serviteur
nom, masculin · /sɛʁvitœʁ/
Usage : fréquent (17 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Vieilli. Personne employée pour assurer le service, les tâches domestiques d'une maison, d'un maître.
Le vieux serviteur ouvrait la porte aux invités.
Synonyme : domestique.
« Après s'être bien dit serviteur, moi le vôtre »Boursault (1638-1701)
« Point du tout, on vous chasse et votre serviteur »Gresset (1709-1777)
Personne dévouée qui œuvre au service d'une cause, d'une institution ou d'un État.
Il se voulait un serviteur de l'État jusqu'à sa retraite.
« La reine croyait assurer au roi des serviteurs, en conservant à Dieu des fidèles »Bossuet (1627-1704)
« Quoi qu'en pense le monde, Dieu ne manque point encore de vrais serviteurs »Bourdaloue (1632-1704)
Religion. Personne qui se consacre au service de Dieu et mène une vie de grande piété : un fidèle serviteur de Dieu.
Ce moine se présentait comme un humble serviteur de Dieu.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : votre humble serviteur
Grammaire et formes (3)
- servantes : pluriel
- serviteurs : pluriel · /sɛʁvitœʁ/
- serviteur : singulier · /sɛʁvitœʁ/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 5 sens
s. m.
Celui qui est au service, aux gages d'autrui. Dans le langage biblique, au lieu de domestique, on dit toujours serviteur.
Je dois vous avertir, en serviteur fidèle, Qu'en sa faveur déjà la ville se rebellePierre Corneille (1606-1684)
Et j'ai des serviteurs et ne suis point serviMolière (1622-1673)
Fig. Il se dit de ceux qui rendent des services à l'État, au prince. Serviteur de l'État, homme zélé et fidèle dans ce qui regarde le service de l'État.
Comme ils [les rois] n'ont plus de sceptre, ils n'ont plus de flatteurs ; Et tombent avec eux d'une chute commune Tous ceux que la fortune Faisait leurs serviteursMalherbe (1555-1628)
La reine croyait assurer au roi des serviteurs, en conservant à Dieu des fidèlesBossuet (1627-1704)
Il se dit de ceux qui servent Dieu. C'est un grand serviteur de Dieu, c'est un homme d'une grande piété. Serviteur des serviteurs de Dieu, qualification que le pape se donne dans ses bulles.
Josué, fils de Nun, serviteur du Seigneur, mourut âgé de cent dix ansLemaistre de Sacy (1613-1684)
C'est moi qui ai fait la terre avec les hommes et les animaux.... et maintenant j'ai voulu soumettre ces terres à Nabuchodonosor, roi de Babylone, mon serviteur ; il l'appelle son serviteur, quoique infidèle, à cause qu'il l'a nommé pour exécuter ses décretsBossuet (1627-1704)
En termes de civilité, attaché à, disposé à rendre service. Votre serviteur, se dit pour se désigner soi-même sans se nommer par son nom. Je suis votre serviteur, ou, elliptiquement, votre serviteur, et quelquefois, simplement, serviteur, formule de politesse dont on se sert en saluant quelqu'un. Votre serviteur, votre très humble et très obéissant serviteur, formules de politesse pour finir les lettres. Ironiquement et familièrement : je suis votre serviteur, je suis son serviteur, ou, elliptiquement, serviteur, se dit à quelqu'un ou de quelqu'un quand on n'est pas de son avis, quand on refuse ce qu'il propose, ce qu'il demande. Serviteur, c'est un fourbe, je le connais et je ne m'y fie point. Familièrement. Serviteur à, se dit pour signifier qu'il n'y a plus moyen de faire telle ou telle chose. Voilà l'hiver, serviteur à la promenade. J'ai la goutte, serviteur aux bons dîners. Populairement. Faites serviteur à monsieur, à madame, se dit aux petits enfants à qui l'on dit de faire la révérence.
Pardieu, monsieur, je vous suis serviteurMathurin Régnier (1573-1613)
Toute votre maison m'a toujours été chère ; Et j'étais serviteur de monsieur votre pèreMolière (1622-1673)
Celui qui courtise une femme.
Des hommes comme vous ne sont que des conteurs ; Vraiment, c'est bien à moi d'avoir des serviteursPierre Corneille (1606-1684)
On devient grandelette, Puis grande tout à fait, et puis le serviteurLa Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Wallon, sierviteur ; provenç. servire, serveire, servidor ; espagn. servidor ; ital. servitore ; du lat. servitorem, de servire, servir. Le vieux franç. et le provenç. servire sont le nominatif (du latin servitor) ; et servitor, servidor sont le régime (du latin servitórem).
Historique : XIe s. Deus fist l'imagine, pur sue amur, parler Al servitor ki serveit à l'alter [autel] XIIe s. Mais nus clerc [nous clercs], qui en sumes ministre e servitur [de la maison de Dieu] XIIIe s. Bien doi dire mon consire [avis], Dont sui pensaire ; Car servire et jausire [celui qui jouit] Sui et amaire Où sont li riche servitour Ki me servoient nuit et jor ? XIVe s. S'elles [femmes qui quittent leur pays pour entrer en service] fussent sans tache, elles fussent maistresses et non serviteresses XVe s. Gouvernement fut en une maison, Où serviteurs ot en grande abondance Quant ilz furent trestous d…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 7 sens
n. m.
Celui qui est au service d’une personne ou d’une collectivité. Un fidèle serviteur de l’état. Ce roi sut récompenser ses zélés serviteurs.
C’est un grand serviteur de Dieu, C’est un homme d’une grande piété, d’une grande charité, uniquement occupé de la prière et des bonnes oeuvres.
SERVITEUR se dit particulièrement des Domestiques et ne s’emploie guère, dans le style ordinaire, qu’avec une épithète, ou dans certaines locutions. Bon serviteur. Fidèle serviteur. Les vieux serviteurs. Devoirs des serviteurs envers leurs maîtres. Maîtres et serviteurs, tous mangeaient à la même table. Le témoin devra déclarer s’il est parent, allié ou serviteur de l’une des parties. On se sert plus communément du mot Domestique; mais, en termes de l’écriture et aussi dans le style soutenu, on emploie toujours le mot Serviteur. Heureux le serviteur que son maître trouvera veillant!
Il s’emploie encore, en termes de Civilité, pour marquer l’attachement, le dévouement. J’ai toujours été serviteur de votre père, de votre famille. Je suis votre ami et votre serviteur.
Votre serviteur, votre très humble et très obéissant serviteur, Formule de politesse dont on se servait pour finir les lettres et qui est aujourd’hui peu usitée.
Je suis votre serviteur ou, elliptiquement, Votre serviteur et Serviteur, Formule de civilité dont on se servait en saluant quelqu’un et qui est également peu usitée aujourd’hui.
Ironiquement et fam., Je suis votre serviteur, je suis son serviteur se dit à quelqu’un ou de quelqu’un pour marquer qu’on refuse ce qu’il demande ou ce qu’il propose, ou que l’on n’est point du même avis. Vous me demandez telle chose, je suis votre serviteur. On dit aussi, elliptiquement : Serviteur, Je n’en veux rien faire, je n’en ferai rien. Il réclame des excuses? Serviteur!
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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