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souffle

Sur cette page : souffle · soufflé

souffle

nom, masculin · /suflə/

Usage : fréquent (64 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Mouvement d'air produit par le vent ou par l'expulsion d'air hors de la bouche.

    Un léger souffle de vent agitait les rideaux.

    « Que dis-je ? hélas ! oui, la terre s'éveille, Belle et parée au souffle du printemps »Béranger (1780-1857)

    « Son souffle [d'un sanglier] se faisait entendre de loin comme le bruit sourd des vents séditieux »Fénelon (1651-1715)

  2. Action de respirer, respiration.

    Après la course, il avait le souffle court.

    Synonyme : respiration.

    « Avec quel souffle pur je l'entends qui respire ! »Ducis (1733-1816)

    « La frayeur de la mort [dans une peste] ne lui fit point abandonner sa maison ; elle voulut assister ce frère mourant, sans craindre ces souffles mortels qui portent le poison dans les cœurs »Fléchier (1632-1710)

  3. Fig. Inspiration créatrice, énergie vitale qui anime une œuvre, une action.

    Ce roman est porté par un grand souffle épique.

    Synonyme : inspiration.

    « Le souffle de ma vie est à Marianne ; elle peut d'un mot l'anéantir ou l'embraser »Alfred de Musset (1810-1857)

    « Hélas ! l'homme ne peut dire, en naissant, quel coin de l'univers gardera ses cendres, ni de quel côté le souffle de l'adversité les portera »Chateaubriand (1768-1848)

  4. Médecine. En médecine, bruit anormal perçu à l'auscultation du cœur ou des vaisseaux.

    Le médecin a entendu un souffle au cœur du patient.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : à bout de souffle · couper le souffle à quelqu'un · reprendre son souffle · retenir son souffle · trouver un second souffle

Grammaire et formes (2)
  • souffles : pluriel · /suflə/
  • souffle : singulier · /suflə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 6 sens

s. m.

  1. Agitation de l'air causée par le vent. Il ne fait pas un souffle de vent. Fig.

    D'un souffle l'aquilon écarte les nuagesJean Racine (1639-1699)

    Comme le fruit en naissant arraché, Ou qu'un souffle ennemi dans sa fleur a séchéJean Racine (1639-1699)

  2. Vent que l'on fait en poussant de l'air par la bouche. Par exagération. Il est si faible, qu'on le renverserait d'un souffle, du moindre souffle. Fig. et familièrement. Cette objection, ce système, cette intrigue peuvent être renversés d'un souffle, ils sont très faciles à détruire. Fig. Ne tenir qu'à un souffle, être de peu de durée, de consistance. Le souffle créateur, le souffle par lequel Dieu anima le premier homme. Souffle dans un instrument de musique.

    Quelques restes de feu sous la cendre épandus D'un souffle haletant par Baucis s'allumèrentLa Fontaine (1621-1695)

    Son souffle [d'un sanglier] se faisait entendre de loin comme le bruit sourd des vents séditieuxFénelon (1651-1715)

  3. Air exhalé par la respiration.

    Les pharisiens superstitieux, en revenant du marché où ils rencontraient tant de gentils et tant de publicains, dont ils croyaient que l'approche et le souffle même, pour ainsi dire, les souillait....Bossuet (1627-1704)

    La frayeur de la mort [dans une peste] ne lui fit point abandonner sa maison ; elle voulut assister ce frère mourant, sans craindre ces souffles mortels qui portent le poison dans les cœursFléchier (1632-1710)

  4. La simple respiration. Retenir son souffle. Reprendre son souffle. Ménager son souffle, ménager sa respiration. Manque de souffle, manque d'une respiration qui tienne, qui se prolonge. Fig. Manque de souffle, se dit d'un écrivain qui n'a pas la force de développer son sujet. Cet homme n'a qu'un souffle de vie, il n'a que le souffle, il est très faible. Il n'a plus que le souffle, il est agonisant. Le souffle de la vie, la vie même.

    Avec quel souffle pur je l'entends qui respire !Ducis (1733-1816)

    Je n'ai plus qu'un souffle de vie ; je l'emploierai à vous invoquer en mourant....Voltaire (1694-1778)

  5. Terme de médecine. Bruits de souffle, bruits anomaux qui se produisent dans les cavités du cœur, dans les artères et parfois dans les veines. Bruit de souffle continu, bruit semblable au bruit qu'on entend quand on approche de son oreille un gros coquillage univalve ; il se fait entendre aux vaisseaux du cou, surtout dans les affections anémiques. Souffle placentaire ou souffle utérin, souffle doux, tantôt sonore et grave, tantôt aigu, synchronique au pouls de la mère, entendu ordinairement vers les régions inguinales, à dater du quatrième mois de la grossesse, et dû au passage du sang maternel dans les artères utérines. Souffle bronchique, bruit des bronches que perçoit l'oreille appliquée sur la poitrine. Souffle amphorique, celui qui résonne comme si l'on soufflait dans une amphore. Le souffle amphorique est fréquent dans les épanchements pleurétiques de forme chronique ou latente. Bruit de souffle, se dit aussi du bruit entendu dans la pneumonie au troisième degré.

  6. Fig. Inspiration, influence, en bonne ou en mauvaise part. Le souffle malfaisant de la haine, de l'envie.

    Impatient du dieu dont le souffle invincible Agite tous ses sens [de la pythie]Jean-Baptiste Rousseau (1671-1741)

    Elle avait dérobé cette rose naissante Au souffle empoisonné d'un monde dangereuxVoltaire (1694-1778)

Étymologie : Voy. SOUFFLER.

