soin
nom, masculin, /swɛ̃/
Définitions
Attention portée à faire quelque chose avec application.
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Au pluriel, actes prodigués pour guérir ou entretenir la santé de quelqu'un.
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Souci, préoccupation à l'égard de quelque chose ou de quelqu'un.
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Charge, responsabilité confiée à quelqu'un.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (12 sens)
Littré (1873)
s. m.
Attention, application de l'esprit à une chose, à faire quelque chose. Prendre soin de avec un infinitif, veiller à, faire en sorte que. Prendre soin, avoir soin de quelque chose, veiller à ce que quelque chose se conserve, réussisse. Prendre soin, avoir soin de quelqu'un, signifie aussi pourvoir à son salut, à ses besoins, à ses nécessités, à sa fortune. Populairement. Avoir soin de ses fièvres, se bien nourrir.
Où l'amour de la terre et le soin de la chair Aux fragiles plaisirs ayant ouvert la porte — Malherbe (1555-1628)
Ainsi donc un sujet téméraire A si peu de respect et de soin de me plaire ! — Pierre Corneille (1606-1684)
La charge, le devoir de prendre soin de quelque chose, d'y veiller. je vous confie le soin de veiller sur mes affaires. C'est lui qui a le soin de la cave. Le soin d'une injure, la charge de venger une injure. Fig. Il laisse au temps le soin de venger sa mémoire. Les soins du ménage, les détails du ménage et l'attention qu'ils demandent. On dit de même : les soins d'une maison, d'une ferme.
Le soin de la république — PERROT
[Vatel] dont la bonne tête était capable de soutenir tout le soin d'un État — Mme de Sévigné (1626-1696)
Souci, inquiétude, préoccupation. Être en soin, être inquiet, être en peine.
Si mes amis ont quelque soin De ma pitoyable aventure — Malherbe (1555-1628)
Je dors ici dix heures toutes les nuits, et sans que jamais aucun soin me réveille — Descartes (1596-1650)
Sollicitude.
Tous les jours je l'invoque [Dieu], et d'un soin paternel Il me nourrit des dons offerts sur son autel — Jean Racine (1639-1699)
Au plur. Services qu'on rend à quelqu'un, attentions qu'on a pour lui. Donner des soins à un malade, avoir des soins d'un malade, l'assister en qualité de médecin. Politesse, galanterie. On l'a dit quelquefois au singulier. Rendre des soins à quelqu'un, le voir avec assiduité, lui faire la cour. Petits soins, toutes sortes de petites galanteries. Dans le langage des romans de Clélie, de Cyrus, etc. Le village de Petits-Soins, un village de la carte du royaume de Tendre. Être aux petits soins auprès de quelqu'un, avoir des attentions recherchées, délicates, de manière à lui épargner les moindres peines.
Ô vous pour qui les dieux ont des soins si pressants, Bourbon, Conti.... — La Fontaine (1621-1695)
Elle a des soins infinis de me divertir — Mme de Sévigné (1626-1696)
Étymologie : Wallon, sogn, s. f. peur, besogne ; provenç. sonh, soing, suenh ; anc. ital. sogna. Origine douteuse. Plusieurs y voient un dérivé du bas-lat. sunnis, sunnia, sonia, qui signifie empêchement juridique, d'où l'idée de s'arrêter à une affaire difficile, de soin. Sunnis, qui se trouve dans les lois barbares, est un mot germanique. Cependant il faut dire qu'on n'a pas une série d'intermédiaires qui établissent comment le mot est venu du sens d'empêchement juridique à celui de soin ; à moins qu'on ne regarde comme tels es-soine, exemption, et ensoignié, chargé d'embarras, de soucis. Du Cange a mis
Historique : XIe s. Por ço n'unt soign de helme ne d'osberc XIIe s. Mais li reis d'Engleterre n'out suing de l'acorder XIIIe s. Son vis [visage] n'a soig [besoin] de mireor, Ne son gent cors de bel ator XIVe s. La dame moult senée et sage De malades sot [sur] tout l'usage ; De lui garder fu en grant songne XVe s. Disoit qu'il voudroit bien estre joyeux, mais que personne qui vient à soing ne le peut estre XVIe s. Estendre le soing de nous au delà de cette vie Les bons legislateurs ont eu plus de soing de l'amitié que de la justice Tous les jours je lis en des aucteurs, sans soing de leur science, y chercha…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Application d’esprit à faire quelque chose; attention à veiller au bon état de quelque chose, au bien de quelqu’un. Soin particulier. Il travaille avec soin. Les devoirs de cet élève ne sont pas faits avec assez de soin. Il écrit sans soin. Je m’en fie à vos soins. J’y donnerai, j’y apporterai tous mes soins. Ce sera mon premier soin, mon principal soin. Ce n’est pas manque de soin, faute de soin. Cet homme est négligent, il n’a soin de rien. Cela demande du soin, des soins. Il y a mis tous ses soins.
Prendre soin de, suivi d’un infinitif, Veiller à, faire en sorte que. Il prit soin de l’instruire. Il avait pris soin de cacher ses projets même à ses amis.
Prendre soin, avoir soin d’une chose, Veiller à ce qu’elle se conserve, à ce qu’elle prospère, à ce qu’elle réussisse. Il ne prend pas, il n’a pas assez de soin de sa santé. Il a pris soin de mes affaires pendant mon absence.
Prendre soin, avoir soin de quelqu’un, Pourvoir à ses besoins, à ses nécessités, à sa fortune.
SOIN désigne aussi la Charge, la fonction, le devoir de prendre soin de quelque chose, d’y veiller. Je vous confie le soin de veiller sur mes affaires. Je vous remets le soin de l’éducation de mon fils. Il laisse au temps le soin de venger sa mémoire. C’est lui qui a le soin de la cave.
Les soins du ménage, Les détails du ménage et l’attention qu’ils demandent. On dit de même : Les soins d’une maison, d’une ferme, etc.
SOIN se dit particulièrement, surtout au pluriel, du Traitement qu’on fait à un malade, des remèdes qu’on lui donne, des attentions qu’on a pour le soulager. Cette maladie réclame des soins nombreux et compliqués. Ce malheureux est mort faute de soins.
Donner des soins à un malade, L’assister comme médecin. Ce médecin donne gratuitement ses soins à tous les indigents de son quartier.
SOINS, au pluriel, se dit encore des Attentions qu’on a pour quelqu’un, des services qu’on lui rend, des peines qu’on lui épargne. Il lui prodigue les soins les plus empressés. Il a de lui, il a pour lui les soins les plus délicats. Des soins minutieux.
Rendre des soins à quelqu’un, Le voir avec assiduité et lui faire sa cour.
Fam., être aux petits soins auprès de quelqu’un, pour quelqu’un, Avoir pour lui les attentions les plus délicates, veiller à ce que rien ne lui manque.
SOIN signifie aussi Inquiétude, peine d’esprit, souci. L’ambition cause bien des soins. Libre de soin, de soins. Il vieillit en ce sens.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- soins — pluriel — /swɛ̃/
- soin — singulier — /swɛ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée soin#57538.