sirène
nom, féminin, /siʁɛnə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Être fabuleux, moitié femme, moitié poisson, qui, par la douceur de son chant, attirait les voyageurs sur les écueils de la mer de Sicile où ils périssaient.
Le crocodile ainsi tue en versant des pleurs, La sirène en chantant, et l'aspic sous les fleurs — Rotrou (1609-1650)
Avec tant de charmes trompeurs, elle avait, comme les sirènes, un cœur cruel et plein de malignité — Fénelon (1651-1715)
Fig. Femme qui séduit par ses attraits. Une voix de sirène, une voix douce et qui charme. Elle chante comme une sirène, elle a une voix de sirène, elle chante très bien.
Ces sirènes, dont parle Isaïe, qui font leur demeure dans les temples de la volupté, dont les regards sont mortels, et qui reçoivent de tous les côtés, par des applaudissements qu'on leur renvoie, le poison qu'elles répandent par leur chant — Bossuet (1627-1704)
Nangis, sirène enchanteresse dont on ne se pouvait défendre qu'en la fuyant — Saint-Simon (1675-1755)
Terme de physique. Instrument destiné à démontrer la vibration des liquides par les sons qu'il rend sous l'eau ; une intermittence de l'écoulement déterminant une suite de chocs produits par l'eau fait entrer celle-ci en vibrations sonores.
Genre de reptiles voisins des salamandres.
Nom donné à une famille de mammifères marins. De ces mammifères marins, la crédulité avait fait des femmes de la mer.
Où trouvera-t-on un animal terrestre aussi industrieux que cette sirène qui parut en Hollande sur la fin du siècle passé, et qui apprit en peu de temps à filer ? — Dominique Bouhours (1628-1702)
Étymologie : Provenç. serena ; espagn. serea, sirena ; ital. serena, sirena ; du lat. sirena, qui succéda à siren, lequel vient de σειρὴν, que l'on dérive du phénicien sir, chant.
Historique : XIIIe s. Sereine, se dient li autor, sont trois qui avoient semblance de feme dou chief jusques as cuisses ; mais de celui leu en aval avoient semblance de poisson.... qui por lor très dous chant faisoient perir les nonsachanz qui par la mer aloient À chant de seraines de mer, Qui par lor vois qu'eles ont saines Et series, ont non seraines XVe s. Lesquels feurent logés à la Seraine en la rue de la Harpe, et feurent gardez que personne ne parlast à eux sans leurs gardes Et si y avoit encore trois bien belles filles faisans personnaiges de seraines toutes nues Et avoit dessous le dit echafaud un…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
être fabuleux, moitié femme, moitié poisson, qui par la douceur de son chant attirait les voyageurs sur les écueils de la mer. Les poètes disent que les sirènes étaient trois soeurs, filles d’Achéloüs et de Calliope.
Elle chante comme une sirène, elle a une voix de sirène se dit d’une Femme qui chante très bien, avec beaucoup de charme.
SIRÈNE se dit figurément d’une Femme qui séduit par sa grâce, par le charme de ses manières. C’est une sirène.
SIRÈNE se dit, en termes de Physique, d’un Appareil d’acoustique servant à déterminer le nombre de vibrations correspondant à un son.
Il se dit aussi d’un Puissant appareil sonore destiné à émettre de loin un signal de manoeuvre ou d’alarme. Les mugissements de la sirène dans le brouillard.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- sirènes — pluriel — /siʁɛnə/
- sirène — singulier — /siʁɛnə/
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