soi

soi

nom, masculin

Grammaire et formes (2)
  • sois — pluriel
  • soi — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée soi#161157.

soi

pronom, /swa/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (13 sens) — Académie 1935 (17 sens)

Littré (1873)

  1. Il se rapporte d'ordinaire à un mot général et indéterminé, tel que on, chacun, quiconque ; il se construit aussi avec un verbe à l'infinitif. L'amour de soi. Chacun pour soi, Dieu pour tous.

    Et ne devoir qu'à soi le gain d'une bataille — Pierre Corneille (1606-1684)

    Tout tend à soi ; cela est contre tout ordre : il faut tendre au général ; et la pente vers soi est le commencement de tout désordre — Pascal (1623-1662)

  2. Il se rapporte très bien à un mot déterminé, quand c'est un nom de chose.

    Cet état porte avec soi des obligations, qu'il vous est d'une importance extrême de bien connaître — Bourdaloue (1632-1704)

    La recommandation que porte avec soi la vertu — Fléchier (1632-1710)

  3. Il se construit aussi avec un nom de personne pour sujet déterminé ; c'est l'usage des meilleurs auteurs.

    ....Une jeune merveille Seule semblable à soi — Malherbe (1555-1628)

    Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui — Pierre Corneille (1606-1684)

  4. Chez soi, dans sa demeure. Vivre chez soi, vivre sans liaisons au dehors. Familièrement. Avoir un chez-soi, une habitation en propre. Il n'y a pas de petit chez-soi, on est toujours mieux chez soi que chez les autres.

    Aucun n'est prophète chez soi — La Fontaine (1621-1695)

    Cette aimable personne A suivi le conseil que mon amour lui donne, N'a plus voulu songer à retourner chez soi — Molière (1622-1673)

  5. Rentrer en soi, faire de plus sérieuses, de plus sages réflexions. Revenir à soi, reprendre ses esprits. Fig. Revenir à soi, reprendre son sang-froid, son bon sens.

    Idoménée, revenant à soi, les remercie — Fénelon (1651-1715)

    Leur funeste rigueur, qui l'avait poursuivie, Méprisait le conseil de revenir à soi — Malherbe (1555-1628)

  6. Être à soi, ne dépendre de rien, de personne. Quand on est au service de quelqu'un, on n'est plus à soi. Être à soi, être en face de ses propres pensées. N'être pas à soi, signifie aussi avoir perdu le sens. Dans le délire on n'est plus à soi. Terme de fauconnerie. Être à soi, se dit de l'état d'un oiseau qui n'a jamais été pris par les fauconniers.

    Possédé d'un ennui qu'il ne saurait dompter [Alexandre], Il craint d'être à soi-même et songe à s'éviter — Boileau (1636-1711)

  7. En certaines tournures, soi est employé comme une sorte de nom et sans servir de régime. Être soi, garder son caractère.

    On a souvent besoin d'un plus petit que soi — La Fontaine (1621-1695)

    Il n'est meilleur ami ni parent que soi-même — La Fontaine (1621-1695)

  8. De soi, de sa nature.

    Il est, de soi, si évident que c'est moi qui doute, qui entends et qui désire.... — Descartes (1596-1650)

    Cet accident, de soi, doit être indifférent — Molière (1622-1673)

  9. En soi, dans sa nature.

    Chacun pris dans son air est agréable en soi — Boileau (1636-1711)

    Il sera toujours vrai, en soi, que la même chose ne peut tout ensemble être et n'être pas — Fénelon (1651-1715)

  10. Sur soi, sur son corps, sur sa personne. Porter des armes sur soi. La santé demande qu'on soit propre sur soi.

    Cette diversité dont on vous parle tant, Mon voisin léopard l'a sur soi seulement : Moi je l'ai dans l'esprit — La Fontaine (1621-1695)

    La malpropre sur soi, de peu d'attraits chargée, Est mise sous le nom de beauté négligée — Molière (1622-1673)

  11. Familièrement. à part soi, en son particulier. Faire des réflexions à part soi.

  12. Quant-à-soi, subst. (voy. QUANT 2, n° 2).

  13. Soi-même, voy. MÊME, n° 12. Substantivement. Un autre soi-même, voy. MÊME, n° 12. Terme d'art du moyen âge. De soi-même, de sa nature, de sa couleur et de sa masse.

