souvenir
nom, masculin, /suvəniʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873) — entrée 2
s. m.
Impression qui demeure en la mémoire. Le souvenir de la mort, la pensée qu'on doit mourir. En termes de civilité.
Ne croyez point, ma fille, que son souvenir [de Turenne] fût fini ici, quand votre lettre est arrivée — Mme de Sévigné (1626-1696)
Il y a des souvenirs agréables ; mais il y en a de si vifs et de si tendres, qu'on a peine à les supporter — Mme de Sévigné (1626-1696)
La faculté même de la mémoire. Je ne saurais effacer cette action de mon souvenir.
Je vous assure que, quelque part que je sois, elle [une dame] est toujours dans mon cœur et dans mon souvenir — Voiture (1597-1648)
Je ferai tous vos compliments ; je suis fort assurée qu'ils seront bien reçus ; chacun se fait un honneur d'être dans votre souvenir — Mme de Sévigné (1626-1696)
Par extension, ce qui fait conserver la mémoire de quelque chose, de quelqu'un. Ses blessures sont pour lui de glorieux souvenirs de ses victoires.
En souvenir de moi, protégez-la toujours — Casimir Delavigne (1793-1843)
À ton revers j'admire une reprise ; C'est encore un doux souvenir — Béranger (1780-1857)
Cadeau que l'on fait en partant, pour laisser le souvenir de soi à la personne que l'on quitte.
Au plur. Nom donné à des espèces de mémoires où l'on raconte ce que l'on se rappelle avoir vu.
J'écris des souvenirs sans ordre, sans exactitude, et sans autres prétentions que celle d'amuser mes amis — Mme de Caylus (1673-1729)
Tablettes où l'on écrit ce que l'on veut se rappeler. Voilà un joli souvenir. J'ai écrit cela sur mon souvenir.
Espèce de planchette divisée en sept parties disposées en crans, portant chacune sur une étiquette le nom d'un jour de la semaine, afin qu'on puisse y noter, pour chaque jour, ce qu'on aura à faire ce jour-là.
Étymologie : Souvenir 1 ; wallon, sofni.
Historique : XIIIe s. Lors vint Doulx-penser, Esperance, Et Sousvenirs qui moult s'avance XVIe s. ....avant qu'on te voye estre, Jerusalem, hors de mon souvenir D'autre costé, du bien que je poursuis Le subvenir renforce mon martyre Souvent le souvenir de la chose passée, Quand on le renouvelle, est doux à la pensée Le doux souvenir que j'emporte de toy Le souvenir d'un adieu, d'une action, d'une grace particuliere, d'une recommandation derniere
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Impression que la mémoire conserve de quelque chose. Agréable souvenir. Fâcheux souvenir. Souvenir importun. Perdre le souvenir de quelque chose. Rappeler le souvenir. Je n’en ai qu’un léger souvenir, qu’un souvenir confus. Je garderai un éternel souvenir du service que vous m’avez rendu. Le triste souvenir m’en revient toujours dans l’esprit.
Il se dit aussi de la Faculté même de la mémoire. Je ne saurais effacer cette action de mon souvenir. Vous serez toujours dans mon souvenir.
Il signifie, par extension, Ce qui rappelle la mémoire de quelqu’un, de quelque chose. Ses blessures sont pour lui les glorieux souvenirs de ses victoires. Un souvenir d’amitié. Souvenir mortuaire. Absolument, Permettez-moi en partant de vous offrir ce souvenir.
Il se dit encore d’un Ouvrage du même genre que des mémoires, mais plus personnel et moins important. Il est occupé en ce moment à écrire ses souvenirs. Les souvenirs de Mme de Caylus.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- souvenirs — pluriel — /suvəniʁ/
- souvenir — singulier — /suvəniʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée souvenir#58044.