sévère

sévère

adjectif, /sɛvɛʁə/ ou /sevɛʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui impose rigoureusement les choses, qui n'a point d'indulgence. Il est plus sévère pour les autres que pour lui-même. Un père sévère envers ses enfants. Sévère à....

    Oh ! qu'il est aisé de se faire dans le monde la réputation d'homme sévère et de la soutenir aux dépens d'autrui ! — Bourdaloue (1632-1704)

    Quiconque est plus sévère que les lois, est un tyran — Vauvenargues (1715-1747)

  2. Il se dit des choses en un sens analogue. Une punition sévère. Sort sévère, destin sévère, sort, destin qui traite l'homme sans indulgence. Climat sévère, climat froid et dur.

    La piété sévère exige son offrande [le sacrifice d'Iphigénie] — Jean Racine (1639-1699)

    Mon courroux aux vaincus ne fut que trop sévère — Jean Racine (1639-1699)

  3. Qui exige une exactitude rigoureuse. Qui est tenu rigoureusement. Un blocus, une quarantaine sévère.

    Ayez pour la cadence une oreille sévère — Boileau (1636-1711)

    La seule chose dont nous puissions répondre, c'est l'assiduité de notre travail et l'emploi sévère de notre temps — D'Alembert (1717-1783)

  4. Qui marque, qui annonce qu'on est sévère. Un front sévère. Une mine sévère.

    Je devins plus rouge que le ruban que vous m'aviez envoyé ; et celui devant qui j'étais prit un visage aussi sévère que si.... — Voiture (1597-1648)

    Quel sujet inconnu vous trouble et vous altère ? D'où vous vient aujourd'hui cet air sombre et sévère ? — Boileau (1636-1711)

  5. Très régulier, conforme aux règles. Une vertu, une morale sévère. En parlant de l'observance rigoureuse des lois de la pudeur. Peu sévère, relâché, qui cède facilement aux tentations. Il est peu sévère en affaires d'argent.

    Ses mœurs [de Quesnel] étaient sévères, comme celles de tous ceux qui ne sont occupés que de disputes — Voltaire (1694-1778)

    Car je ne croirai pas que, sans me consulter, La sévère Junie ait voulu le flatter — Jean Racine (1639-1699)

  6. Terme de littérature et d'arts. Noble et régulier, sans élégance affectée, sans ornements recherchés. Un style sévère. Des ornements sévères, d'un goût sévère.

  7. Il se dit aussi d'une figure qui a plus de régularité que d'attrait. Une beauté sévère.

    Les femmes sont grandes, fortes, brillantes de santé, presque toutes fort belles, mais ce sont des beautés sévères et imposantes — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)

  8. S. m. Ce qui est sévère. Populairement et au fém. En voilà une sévère, voilà un fait bien surprenant, et aussi bien révoltant.

    Passer du grave au doux, du plaisant au sévère — Boileau (1636-1711)

  9. S. f. Espèce de vipère.

Étymologie : Lat. severus, d'un radical sev, qui se trouve dans le grec σέϐας, σέϐω. Sévère paraît être un néologisme du XVIe siècle.

Historique : XVIe s. Si le minois du medecin chagrin, rebarbatif, mal plaisant, malcontent, severe, rechigné, contriste le malade

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. des deux genres

  1. Qui est rigide, sans indulgence. Un prince sévère. Un juge sévère. Un sévère censeur. Ce père est trop sévère et se fait moins aimer que craindre de ses enfants.

  2. être sévère à soi-même, pour soi-même, être rigoureux à l’égard de soi-même, ne se passer aucune faute. On est porté à être plus sévère pour les autres que pour soi-même.

  3. SÉVÈRE se dit aussi des Choses. Un jugement, un arrêt sévère. Une loi sévère. Un châtiment sévère. Une critique sévère. Il fit une sévère réprimande. Un visage, un front, un air sévère. Il lui parla d’un ton sévère.

  4. Il signifie aussi Qui est austère, qui ne se relâche pas. Une vertu sévère. Une morale sévère. Des moeurs sévères.

  5. Il se dit aussi, en termes de Littérature et de Beaux-Arts, de Ce qui est simple et dépouillé, sans ornements superflus, sans vaine recherche d’élégance. Une composition sévère. Un style sévère. Un dessin pur et sévère. Un goût sévère. On dit de même, dans le langage courant : Une tenue sévère. Substantivement, Unir le plaisant au sévère.

  6. Il se dit également d’une Figure qui a plus de régularité que d’attrait. Une beauté sévère. Une physionomie sévère.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • sévères — pluriel — /sevɛʁə/ ou /sɛvɛʁə/
  • sévère — singulier — /sevɛʁə/ ou /sɛvɛʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sévère#60048.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.