    Un animal émaillé de soi-même, c'est-à-dire de sa couleur naturelle ; un vase avec les anses de soi-même, c'est-à-dire prises dans la masse — DE LA BORDE

Étymologie : Autre forme de se. Moi et me, toi et te, soi et se sont identiques, et ne diffèrent que parce que moi, toi, soi représentent me, te, se latins, avec un reforcement dû à l'accent, tandis que me, te, se, étant proclitiques, sont réduits à l'e muet.

Historique : XIe s. Li home mort senz devise [testament], si departent li enfant l'erité entre sei per uwel [égal] Ses mellurs homes [il] enmeinet ensemble od sei XIIe s. Cil qui pert soi meïsme de son voisin ne jot [ne jouit] XIIIe s. ....De sa robe, et la dame entour soi la renoue Mais je cuit qu'il me venist miex Li alers que se j'i envoi ; L'en dit : n'i a tel comme soi Il s'est atornez por movoir, Soi tierz [lui troisième] de compaignons, sanz plus XVe s. Et perdirent plus les Genevois qu'ils n'y gagnerent, ainsi qu'il vient souvent en soi trop follement abandonnant Les pluyes les plus grandes qu'il e…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

Pronom de la troisième personne, des deux genres

  1. Sauf dans l’expression être soi, où il est attribut, il ne s’emploie que comme complément et est toujours précédé d’une préposition. Quand on le dit des Personnes, il ne se rapporte ordinairement qu’à un sujet indéterminé. On doit parler rarement de soi. Chacun travaille pour soi. Quiconque rapporte tout à soi n’a pas beaucoup d’amis. Prendre garde à soi. Ne vivre que pour soi. Prendre sur soi un et affaire, un choix, une initiative, une décision. N’avoir rien à soi. L’amour de soi. Quand on le dit des choses, il peut se rapporter à un sujet déterminé. Un bienfait porte sa récompense avec soi. Les remords que le crime traîne après soi.

  2. être soi, Garder son caractère propre, sa personnalité. Il faut toujours être soi.

  3. être à soi, Ne dépendre de rien, de personne être maître de son temps. Quand on est au service de quelqu’un, on n’est plus à soi. L’ennui d’une journée si occupée, c’est qu’on ne peut être à soi un quart d’heure.

  4. N’être pas à soi signifie aussi Avoir perdu le sens. Dans l’ivresse, on n’est plus à soi.

  5. être hors de soi. Voyez

  6. HORS.

  7. Rentrer en soi, Faire des réflexions plus sérieuses, plus sages. Revenir à soi, Reprendre ses esprits; et figurément, Reprendre son bon sens, son sang-froid.

  8. Rentrer chez soi, Rentrer dans sa maison. Vivre chez soi et substantivement Avoir un chez-soi, Avoir une habitation en propre.

  9. De soi, De sa nature. De soi le vice est odieux. La vertu est aimable de soi.

  10. Cette chose va de soi, Elle est toute naturelle, elle ne souffre pas de difficulté.

  11. En soi, Dans sa nature. Le repos est agréable en soi.

  12. Sur soi, Sur son corps, sur sa personne. être propre sur soi. Avoir de l’argent sur soi.

  13. Fam., à part soi, En son particulier, dans son for intérieur. Faire des réflexions, une réflexion à part soi.

  14. Quant-à-soi. Voyez

  15. QUANT à.

  16. SOI-MÊME a le même sens que Soi; mais il l’exprime avec un peu plus de force. Rentrer en soi-même. Cela parle de soi-même. Il peut s’employer sans être précédé d’une préposition et dans des cas où l’on ne pourrait mettre Soi. Faire ses affaires soi-même. Se louer, se condamner soi-même.

  17. Il s’emploie comme nom masculin. Considérer quelqu’un comme un autre soi-même.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • soi — 3ᵉ pers. singulier — /swa/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée soi#57521.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.