sien
adjectif, /sjɛ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens)
Littré (1873)
adj. poss. relatif à la troisième personne du singulier
Avec l'article, le, la, les.
Avez-vous un secret important ? versez-le hardiment dans ce noble cœur : votre affaire devient la sienne par la confiance — Bossuet (1627-1704)
Nos écrits sont mauvais ; les siens valent-ils mieux ? — Boileau (1636-1711)
Il s'emploie sans article, et signifie à soi.
Ainsi ce rang est sien, cette faveur est sienne, Et je n'ai rien enfin que d'elle je ne tienne — Pierre Corneille (1606-1684)
Dans ce penser, il [l'âne] se carrait, Recevant comme siens l'encens et les cantiques — La Fontaine (1621-1695)
Familièrement, avec l'article un, une. Au lieu de un, une, on met parfois quelque.
Resté seul au palais avec un sien esclave — DESMARETS
Un sien ami, voyant ces somptueux repas, Lui dit.... — La Fontaine (1621-1695)
S. m. Le sien, son bien. Chacun le sien n'est pas trop. Fig. Mettre du sien dans une affaire, y contribuer de son argent, de sa peine, de son imagination. Familièrement, mettre du sien, ajouter à un récit des détails imaginaires. Il a mis du sien dans cette histoire. Ajouter du sien à un texte, y ajouter des choses qui n'appartiennent pas à ce texte.
Ne point mentir, être content du sien, C'est le plus sûr.... — La Fontaine (1621-1695)
Il [d'Aubigné] appelle Henri IV le conquérant du sien ; éloge qui renferme, ce me semble, en deux mots toute la justice de sa cause, et toute la gloire des autres conquérants — Mme de Caylus (1673-1729)
Au pluriel, tous ceux qui sont en relation avec celui dont on parle, à quelque titre que ce soit (parents, descendants, héritiers, soldats, domestiques, partisans). On n'est jamais trahi que par les siens, c'est-à-dire par ceux à qui on se fie le plus.
Pour être mieux reçu [d'un jésuite], je feignis d'être fort des siens — Pascal (1623-1662)
Mais un reste des siens, entourés dans leur fuite,.... — Jean Racine (1639-1699)
Dans le langage de l'Écriture, les siens, en parlant de Dieu, ceux qui se consacrent, se dévouent à lui. Dieu connaît les siens.
Il ne faut point espérer d'être du nombre des siens, si l'on n'est résolu d'en faire hautement profession — Bourdaloue (1632-1704)
Familièrement, au féminin pluriel. Faire des siennes, faire des fredaines, des folies, des tours, soit de jeune homme, soit de fripon. Fig.
S'il pense ainsi faire des siennes, à la fin je ferai des miennes — Scarron (1610-1660)
Vaudemont avait quitté le service de France, et faisait des siennes dans ses terres — Saint-Simon (1675-1755)
Étymologie : Berry, sen, senne ; saintong. son : o n'est grain tout son, ce n'est pas tout sien. Voy. MIEN (l'opinion que mien, tien, sien sont des formes diphthonguées de mon, ton, son, ou men, ten, sen, appartient à M. Baudry).
Historique : XIe s. Que l'emperere nessun [aucun] des soens n'i perde Estramariz i est, uns soens compains XIIe s. Et je sui si siens quites ligement, Que tout [elle] me puet ou engager ou vendre [Je] Merci amour, de ce qu'ele me deigne Tenir à sien.. Car qui le sien done retraiament [de manvaise grâce], Son gré en pert... XIIIe s. Et uns siens chevaliers fu montés à cheval, qui avait nom Nicoles le Jaulain Un jour estoit rois Flore à un sien grand manoir Chascune [dame] cuide k'il soit siens [un amant] ; Si s'en fait molt jolie et cointe Nus [nul], par reson de garde ne par reson de bail, ne pot faire sie…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- siennes — pluriel féminin — /sjɛnə/
- siens — pluriel masculin — /sjɛ̃/
- sienne — singulier féminin — /sjɛnə/
- sien — singulier masculin — /sjɛ̃/
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