serment
nom, masculin, /sɛʁmɑ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. m.
Affirmation ou promesse en prenant à témoin Dieu, ou ce que l'on regarde comme saint, comme divin. Rendre à quelqu'un son serment, l'en délier. Familièrement. Faire serment de, déclarer que. Fig. Faire serment, s'entendre, se concerter. On a dit dans le même sens : être de serment. Serment de joueur, serment d'ivrogne, serment d'amant, serment sur lequel il ne faut pas compter.
Je ne vous dis rien, monseigneur, dont je ne fasse des serments — Guez de Balzac (1597-1654)
Je n'en serai pas cru à mon serment, et l'on dira que je rêve — Molière (1622-1673)
Jurement, imprécation. Il fait des serments exécrables quand il est en colère.
Vous le verrez bientôt, les cheveux hérissés.... Ainsi qu'un possédé que le prêtre exorcise, Fêter dans ses serments tous les saints de l'Église — Boileau (1636-1711)
Après avoir fait des serments horribles qu'il poursuivrait cette affaire jusqu'à la mort, il marqua le jour que le peuple en devait prendre connaissance — Vertot (1655-1735)
Étymologie : Bourguig. sarment ; wallon, sermain ; provenç. serment et sacrament ; espagn. sacramento ; ital. sagramento ; du lat. sacramentum, serment, de sacrare, rendre sacré (voy. SACRER) : d'abord chose consacrée, et, en particulier, la somme que les plaideurs deposaient et que perdait le perdant (on la consacrait à un usage religieux) ; puis enrôlement, serment militaire, et enfin le serment en général.
Historique : IXe s. Si Lodhwigs sagrament que son fradre Karlo jurat, conservat XIIe s. Mais tous lor sairemanz [ils] fausserent de legier Lai li [les laïques] en furent mis partut à serement XIIIe s. Li sairement qui furent juré ne furent mie bien tenu Le roy manda ses barons à Paris, et leur fist faire serement que foy et loiauté porteroient à ses enfans Le roy ama tant Dieu et sa douce mere, que touz ceulz que il pooit atteindre qui disoient de Dieu ne de sa mere chose deshoneste ne vilein serement, que il les fesoit punir griefment XVe s. Lor dis : vueilliez me pardonner ; Car je jure mon serement Que …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Affirmation ou promesse faite en attestant Dieu, un être ou un objet sacré. Serment solennel. Serment en justice. Serment de fidélité, d’obéissance. Faux serment. Prêter serment sur l’évangile. Affirmer par serment, sous serment. S’engager, se lier par serment. La foi du serment. La religion du serment. Prêter serment entre les mains de l’évêque, devant un tribunal. La prestation de serment. La formule d’un serment. S’en rapporter au serment de quelqu’un. Il en sera cru sur son serment. Vous m’avez déféré le serment, je vous le réfère. Violer, trahir son serment. Délier, relever quelqu’un de son serment. Il a fait serment de se venger. Je fis à mon ami le serment de veiller sur son fils. On exigea d’eux le serment qu’ils ne divulgueraient pas ce secret. Tous vos serments sont inutiles. Oublier ses serments.
Fig. et fam., Serment de joueur, serment d’ivrogne, serment amoureux se disent d’un Serment sur lequel il ne faut pas compter.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- serments — pluriel — /sɛʁmɑ̃/
- serment — singulier — /sɛʁmɑ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée serment#56876.