui dispute la souveraineté.

    Rome n'en a repris [de ses droits], au lieu de liberté, Qu'un droit de mettre ailleurs la souveraineté — Pierre Corneille (1606-1684)

    Quand l'Espagne voulut donner au prince de Condé ou Cambrai et ses environs ou le Luxembourg en pleine souveraineté — Bossuet (1627-1704)

  3. Étendue de pays sous la dépendance d'un souverain.

    Il [le duc de Veimar] comptait se faire une souveraineté le long du Rhin — Voltaire (1694-1778)

  4. Souveraineté du peuple, doctrine politique qui attribue au peuple le pouvoir souverain.

    Par ces dernières expressions [l'intérêt et la volonté de la nation] le vainqueur sous-entendait la souveraineté du peuple, cette autre espèce de droit divin qui n'a pas de raisons à donner ni de compte à rendre, et qui peut devenir le plus démesuré comme le plus irresponsable instrument de bien des choses que la justice réprouve — Villemain (1790-1870)

  5. Fig. Autorité morale, considérée comme suprême. La souveraineté du but, se dit d'un but auquel on subordonne, on sacrifie tout.

    Dans le bouge où il était logé, il [un barbon] ne parlait que de l'empire naturel du sage, que de la souveraineté de la raison — Guez de Balzac (1597-1654)

  6. Fig. Qualité de ce qui est sans appel.

    Je ne vois aucune chose qui puisse être à couvert de la souveraineté de tes décisions — Molière (1622-1673)

Étymologie : Souverain.

Historique : XIIIe s. Si comme on voit toute jor que se cil d'Artois.... pledent ensanble par devant le roy à Paris d'aucuns apiax [appels] qui sunt fet à li par reson de le [la] sovraineté ou d'autres cas qu'il a sor ses sougès Il sera afermemenz en terre, es souverainetez des monz [in summis montium]

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Autorité suprême. Souveraineté héréditaire. Souveraineté élective. Souveraineté passagère. Souveraineté populaire. Souveraineté nationale. Les droits de la souveraineté. Aspirer à la souveraineté. Usurper la souveraineté. La souveraineté du peuple.

  2. Fig., La souveraineté de la raison, L’autorité suprême que la raison devrait exercer sur nos actions.

  3. SOUVERAINETÉ désigne aussi la Qualité et l’autorité d’un prince. On lui dispute la souveraineté. Il possède ces terres en souveraineté, en pleine souveraineté.

  4. En termes de Droit international, il désigne le Droit absolu qu’a tout peuple indépendant de régler ses propres affaires sans en devoir aucun compte à quelque autre peuple que ce soit.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • souverainetés — pluriel — /suvəʁɛnəte/
  • souveraineté — singulier — /suvəʁɛnəte/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée souveraineté#58052.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.