Historique : XVIe s. Ainsi m'est advenu en ceste entreprise [mettre en vers latins la doctrine du péché] ; car le souffle m'est failly à my chemin

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 6 sens

n. m.

  1. Vent produit en poussant l’air hors de la bouche. Un souffle puissant. Par exagération, Il est si faible qu’on le renverserait d’un souffle.

  2. Il se dit aussi de la Simple respiration. Retenir son souffle. Manquer de souffle. Perdre le souffle. Reprendre son souffle.

  3. Cet homme n’a que le souffle, n’a qu’un souffle de vie, Il est extrêmement faible. Il n’a plus que le souffle, Il est agonisant. On dit encore dans un sens analogue : Sa vie ne tient qu’à un souffle.

  4. Fig., Cet écrivain manque de souffle, Il ne se soutient pas longtemps, il est vite à bout d’idées, à court d’imagination.

  5. SOUFFLE se dit, par extension, de l’Agitation de l’air. Il ne fait pas un souffle de vent. Au moindre souffle de vent. Le souffle impétueux des vents. Le souffle léger des zéphyrs.

  6. Il s’emploie aussi figurément et signifie Inspiration, influence. Le poète semblait être animé d’un souffle divin. Le souffle empoisonné de la haine, de l’envie, de la calomnie.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée souffle#57888.

soufflé

adjectif · /sufle/

Usage : d'usage courant (1.53 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Gonflé par la cuisson au moyen de blancs d'œufs battus, qui a pris du volume en cuisant : une omelette soufflée.

    « Le jabot, lorsqu'il est soufflé, est de la grosseur d'une balle de paume »Buffon (1707-1788)

  2. Familier. Dans le langage familier, stupéfait, abasourdi par quelque chose d'inattendu : j'étais soufflé par cette annonce.

    Elle est restée soufflée devant tant de culot.

    Synonyme : stupéfait.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (4)
  • soufflées : pluriel féminin · /sufle/
  • soufflés : pluriel masculin · /sufle/
  • soufflée : singulier féminin · /sufle/
  • soufflé : singulier masculin · /sufle/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 7 sens

part. passé

  1. Sur quoi le souffle a passé.

    Le feu soufflé.... Des hommes inconsidérés qui soufflent sur de la poussière et se jettent de la terre dans les yeux ; ces chicanes raffinées, ces subtilités en vaines distinctions sont véritablement de la poussière soufflée, de la terre dans les yeux...Bossuet (1627-1704)

  2. Gonflé par le souffle. Omelette soufflée, omelette faite avec des blancs d'œufs, de la crème et du sucre, et qui renfle en cuisant. Beignet soufflé, sorte de beignet dont la pâte renfle beaucoup. Sucre soufflé, ou cuit à soufflé, sucre qui s'envole en l'air par feuilles sèches, lorsqu'on souffle au travers d'une écumoire qu'on y a trempée. Les massepains et la plupart des conserves se font avec du sucre cuit à soufflé.

    Le jabot, lorsqu'il est soufflé, est de la grosseur d'une balle de paumeBuffon (1707-1788)

    Il serait difficile de concevoir que cette pâte argileuse et très réfractaire eût été fondue et soufflée, sans que ces porphyres eussent souffert aucune altérationHorace-Bénédict de Saussure (1740-1799)

  3. Bouffi, boursouflé.

    Ces anges sont des espèces de Cupidons soufflés et transparentsDiderot (1713-1784)

    Elle a le front grand et haut, de grosses joues soufflées, des yeux ni grands ni petitsDiderot (1713-1784)

  4. Terme de chapellerie.

    Poils soufflés, poils soumis à la ventilation, à l'effet de séparer les poils légers des poils lourds non susceptibles d'être feutrés,

  5. Dit bas à une personne qui, en récitant, manque de mémoire.

    Sa mémoire [de l'archevêque Vintimille] le servit très infidèlement dès les premiers mots ; un souffleur qu'il avait chargé de le suppléer, les lui suggéra ; il ne les entendit pas, le fit répéter, continua encore à dire quelques mots, toujours mal soufflés ou mal entendus, et toujours mal reditsD'Alembert (1717-1783)

  6. Papier soufflé, nom d'un ancien papier de tenture, ainsi dit parce que, le papier étant enduit d'une matière visqueuse, on souffle dessus une poussière de laine hachée.

    Il existe depuis quelque temps à Rouen une fabrique de papier que l'on nomme velouté, connu aussi sous le nom de papier soufflé ; c'est un papier sur lequel on applique divers dessins de laine hachée,

  7. S. m. Un soufflé, mets léger formé soit avec du riz, soit avec de la fécule de pomme de terre, soit avec du chocolat, cuits avec du lait ; on ajoute des jaunes d'œufs pour en faire une pâte douce et molle, à laquelle on incorpore les blancs d'œufs battus en neige juste au moment de mettre au four ; cette préparation se sert au moment où elle s'est gonflée.

    Marguerite [la cuisinière] dit qu'on ne fasse pas attendre, parce que le soufflé va tomberSCRIBE et MÉLESVILLE

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée soufflé#57902.

soufflé

nom, masculin · /sufle/

Usage : d'usage courant (1.27 occurrences par million, Lexique 3.83).

Voir aussi : forme féminine soufflée

Expressions : retomber comme un soufflé

Grammaire et formes (2)
  • soufflés : pluriel · /sufle/
  • soufflé : singulier · /sufle/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée soufflé#57901.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.