serpent

serpent

nom, masculin, /sɛʁpɑ̃/

Définitions

  1. Reptile au corps allongé et dépourvu de pattes, qui se déplace en rampant, dont certaines espèces sont venimeuses.

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  2. Personne perfide et malveillante, comparée à cet animal pour sa fourberie ou sa méchanceté cachée.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (15 sens) — Académie 1935 (13 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Nom donné à une classe de reptiles sans membres ou à membres rudimentaires, qui rampent sur la terre. Serpent à sonnettes, serpent très venimeux, ainsi nommé à cause du bruit qu'il fait en remuant les anneaux mobiles et cornés qui terminent sa queue. Fig. Serpent d'eau, couleuvre à collier. Serpent de verre, nom donné à l'orvet, anguis fragilis, parce que, pris, ses muscles se roidissent au point qu'il se brise, abandonnant une partie de lui-même pour se sauver ; la queue brisée se reproduit en quelques mois.

    Le serpent était le plus fin de tous les animaux — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Le Seigneur viendra avec sa grande épée pénétrante et invincible, pour punir Léviathan, ce serpent immense, Léviathan, ce serpent à divers plis et replis — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. Dans la mythologie, les serpents étaient un attribut des Furies. Fig. et poétiquement. Les serpents de l'envie, de la calomnie, l'envie, la calomnie.

    Filles d'enfer... Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? — Jean Racine (1639-1699)

    Le serpent de l'envie a sifflé dans son cœur — Alexis Piron (1689-1773)

  3. En termes d'armoirie, serpent sert à désigner le duché de Milan. L'ours, l'aigle et le serpent ont cédé à la salamandre.

  4. Le serpent d'airain, figure de serpent que Moïse éleva dans le désert, et dont la vue guérissait les Israélites qui avaient été mordus par des reptiles.

  5. Fig. Il se dit de personnes que l'on compare pour leur malice ou perfidie à un serpent. C'est une langue de serpent, se dit d'une personne fort médisante. Réchauffer, retirer un serpent dans son sein, faire du bien à un ingrat.

    Je fus appelé dans une seule maison où un petit serpent de fille se donna le plaisir de me montrer beaucoup de musique dont je ne pus lire une note — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

    Langue de serpent, fertile en impostures, Vous osez sur Célie attacher vos morsures — Molière (1622-1673)

  6. Il se dit des choses méchantes ou tortueuses comme le serpent. Le serpent est caché sous les fleurs, se dit en parlant de choses dangereuses dont les apparences sont séduisantes.

    [La chicane] Tantôt, les yeux en feu, c'est un lion superbe ; Tantôt, humble serpent, il se glisse sous l'herbe — Boileau (1636-1711)

    C'est trop flatter la tienne [ta haine], et de ma propre main Caresser le serpent qui déchire mon sein — Voltaire (1694-1778)

  7. Terme de l'Écriture. Le serpent, le démon tentateur.

    Enfin le vieux serpent tâchera de t'aigrir Contre les moindres maux que tu voudras souffrir ; Il fera mille efforts pour brouiller ta conduite ; Mais avec l'oraison tu le mettras en fuite — Pierre Corneille (1606-1684)

    Qu'est-il nécessaire de vous raconter plus au long l'histoire de nos malheurs ? vous savez assez que le premier homme, séduit par les infidèles conseils de ce serpent frauduleux, voulut faire une funeste épreuve de sa liberté — Bossuet (1627-1704)

  8. Instrument à vent dont on se sert dans les chœurs de musique d'église pour soutenir la voix, et qui est fait en forme de gros serpent ; aujourd'hui l'on en abandonne l'usage. Celui qui joue du serpent. Il y a dans cette église un bon serpent.

