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soupçon

soupçon

nom, masculin · /supsɔ̃/

Usage : fréquent (20 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Impression selon laquelle quelqu'un pourrait être responsable d'un fait répréhensible

    « Le comte : Mais ce médecin peut prendre un soupçon. - Figaro : Il faut marcher si vite que le soupçon n'ait pas le temps de naître »Beaumarchais (1732-1799)

    « Il n'est rien où d'abord son soupçon attaché Ne présume du crime et ne trouve un péché »Boileau (1636-1711)

  2. Très petite quantité d'une substance, presque imperceptible : un soupçon de sel, un soupçon de lait dans le café.

    Ébauche, en attente de relecture.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : au-dessus de tout soupçon · éveiller les soupçons · laver quelqu'un de tout soupçon · un soupçon de

Grammaire et formes (2)
  • soupçons : pluriel · /supsɔ̃/
  • soupçon : singulier · /supsɔ̃/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 5 sens

s. m.

  1. Au sens actif, action de soupçonner. Un cœur exempt de soupçon. Sans risque ni soupçon, sans risque ni soupçon de fraude.

    Le soupçon, ce monstre sans pitié, Loge bientôt la haine où logeait l'amitiéJean Mairet (1604-1686)

    Ne m'assassinez point, je vous prie, par les sensibles coups d'un soupçon outrageuxMolière (1622-1673)

  2. Au sens passif, état d'une personne soupçonnée. Une conduite exempte de soupçon.

    De nos faux monnoyeurs l'insupportable audace Pullule en cet État d'une telle façon, Qu'on ne reçoit plus rien qui soit hors de soupçonMolière (1622-1673)

    Il n'y a pas le moindre soupçon d'erreur dans ceux que vous en avez accusésPascal (1623-1662)

  3. Simple conjecture, simple opinion. Ce n'est pas une certitude, c'est un soupçon.

    Pour moi je n'en ai qu'un léger soupçonBossuet (1627-1704)

    Mme la duchesse de Berri est en soupçon de grossesseMme de Maintenon (1635-1719)

  4. Apparence légère. Il y a quelque soupçon de petite vérole dans ce canton.

    Cela ne vous offense point ; il ne tombe entre lui [votre père] et vous aucun soupçon de ressemblanceMolière (1622-1673)

    De ce pouvoir prétendu du peuple et de cette souveraineté qu'on veut lui attribuer naturellement, il n'y en a aucun acte ni aucun vestige, et pas même le moindre soupçon dans toute l'histoire sainteBossuet (1627-1704)

  5. Familièrement. Quantité si minime qu'on se demande si elle existe. Donnez-moi un soupçon de cette liqueur.

    Un excès d'aigreur ou d'amertume, dans les liqueurs, nous les rend odieuses ; une pointe, ou ce qu'on appelle un soupçon de l'une ou de l'autre, pique, éveille et flatte le goûtMarmontel (1723-1799)

    Rien que de l'eau chaude avec un soupçon de thé et un nuage de laitA. DE MUSS.

Étymologie : Prov. sospeisso ; it. sospezione ; du lat suspicionem, qui vient de suspicere, regarder, considérer, et de là soupçonner, de susum, en haut, et spicere, voir (voy. SPECTACLE) : soupeçon ou soupçon est la forme française ; il était correctement féminin ; suspicion a été refait sur le latin.

Historique : XIIe s. Et cil qui plus les ament, sont plus en sopeçon XIIIe s. Et dist ces paroles pour çou [ce] que il savoit bien que li rois l'avoit en souspechon, por mauvaises paroles .... Dont j'ai mauvese soupeçon Il se met en souspechon qu'il ne demande fausseté XVe s. Vous estes tous temps mal pensant, Et plain de faulse soupeçon XVIe s. Les senateurs entroient en soupeçon les uns des autres Ce mystere [de gens armés qui arrivaient les uns après les autres dans la maison de Montaigne] commenceoit à taster ma souspeçon Tel en qui il ne pouvoit cheoir souspeçon aulcune de foiblesse

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens

n. m.

  1. Action de soupçonner; sentiment de celui qui soupçonne. Soupçon fondé. Soupçon injuste, injurieux, mal fondé. J’ai un léger soupçon, un fort soupçon qu’il m’a menti. Avoir, concevoir des soupçons. Prendre, donner du soupçon. éclaircir, détruire, dissiper un soupçon. Détourner les soupçons. Le soupçon tombe sur lui. Il est au-dessus de tout soupçon. Sa conduite a excité les soupçons. Cela confirme, fortifie mes soupçons. Il faut écarter de pareils soupçons. Mes soupçons se sont d’abord portés sur lui. Le seul soupçon d’un tel malheur me fait trembler. Au moindre soupçon de son infidélité je me séparerai de lui.

  2. Un coeur exempt de soupçon, Qui ne soupçonne pas. Une conduite exempte de soupçon, Qui ne peut être soupçonnée.

  3. SOUPçON se dit aussi d’une Simple conjecture, d’une simple opinion que l’on s’est faite de quelque chose. Ce n’est pas une certitude, ce n’est qu’un soupçon. J’ai quelque soupçon que c’est lui qui est venu pendant mon absence.

  4. Il se dit encore, familièrement, d’une Apparence légère, ou de la plus petite quantité possible d’une chose. Il a un soupçon de fièvre. Donnez-moi un soupçon de crème. Se mettre un soupçon de poudre, un soupçon de rouge.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée soupçon#57974.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.