sourdine

sourdine

nom, féminin, /suʁdinə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Épinette d'une espèce particulière, dont les cordes étaient touchées par de petites pièces de bois recouvertes de drap ; ce qui produisait un son sourd et mystérieux.

    Il y en avait [des épinettes] d'une espèce particulière, dont le son était fort doux, et qu'on appelait à cause de cela sourdines — François-Joseph Fétis (1784-1871)

  2. Ce qu'on met à un instrument de musique pour en modifier ou en étouffer le son : un petit morceau de bois qui se place sur le chevalet pour les instruments à cordes ; des pavillons à ouverture et des cônes percés en carton, pour les instruments à vent. Quand une partie d'instrument doit être jouée avec sourdines, on a soin de l'indiquer par ces mots : con sordini. Fig. Mettre une sourdine à sa voix, à son ton, à ses prétentions, rendre sa voix moins bruyante, son ton moins haut, ses prétentions moins éclatantes.

  3. Dans une montre à répétition, ressort qui empêche le marteau de frapper sur le timbre.

  4. Sonner la sourdine, se disait, à la guerre, d'un son de la trompette quand il fallait marcher à petit bruit. De là, sourdine s'est dit pour marche en silence.

    Comme on ne gagnait rien à cette sourdine imparfaite, la Breteche permit tout le bruit de guerre — Saint-Simon (1675-1755)

  5. À la sourdine, loc. adv. Sans le bruit qui accompagne ordinairement la marche d'une troupe militaire. Fig. Secrètement.

    Ils en sont décampés à la sourdine, sans trompette, comme ils font assez souvent — Pellisson (1624-1693)

    Mais j'ai plus à vous dire : il s'est à la sourdine Marié depuis peu — Hauteroche (1617-1707)

  6. Voltaire en a fait un adjectif féminin.

    J'ai fait ce que j'ai pu pour les mânes de ce M. de la Creuse, qui s'est tué comme Brutus, pour avoir perdu une commission de tabac ; mais je ne sais si mes représentations sourdines en faveur de cette âme romaine ou anglaise réussiront — Voltaire (1694-1778)

Étymologie : Sourd.

Historique : XVIe s. Dès la nuict, partans avec la sourdine, ils s'en vont à grandes traittes et en desordre vers Nantes ... Et puis à jour couchant en trois coups de sourdine aians chassé par rudesse hommes et femmes du village, sortent, et par petits chemins esquivent une lieue.... Le Lau, aiant fait sonner la sourdine, perça de sa cavalerie avant jour

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Appareil qui est fixé ou qu’on adapte à certains instruments de musique, pour en affaiblir le son. Il faut mettre une sourdine dans cette trompette. Il y a des airs qu’on fait jouer aux violons avec des sourdines, en sourdine. Il ne faut pas quitter la sourdine au piano pour jouer ce passage.

  2. Fig., Mettre une sourdine à.... Diminuer, atténuer, calmer. Il faut mettre une sourdine à votre enthousiasme, à votre allégresse.

  3. Fig., EN SOURDINE

  4. loc. adv.

  5. Sans bruit, secrètement. Il s’est marié en sourdine. Négocier une affaire en sourdine.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • sourdines — pluriel — /suʁdinə/
  • sourdine — singulier — /suʁdinə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sourdine#57991.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.