singularité

singularité

nom, féminin, /sɛ̃ɡylaʁite/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Qualité de ce qui appartient à un seul individu.

    Ils ne se rendent ni à la raison évidente, ni à la coutume établie, ni à l'usage reçu ; ils opposent la singularité de leur opinion au consentement des peuples et à la foule des exemples — Guez de Balzac (1597-1654)

    Il ne leur restait [aux pélagiens] que la malheureuse consolation de se dire eux-mêmes ce petit nombre de sages qu'il fallait croire plutôt que la multitude.... ce qui était, même en se vantant, un aveu formel de la singularité, et, par conséquent, de la nouveauté de leur doctrine — Bossuet (1627-1704)

  2. Ce qui rend une chose singulière. Ce monument frappe par sa singularité.

    En un mot, que vous périssiez, c'est le destin ordinaire des pécheurs qui vous ressemblent ; que vous vous convertissiez, c'est une singularité qui a peu d'exemples — Massillon (1663-1742)

    Vous l'avez admiré comme un des premiers hommes de son siècle pour la guerre.... comme un des plus éclairés par la singularité des connaissances et la supériorité des lumières — Massillon (1663-1742)

  3. Manière extraordinaire, bizarre, d'agir, de penser, de parler, etc.

    Vous savez que je n'ai guère d'inclination à la flatterie ; et une des plus remarquables singularités qui soient en Monseigneur est de ne la pouvoir souffrir — Voiture (1597-1648)

    On voit qu'il [Wiclef] ressent une horreur secrète des blasphèmes qu'il profère ; mais il y est entraîné par l'esprit d'orgueil et de singularité auquel il s'est livré lui-même — Bossuet (1627-1704)

  4. Au pl. Actes, paroles de singularité.

    Il y a un peuple, dit-il au roi [Aman à Assuérus], dispersé par tout votre empire, qui trouble la paix publique par ses singularités — Bossuet (1627-1704)

    âmes pures, âmes innocentes, vous ne savez où conduisent de présomptueuses et spirituelles singularités — Bossuet (1627-1704)

Étymologie : Génev. singuliarité ; provenç. singularitat ; espagn. singularidad ; ital. singularità ; du lat. singularitatem, de singularis, singulier.

Historique : XIVe s. La quinte branche qui vient d'orgueil, si est singularité, c'est à dire quand la personne fait ou dit ce que nul autre ne saroit [saurait] dire ou faire, et veult surmonter et estre singulier en dis et en fais Et de la baselique qui vient dessoubz l'aisselle, sont departiz deux rains [rameaux], et chascun a sa singularité [son usage spécial] XVIe s. .... ny visiter pas une des autres singularitez et merveilles tant renommées qui sont en Egypte

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Caractère singulier; ce qui rend une chose singulière. La singularité de cet événement. J’ai passé deux mois à examiner les singularités de cette province, de cette ville. Ce monument frappe par sa singularité.

  2. Il désigne aussi une Manière d’agir, de penser, de parler, etc., hors de l’ordinaire, différente de celle de tous les autres. Ses singularités le rendent ridicule. La singularité de son costume. La singularité de ses sentiments choque beaucoup de gens.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • singularités — pluriel — /sɛ̃ɡylaʁite/
  • singularité — singulier — /sɛ̃ɡylaʁite/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée singularité#57268.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.