simulacre
nom, masculin, /simylakʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Image, représentation d'une divinité païenne.
Je défendis qu'il y eût dans les temples aucun simulacre, parce que la divinité qui anime la nature ne peut être représentée — Voltaire (1694-1778)
Déjà est né le nouveau Cyrus qui brisera les derniers simulacres des esprits des ténèbres, et mettra le trône des Césars à l'ombre des saints tabernacles — Chateaubriand (1768-1848)
Spectre, fantôme ; en ce sens il se joint le plus ordinairement à l'épithète vain. De vains simulacres.
Fig. Image, représentation. Plus particulièrement, vaine apparence, vaine image de quelque chose.
J'accorderai, si l'on veut, au divin Platon, au presque divin Malebranche (car Platon l'eût regardé comme son simulacre en philosophie).... — Buffon (1707-1788)
Peuple entier [le peuple indien avec ses trois castes], qui présente à la divinité Le simulacre humain de sa triple unité — Casimir Delavigne (1793-1843)
Action de feindre l'exécution de quelque chose. Le simulacre d'un combat naval. Un simulacre de débarquement.
Étymologie : Provenç. simulacra, féminin ; catal. simulacre ; espagn. et ital. simulacro ; du lat. simulacrum, qui vient du radical simula, thème du dénominatif simulare (voy. SIMULER), avec le suffixe cro, de creare ; sanscr. kri, faire.
Historique : XIIe s. Et tut fist depescier e esmier cel vilain simulacre ; kar ço ert [était] ydle [idole] de pecchié e de lecherie XVIe s. Simulacres divins, flammes saintes et claires, Qui luisez dans le ciel.... Je ne suys pas la secte de Pythagoras, que les hommes prennent une ame nouvelle quand ils approchent des simulacres des dieux pour recueillir leurs oracles
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Image, statue, idole, représentation de fausses divinités. Il ne se dit guère qu’au pluriel. Les simulacres des dieux. Adorer des simulacres.
Il signifie aussi Spectre, fantôme. En ce sens, il s’emploie ordinairement avec l’épithète de Vain. De vains simulacres.
Il se dit figurément d’une Vaine représentation de quelque chose, d’une apparence. Dans les derniers règnes des Mérovingiens, il n’y avait qu’un simulacre de puissance royale. Après Jules César, il n’y eut plus qu’un vain simulacre de république.
Il se dit également des Actions par lesquelles on feint d’exécuter une chose, on l’imite on la représente. Un simulacre de débarquement, de combat.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- simulacres — pluriel — /simylakʁə/
- simulacre — singulier — /simylakʁə/
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