souffrance

souffrance

nom, féminin, /sufʁɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme de jurisprudence. Tolérance pour certaines choses qu'on pourrait empêcher (le sens propre de souffrir étant porter, soutenir). Cette vue est une souffrance. Un jour de souffrance.

  2. Terme de comptabilité. Suspension dans l'allocation ou le rejet d'une dépense portée en compte sans pièces à l'appui. Cet article est en souffrance. Tenir une partie en souffrance.

  3. Par extension, tout retard préjudiciable dans la conclusion d'une affaire. Cet homme laisse toutes ses affaires en souffrance. Ce procès met mon commerce en souffrance.

  4. Terme de féodalité. Surséance, délai que le seigneur accordait en certains cas à son nouveau vassal, pour faire foi et hommage.

  5. État de celui qui souffre (celui qui souffre portant, supportant le mal). Action de souffrir. La souffrance du mal. Il se dit des peines de l'amour. Armée de souffrance, nom que prenait la bande des nu-pieds, 1639, en Normandie.

    La souffrance aux personnes de ce rang tient lieu d'une grande vertu — Cardinal de Retz (1613-1679)

    Il [Jésus-Christ] a souffert et est mort pour sanctifier la mort et les souffrances — Pascal (1623-1662)

  6. Dans le langage de la physiologie, toute sensation pénible, qu'elle soit bornée à un simple malaise, ou qu'elle s'élève jusqu'à l'état de douleur.

Étymologie : Souffrant ; wallon, sofrants ; bourguig. sôffrance ; prov. sufrensa, sufransa ; ital. sofferenza.

Historique : XIIe s. Je l'ai mis en sufrance [j'ai passé par-dessus, je n'en ai tenu compte], que nel fis amender XIIIe s. Apriès li vesti on la tunique qui doit iestre vers, en la quele on list l'epistole, qui senefie soufrance Granz vertu est souffrance [patience] XVe s. Durant les treves ou abstinences et souffrances de guerre Le duc leur accorda [la trêve], et mit en souffrance [fit cesser] tous assauts Au jugement, n'eut nulle dilation de souffrance, ne de mercy Et ainsi gaigna Fabius par sa saige souffrance, et Minutius perdit par sa folle hastiveté XVIe s. Les pechez ne se font pas seulement par la …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Douleur physique ou morale, état de celui qui souffre. Cruelle souffrance. Extrême souffrance. Endurer une souffrance. être dur à la souffrance. Vivre dans les souffrances. Après de longues souffrances. Les souffrances de Notre-Seigneur sur le Calvaire.

  2. Il se dit aussi, en termes de Jurisprudence, de la Tolérance en vertu de laquelle on accepte certaines choses que l’on pourrait empêcher. Un jour de souffrance.

  3. Il se dit aussi d’Affaires qui sont en suspens Cet homme laisse toutes ses affaires en souffrance.

  4. Un colis en souffrance, Un colis qui n’a pas été délivré, ou qui n’a pas été réclamé.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • souffrances — pluriel — /sufʁɑ̃sə/
  • souffrance — singulier — /sufʁɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée souffrance#57903.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.