sottise
nom, féminin, /sotizə/ ou /sɔtizə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Défaut de jugement. Sottise des deux parts, se dit en parlant de deux personnes qui, dans un débat, ont tort chacune de leur côté.
C'est une chose assez plaisante qu'aucune personne d'esprit ne voudrait d'un bonheur fondé sur la sottise ; il est clair pourtant qu'on ferait un très bon marché — Voltaire (1694-1778)
C'est une grande sottise de ne trouver rien d'estimable dans un ennemi estimé de tous — Voltaire (1694-1778)
Parole sotte.
Je vous puis assurer que je ne lui avais dit ni l'une ni l'autre de ces sottises — Cardinal de Retz (1613-1679)
Il rapporte une sottise triviale qu'a dite Agnès, comme la chose la plus belle du monde — Molière (1622-1673)
Action sotte, chose sotte.
Que cela me fait de bien, me disait autrefois un excellent homme, de voir que les héros ont fui, que les sages ont fait des sottises ! — Guez de Balzac (1597-1654)
Dame mouche s'en va chanter à leurs oreilles, Et fait cent sottises pareilles — La Fontaine (1621-1695)
Composition littéraire sans mérite.
Hé quoi ! vil complaisant, vous louez des sottises ! — Molière (1622-1673)
Pourrez-vous toujours voir votre cabinet plein Et de pédants et de poëtes, Qui vous fatigueront avec un front serein Des sottises qu'ils auront faites ? — Mme Deshoulières (1638-1694)
Parole obscène. Il est indigne d'un honnête homme de dire des sottises devant une femme. Faire une sottise, faire quelque sottise, se dit, par euphémisme, d'accointances entre homme et femme.
Celles qui font quelque sottise — La Fontaine (1621-1695)
Je m'appréhendais fort, et craignais qu'avec toi Je n'eusse fait quelque sottise — Molière (1622-1673)
Injure. Dire des sottises à quelqu'un.
Étymologie : Sot. Le terme le plus habituellement usité était sotie. Paré a dit soteries, XIX, 32.
Historique : XIIIe s. Non ferez ; ce n'est pas sotise XVIe s. Et si se laisse en beaucoup de lieux couler ès sottises de Xenarchus De dire moins de soy qu'il n'y en a, c'est sottise, non modestie
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Défaut d’esprit et de jugement. Il est d’une grande sottise. La sottise des hommes est si grande que...
Il se dit aussi des Actions, des paroles qui annoncent un manque d’esprit et de jugement. Il n’a fait que des sottises. Il faut toujours qu’on répare ses sottises. Ne le poussez pas trop, il lâchera quelque sottise. Il n’ouvre la bouche que pour dire des sottises.
Il se dit encore des Gauloiseries. Vous me feriez dire une sottise.
Il signifie aussi Injure. Il m’a dit cent sottises.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- sottises — pluriel — /sɔtizə/ ou /sotizə/
- sottise — singulier — /sɔtizə/ ou /sotizə/
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