    Au frémissement des serpents et des basses, cette hymne [Te Deum] faisait résonner les vitraux — Chateaubriand (1768-1848)

    Cet instrument fut inventé en 1590 par un chanoine d'Auxerre, nommé Edme Guillaume ; la construction en est vicieuse de tous points ; beaucoup de ses intonations sont fausses, et, à côté de notes trop fortes, on en rencontre qui sont très faibles ; l'expulsion du serpent des églises sera un pas de fait vers le bon goût en musique — François-Joseph Fétis (1784-1871)

  9. En joaillerie, œil-de-serpent, voy. ŒIL, n° 32.

  10. Langue de serpent, plante, voy. LANGUE.

  11. Bois de serpent, voy. SERPENTINE 3.

  12. Serpent de mer, poisson de la Méditerranée.

  13. Terme de marine. Espèce de pirogue de la côte de Malabar.

  14. Constellation boréale.

  15. Terme d'alchimie. Se dit du mercure. Serpent de Pharaon, jouet fabriqué avec du sulfocyanure de mercure, qui, se décomposant par la combustion avec boursouflement, prend une apparence vermiculaire.

Étymologie : Génev. une sarpent ; bressan, la sarpan ; wallon, sierpain ; Berry, sarpent, sarpente ; provenç. sarpent, et aussi serp, ser, cer ; catal. serpent ; espagn. serpiente ; ital. serpente ; du lat. serpentem, de serpere, ramper, grec, ἔρπειν, sanscr. sarpâmi. Le prov. serp vient non de serpentem, mais de serpens, accent sur ser. Serpent est quelquefois féminin dans l'anc. langue et dans les patois.

Historique : XIe s. Serpens e guivres, dragon e aversier XIIIe s. La serpent au vilain proia.... Folie est combatre sanz armes et dormir près del sarpent Le vieil serpent, de viellesse anuiez, Pour joenne cuir eschange sa viel pel Et dit ainsi que qui vouloit tuer premier le serpent, il li devoit esquacher [écraser] le chief XIVe s. Deux broches garnies de langues de serpent XVe s. Haa, dame, distil, encore est-ce dedans mon marché jusques à la fontaine ; et, se je ne craignois deffence du serpent [défense équivoque, plutôt apparente que réelle], encore fis-je autre chose XVIe s. La grand serpente au pole …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Reptile au corps très allongé, dépourvu de membres et dont certaines espèces sont venimeuses. La peau d’un serpent. La dépouille d’un serpent. La morsure, la piqûre d’un serpent. Le venin du serpent. Les sifflements d’un serpent. Marcher sur un serpent. écraser un serpent. Notre-Seigneur a dit : Soyez prudents comme les serpents et simples comme les colombes.

  2. Serpent à sonnettes, Serpent très venimeux ainsi nommé à cause du bruit qu’il fait en remuant les anneaux cornés et mobiles qui terminent sa queue.

  3. Fig., C’est un serpent que j’ai réchauffé dans mon sein, C’est un ingrat qui s’est servi du bien que je lui ai fait pour me faire du mal.

  4. Fig., Le serpent est caché sous les fleurs se dit en parlant de Choses dangereuses, dont les apparences sont séduisantes.

  5. Fig., Les serpents de l’Envie, de la Calomnie L’envie, la calomnie.

  6. Fig. et fam., C’est une langue de serpent se dit d’une Personne fort médisante. On dit plutôt aujourd’hui : C’est une langue de vipère.

  7. En termes de Joaillerie, OEil-de-serpent Voyez ce mot à son rang alphabétique.

  8. En termes de Botanique, Langue-de-serpent. Voyez — LANGUE.

  9. Bois de serpent. Voyez

  10. SERPENTINE.

  11. SERPENT désigne, dans la langue de l’écriture, le Démon tentateur.

  12. Il est aussi le nom d’un Instrument à vent, en forme de gros serpent recourbé, employé dans les églises pour soutenir les voix. Jouer du serpent.

  13. Il se disait aussi de Celui qui jouait de ce instrument.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • serpents — pluriel — /sɛʁpɑ̃/
  • serpent — singulier — /sɛʁpɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée serpent#56885.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.