soufflet

soufflet

nom, masculin, /suflɛ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Instrument qui sert à souffler. Un soufflet de forge, de cheminée, d'orgues. Un soufflet d'abattoir. L'âme d'un soufflet. Soufflet à deux vents, à double vent, à double âme, soufflet dont une partie aspire l'air, pendant que l'autre le chasse, de sorte qu'il souffle sans interruption. Se dit aussi des diverses machines soufflantes employées dans les fabriques, les hauts fourneaux, les usines, etc. Cela ne vaut pas un clou à soufflet, voy. CLOU.

    Un soufflet gonfle l'animal expiré, et lui donne une forme hideuse — MERC.

  2. Dessus d'une calèche, d'un cabriolet qui se replie en forme de soufflet. Cabriolet à soufflet ou à capote. Ouvrir, fermer le soufflet. On dit semblablement : casquette, valise, malle en soufflet.

  3. Ancienne espèce de voiture à deux roues, fort légère, où il n'y avait place que pour une ou deux personnes, dont le dessus et le devant, étant de cuir ou de toile cirée, se levaient et se repliaient comme un soufflet dans le beau temps, et s'abaissaient et s'étendaient pendant la pluie.

    Sa Majesté se porta bien.... à un peu de rhume près gagné à une chasse où le roi fut mouillé de la pluie qui avait coulé par le dossier de son soufflet,

  4. Coup du plat de la main ou du revers de la main sur la joue. Fig. Donner un soufflet à Vaugelas, faire une faute grossière contre la langue française On a dit autrefois dans le même sens : Donner un soufflet à Ronsard. Fig. Donner un soufflet au bon droit, au sens commun, faire ou dire une chose contraire au bon droit, au sens commun. Autrefois, il a donné un soufflet au roi, il a fait de la fausse monnaie. Donner un soufflet à quelqu'un sur la joue d'un autre, diriger contre l'un le blâme que l'on adresse à l'autre.

    D. Diègue : Viens me venger. - Rodrigue : De quoi ? - D. Diègue : D'un affront si cruel Qu'à l'honneur de tous deux il porte un coup mortel, D'un soufflet — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je t'appliquerai sur la joue le plus grand soufflet qui se soit jamais donné — Molière (1622-1673)

  5. Petit soufflet, petit coup sur la joue qui est quelquefois ou une caresse ou une marque de familiarité. L'évêque donne un petit soufflet à ceux qu'il confirme. Jouer aux petits soufflets, jeu d'enfants où l'on s'amuse à se donner de petits soufflets.

    À l'autre, d'un air et d'un ton plus amical : Bonjour, abbé, en lui donnant parfois un petit soufflet sur la joue — Marmontel (1723-1799)

    Il y a entre eux [le duc d'Enghien et Mme de Brissac] un air de guerre ou de mauvaise paix qui nous réjouit ; nous trouvâmes qu'ils jouaient aux petits soufflets, comme vous y jouiez autrefois avec lui — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Fig. et familièrement. Dégoût, mortification. Il a reçu un rude soufflet.

    On dit que les vieillards sont durs ; j'ai le malheur d'être sensible, comme si j'avais vingt ans ; le soufflet donné à Laharpe et à notre Académie est tout chaud sur ma joue — Voltaire (1694-1778)

  7. Terme de relieur. Sorte de godet que présente la peau.

    Ce papier se décolle souvent, soit en dedans, soit en dehors, par le seul effet de la fraîcheur que lui communique la peau, et celle-ci présente des soufflets le long des mords — LESNÉ

  8. Poisson de la mer du Sud.

Étymologie : Souffler (proprement, petit souffle) ; wallon, soflet ; bourg. sôflai. L'instrument à souffler a été dit de souffle ; quant au coup sur la joue, la transition est le bruit produit sur la joue qui recouvre une cavité vide. C'est ainsi que l'ancien mot buffet, coup sur la joue, se rattache à bouffer.

Historique : XIIIe s. Le souflet à soufler le feu ; Pot de cuivre tient bien son lieu N'est nus si os [nul si osé] ki laiens entre, N'ait d'un souflet parmi le ventre XIVe s. Cinq soufflets neufs, les aucuns ouvrez de taille [c'est-à-dire sculptés] Le dyafregme est ung instrument qui sert au cuer ainsy comme les soufflès des fevres qui reçoivent l'air en ouvrant et en cloant XVe s. Il donna audit homme deux souffletz bien assis M'ont mainte fois assigné au souflet Les generaulx [ne m'ont pas payé].... Pour donner à Dago, le foul, en recompense de soufflets qui luy furent baillés en sa presence [du duc de B…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Instrument servant à souffler, à faire du vent. Soufflet d’orfèvre, de maréchal. Soufflet de forge. Soufflet d’orgue. Soufflet de cuisine. Prenez ce soufflet et ravivez le feu.

  2. Soufflet à deux vents, à double vent, à double âme, Soufflet dont une partie aspire l’air, pendant que l’autre le chasse, en sorte qu’il souffle sans interruption.

  3. Par analogie, Valise à soufflet, Valise qui se replie comme un soufflet. Wagons à soufflets, Wagons qui sont reliés les uns aux autres par des passerelles munies de parois extensibles.

  4. SOUFFLET désigne encore un Coup de la main à plat sur la joue. Donner un soufflet. Appliquer un soufflet. Recevoir un soufflet.

  5. Fig., Donner un soufflet au bon droit, à la raison, au sens commun, Faire ou dire quelque chose de contraire au bon droit, à la raison, au sens commun.

  6. Fig., Donner un soufflet à quelqu’un sur la joue d’un autre, Faire à celui-ci des reproches qui retombent sur le premier.

  7. SOUFFLET se dit figurément et familièrement d’un Camouflet, d’un affront, d’une mortification. Le refus qu’il a essuyé a été pour lui un cruel soufflet.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • soufflets — pluriel — /suflɛ/
  • soufflet — singulier — /suflɛ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée soufflet#57892.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.