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songe

Sur cette page : songe · songé

songe

nom, masculin · /sɔ̃ʒə/

Usage : fréquent (13 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Suite d'images et de pensées qui se présentent à l'esprit pendant le sommeil.

    « Ce fut un songe admirable, de ceux que Dieu même fait venir du ciel par le ministère des anges, dont les images sont si nettes et si démêlées »Bossuet (1627-1704)

    « Je vous rappelle un songe effacé de votre âme »Jean Racine (1639-1699)

  2. Idée ou projet imaginaire, souvent irréalisable, sans lien avec la réalité : *Il nourrissait le songe d'une vie meilleure*.

    « Et, fabuleux chrétiens, n'allons point, dans nos songes, Du Dieu de vérité faire un Dieu de mensonges »Boileau (1636-1711)

    « L'on fait, dans la vie, de si beaux songes, que c'est souvent perdre tout son bonheur que de s'apercevoir que ce sont des songes »Comte de Caylus (1692-1765)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • songes : pluriel · /sɔ̃ʒə/
  • songe : singulier · /sɔ̃ʒə/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 1 · 7 sens

s. m.

  1. Opérations irrationnelles des facultés intellectuelles en partie éveillées chez une personne qui dort. Fig. Il me semble que c'est un songe, que j'ai fait un songe, ou fig. c'est un songe, se dit pour exprimer que ce qui est arrivé ne paraît plus une réalité. Fig. Est-ce un songe ? n'est-ce point un songe ? se dit pour exprimer qu'on croit à peine ce qu'on voit, ce qu'on entend.

    Un songe en notre esprit passe pour ridicule, Il ne nous laisse espoir, ni crainte, ni scrupule ; Mais il passe dans Rome avec autorité Pour fidèle miroir de la fatalitéPierre Corneille (1606-1684)

    Je sais ce qu'est un songe et le peu de croyance Qu'un homme doit donner à son extravagance, Qui d'un amas confus des vapeurs de la nuit Forme de vains objets que le réveil détruitPierre Corneille (1606-1684)

  2. Fig. Fictions comparées à un songe auquel on se livre tout éveillé. Faire de beaux songes, concevoir des espérances chimériques.

    Et, fabuleux chrétiens, n'allons point, dans nos songes, Du Dieu de vérité faire un Dieu de mensongesBoileau (1636-1711)

    Il faut avoir absolument la tête vide pour faire des songes aussi creuxMirabeau (1749-1791)

  3. Souvenir qui a laissé peu d'impression.

    Je vous rappelle un songe effacé de votre âmeJean Racine (1639-1699)

  4. Fig. Ce qui n'a pas plus de solidité, de réalité qu'un songe.

    Ma gloire n'est qu'un songe et ma grandeur qu'une ombreTristan L'Hermite (1601-1655)

    Mais, à bien regarder ceux [les maux] où le ciel me plonge, Les vôtres auprès d'eux vous sembleront un songePierre Corneille (1606-1684)

  5. Fig. Ce qui occupe l'esprit, sans avoir une réalité assurée.

    De ces divisions nous est né ce prétendu règne de Christ, qui devait égaler tous les hommes, songe séditieux des indépendantsBossuet (1627-1704)

    La vie, en commençant, t'a fait d'heureux mensonges ; Je ne veux point t'ôter, mais te choisir tes songesJacques Delille (1738-1813)

  6. Les Songes (avec une S majuscule), divinités qui présidaient aux songes, et qui, la nuit, pénétraient dans les demeures des hommes ; ils étaient les fils du Sommeil ; ils sortaient des enfers par deux portes, l'une d'ivoire qui donnait passage aux Songes vains, l'autre de corne qui donnait passage aux Songes véridiques.

    Les Songes voltigeants fuyaient avec les ombresVoltaire (1694-1778)

    Dors, ô fils d'Apollon !... De leurs chœurs nébuleux les Songes t'environnentVictor Hugo (1802-1885)

  7. En songe, loc. adv. Pendant qu'on songe en dormant. Fig.

    Une divinité me l'a fait voir en songeBoileau (1636-1711)

    D'où vient qu'on fait quelquefois en songe des discours suivis et éloquents, des vers meilleurs qu'on n'en ferait sur le même sujet, étant éveillé ? que l'on résout même des problèmes de mathématiques ? voilà des idées très combinées qui ne dépendent de nous en aucune manièreVoltaire (1694-1778)

Étymologie : Berry, sunge ; wallon, song ; provenç. somnhe, songe, somje, somni ; espagn. sueño ; ital. sogno ; du lat. somnium, de somnus (voy. SOMME 3).

Historique : XIIe s. [Il] Sonja un songe qui grant duel [deuil] senefie XIIIe s. Son songe [elle] dist au roi, a bien li averti Maintes gens dient que en songes N'a se fables non et mençonges Mais l'en puet tiex songes songier Qui ne sunt mie mençongier XVIe s. Elle n'avoit qu'un songe et une umbre des biens qu'elle avoit esperez Comme grand dormir n'est pas sans songe, Grand parler n'est pas sans mensonge

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Littré, Supplément (1877), entrée 2 · 1 sens · 🟢 1 nouveau

s. f.

  1. 🟢 Plante dont la racine est alimentaire (arum esculentum).

    Île de la Réunion : Désignation des cultures ; vivres du pays : maïs, manioc, songes et patates douces,

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Supplément, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 7 sens

n. m.

  1. Rêve, idée, imagination d’une personne qui dort. Un songe agréable, riant. Un songe fâcheux, pénible, effrayant. Un songe trompeur. J’ai eu un songe, j’ai fait un songe cette nuit. Expliquer, interpréter les songes. Toutes ses grandeurs s’évanouirent comme un songe. Il s’emploie surtout dans le langage soutenu ou pour désigner un Rêve auquel on prête une valeur d’avertissement; dans le langage courant, on dit plutôt maintenant Rêve.

  2. Fig., La vie n’est qu’un songe, Les choses monde n’ont nulle solidité, la vie passe comme un songe.

  3. Fam., Il me semble que c’est un songe, que fait un songe, ou fig., C’est un songe, se dit pour exprimer un Grand étonnement d’une chose qui est arrivée.

  4. Prov., Songe, mensonge, Les songes n’ont pas de signification, ils nous trompent.

  5. En termes de Mythologie, Les Songes, Divinités qui sortaient des enfers et apportaient aux hommes des images véridiques ou trompeuses. Les Songes étaient fils du Sommeil.

  6. SONGE signifie figurément Illusion, espérance vaine. Faire de beaux songes.

  7. EN SONGE, Locution adverbiale dont on sert en parlant des Songes qu’on a eus durant le sommeil. J’ai vu cela en songe. Un ange apparut en songe. Il me semblait en songe que...

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée songe#57721.

Entrées anciennes, hors de la nomenclature actuelle

Attestées par un témoin historique, absentes de la nomenclature contemporaine (Morphalou). Mots disparus.

songé

adjectif

Témoignages historiques

Littré (1873) · 1 sens

part. passé

  1. Qui a été objet de songe. Ce qui avait été songé durant le sommeil s'oublia au réveil.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0, entrée SONGÉ, ÉE.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.