solitude
nom, féminin · /sɔlitydə/ ou /solitydə/
Usage : fréquent (45 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
État d'une personne qui se trouve seule, sans présence ni contact avec autrui.
Il aime la solitude des chemins de montagne.
Synonyme : isolement.
« Je me suis fixé dans cette île peu habitée, séduit par la douce température et par ses solitudes »Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
« Après cette grande foule d'hommes et d'affaires qui l'environnait, il s'était lui-même réduit à une espèce d'oisiveté et de solitude ; mais il la sut soutenir »Bossuet (1627-1704)
Sentiment pénible d'isolement affectif ou moral.
Elle ressent une grande solitude depuis son déménagement.
Synonyme : isolement.
« Nous naissons, nous vivons pour la société ; à nous-mêmes livrés dans une solitude, Notre bonheur bientôt fait notre inquiétude »Boileau (1636-1711)
« Voyez mon malheur et mes larmes, la solitude de mon âme, le vide affreux que vous y avez fait, et l'abandon cruel où vous me laissez ! »D'Alembert (1717-1783)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- solitudes : pluriel · /sɔlitydə/ ou /solitydə/
- solitude : singulier · /sɔlitydə/ ou /solitydə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 7 sens
s. f.
État d'une personne qui est seule. Fig.
Il n'y a que lui [Dieu] qui, étant riche de sa propre essence, jouisse d'une solitude bienheureuse et abondante en toutes sortes de biensGuez de Balzac (1597-1654)
Je n'avais pas voulu que la princesse [de Tarente] vînt ici [aux Rochers] ; je lui avais fait valoir nos dévotions de jeudi [jour de l'Assomption].... j'ai donc été en solitudeMme de Sévigné (1626-1696)
État d'une personne retirée du commerce du monde. Se jeter dans la solitude, se retirer du monde, se faire ermite.
La solitude effraye une âme de vingt ansMolière (1622-1673)
De là vient que les hommes aiment tant le bruit et le remuement.... de là vient que le plaisir de la solitude est une chose incompréhensiblePascal (1623-1662)
Isolement de gens qui n'ont point de semblables à eux.
Leur solitude [des Frères de Bohême, qui ne trouvaient nulle part des chrétiens semblables à eux], dénuée de la succession et de toute ordination légitime, leur fit tant d'horreur qu'encore du temps de Luther ils envoyaient de leurs gens qui se coulaient furtivement dans les ordinations de l'Église romaineBossuet (1627-1704)
Ne trouverai-je pas ici un homme de cœur ? en vérité, quand on en cherche, on est effrayé de sa solitudeA. DE MUSS.
Fig. Isolement moral, privation d'affection.
Cette tristesse vient de la solitude du cœur, qui se sent toujours fait pour jouir, et qui ne jouit pas ; qui se sent toujours fait pour les autres, et qui ne les trouve pasMontesquieu (1689-1755)
Voyez mon malheur et mes larmes, la solitude de mon âme, le vide affreux que vous y avez fait, et l'abandon cruel où vous me laissez !D'Alembert (1717-1783)
Lieu éloigné de la fréquentation des hommes. Poétiquement.
Solitude où je trouve une douceur secrète, Lieux que j'aimai toujours, ne pourrai-je jamais, Loin du monde et du bruit, goûter l'ombre et le frais !La Fontaine (1621-1695)
Je vous avoue que j'ai été ravie de voir cette divine solitude [Port-Royal], dont j'avais tant ouï parler ; c'est un vallon affreux, tout propre à faire son salutMme de Sévigné (1626-1696)
Lieu devenu inhabité, dépeuplé. Par extension. Fig. Depuis son départ, depuis sa mort, ma maison n'est plus qu'une solitude.
Pourquoi voulez-vous périr et faire de cette ville une solitude ?Bossuet (1627-1704)
Quoi ! ces tyrans cruels.... Qui dépeuplent la terre et dont la barbarie En vaste solitude a changé ma patrieVoltaire (1694-1778)
Désert, étendue de pays inhabitée, inculte.
Étant sortis de Socoth, ils campèrent à Etham, à l'extrémité de la solitudeLemaistre de Sacy (1613-1684)
Ils vous opposeront de vastes solitudes, Des déserts que le ciel refuse d'éclairerJean Racine (1639-1699)
Étymologie : Lat. solitudinem, de solus, seul.
Historique : XIVe s. Il amoit fort solitude, ne en nulle maniere ne vouloit pour lui mariage Ceste solitude et famine
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens
n. f.
état d’une personne qui est seule, qui est retirée du commerce du monde. Vivre dans la solitude. Il aime la solitude. Troubler la solitude de quelqu’un. Supporter la solitude. Souffrir de la solitude. Charmer sa solitude par la lecture. Venez partager ma solitude.
Il désigne aussi un Lieu éloigné du commerce, de la vue, de la fréquentation des hommes. Affreuse solitude. Solitude agréable, charmante. Se retirer, s’enfermer dans une solitude. Il est venu me rendre visite dans ma solitude.
Ce lieu est devenu une solitude, n’est plus qu’une solitude se dit d’un Lieu qui cesse d’être fréquenté. On dit figurément Depuis son départ, depuis sa mort, ma maison n’est plus qu’une solitude.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée solitude#57622.