sérieux

sérieux

adjectif, /seʁjø/ ou /sɛʁjø/

Définitions

  1. Qui agit ou s'exprime avec gravité, sans plaisanterie ni légèreté.

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  2. Qui a de l'importance, des conséquences notables.

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  3. Sur qui l'on peut compter, digne de confiance dans son travail ou ses engagements.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui ne se laisse pas aller facilement à la distraction. Substantivement. Il se dit des choses dans le même sens. Visage, air sérieux, mine sérieuse, maintien sérieux.

    Je crois le fond de son caractère [de la duchesse de Choiseul] un peu sérieux, d'une couleur très douce, toute brodée de fleurs naturelles — Voltaire (1694-1778)

    J'ai encore une chose à vous dire dans ma confession générale, c'est que je n'ai jamais été gai que par emprunt ; quiconque fait des tragédies et écrit des histoires est naturellement sérieux, quelque Français qu'il puisse être — Voltaire (1694-1778)

  2. Qui s'applique fortement à son objet. Il se dit des choses en un sens analogue. Une conversation sérieuse. Une pièce sérieuse. Un poëme sérieux.

    La cour veut toujours unir les plaisirs avec les affaires ; par un mélange étonnant, il n'y a rien de plus sérieux ni ensemble de plus enjoué — Bossuet (1627-1704)

    Tout cédait aux lumières de son esprit, aussi net, aussi pénétrant qu'il était grave et sérieux — Bossuet (1627-1704)

  3. Important, de grande conséquence. Il s'agit d'une chose sérieuse. Avoir avec quelqu'un une explication sérieuse.

    La jeunesse ressent un plaisir incroyable, lorsqu'on commence à se fier à elle, et à la faire entrer dans quelque affaire sérieuse — Fénelon (1651-1715)

    Qui, à la vérité, n'avait encore aucun engagement bien sérieux dans l'état ecclésiastique — Marivaux (1688-1763)

  4. Néologisme. Un homme sérieux, un homme qui s'est occupé de son affaire sans distraction ni caprice, et qui, par là, s'est acquis fortune ou réputation. Par ironie, celui qui a la prétention d'être un homme sérieux et qui n'en a que l'apparence.

    Apprenez qu'à dater d'aujourd'hui vous êtes ce qu'on appelle en langage parlementaire un homme sérieux ; ceci veut dire.... la démarche grave, le front soucieux, le regard altier, la bouche pincée, l'air composé, le ton péremptoire, l'accent emphatique, le geste solennel, la parole abondante, le cerveau vide, beaucoup de prétentions, passablement d'ennui, un peu de ridicule, un homme sérieux enfin — Charles de Bernard (1804-1850)

  5. Qui convient aux gens sérieux. Une couleur sérieuse. Une étoffe sérieuse.

    Tenez, voilà le plus bel habit de la cour et le mieux assorti ; c'est un chef-d'œuvre que d'avoir inventé un habit sérieux qui ne fût pas noir ; et je le donne en six coups aux tailleurs les plus éclairés — Molière (1622-1673)

  6. Qui peut avoir des suites fâcheuses. Une maladie sérieuse. La querelle devint sérieuse.

    Dès le commencement de l'attaque [à Malo-Iaroslavetz], ses éclats [du canon] avaient été, à trois lieues de là, porter au vice-roi [Eugène] la nouvelle d'un combat sérieux — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)

  7. Sincère, vrai. Les protestations d'amitié qu'il vous fait sont sérieuses.

  8. Terme de jurisprudence. Qui n'est pas simulé, qui n'est pas feint. Un contrat sérieux. Une dette sérieuse. Intervention sérieuse, intervention qui n'est pas mendiée, ou qui est faite par une personne ayant un véritable intérêt dans l'affaire. Acheteur sérieux, qui a l'intention et les moyens de payer.

  9. S. m. Gravité dans l'air, dans les manières. Tenir son sérieux.

    Elle [Mlle de Vendôme] avait un sérieux qui n'était pas de sens, mais de langueur, avec un petit grain de hauteur ; et cette sorte de sérieux cache bien des défauts — Cardinal de Retz (1613-1679)

    Il écouta la pièce avec un sérieux le plus sombre du monde — Molière (1622-1673)

  10. Terme d'art dramatique. Genre qui exclut la plaisanterie, la frivolité. Cet acteur joue bien dans le sérieux, n'est bon que pour le sérieux.

  11. Ce qui est important, essentiel. Prendre les choses trop au sérieux, y attacher trop d'importance. Prendre une chose dans le sérieux, la tenir pour vraie, quoiqu'elle n'ait été dite que par plaisanterie et par jeu. On a dit dans un sens analogue : donner de son sérieux dans une chose. Prendre une chose au sérieux, se formaliser d'une chose qui a été dite en badinant.

    Qu'on quitte un peu la bagatelle pour en venir au sérieux — Antoine Hamilton (1646-1720)

    Le premier âge, qui ne se prête jamais qu'à regret au sérieux des leçons et des préceptes — Massillon (1663-1742)

  12. Effort sérieux, intention sérieuse.

    Sous un visage riant, sous cet air de jeunesse qui semblait ne promettre que des jeux, elle cachait un sens et un sérieux dont ceux qui traitaient avec elle étaient surpris — Bossuet (1627-1704)

    Enfoncez, vous trouverez partout [à la cour] des intérêts cachés, des jalousies délicates qui causent une extrême sensibilité, et, dans une ardente ambition, des soins et un sérieux aussi triste qu'il est vain — Bossuet (1627-1704)

Étymologie : Dérivé du lat serius, sérieux.

Historique : XIVe s. Et dire que les choses qui sont faites en soy gieuant, soient melleurs que les choses vertueuses et serieuses qui sont faites à grant estude, c'est une grant derision XVIe s. Les offices serieux de la devotion Un ouvrage serieux [opposé à ouvrage gaillard et enjoué] Des choses serieuses et de grande consequence

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui est grave. Il est opposé à Enjoué, gai. C’est un homme très sérieux. Visage sérieux. Air, maintien sérieux. Mine sérieuse. Conversation sérieuse. Vous n’êtes pas sérieux.

  2. Il signifie aussi Qui est solide, important; et alors il est opposé à Frivole, léger, de peu de conséquence. Cet homme n’a rien de sérieux dans le caractère. Faire des propositions sérieuses. L’affaire dont il s’agit est sérieuse. Avoir avec quelqu’un une explication sérieuse.

  3. Il signifie encore Qui est sincère, vrai. Ce que je vous dis là est sérieux. Les protestations d’amitié qu’il vous fait sont sérieuses.

  4. Il signifie également Qui peut avoir des suites fâcheuses. Ce combat semblait n’être qu’une escarmouche, mais l’affaire devint sérieuse. Querelle sérieuse. Maladie sérieuse.

  5. SÉRIEUX s’emploie aussi comme nom masculin et signifie Gravité dans l’air, dans les manières. Il affecta un grand sérieux. Perdre son sérieux. Garder, tenir son sérieux.

  6. Prendre une chose au sérieux, Se formaliser d’une chose qui a été dite en plaisantant et sans dessein d’offenser. Cette expression signifie aussi Regarder une chose comme sérieuse et digne qu’on s’en occupe. Prendre quelqu’un au sérieux, Le regarder comme quelqu’un qui parle ou qui agit sérieusement.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (3)
  • sérieux — masculin — /seʁjø/ ou /sɛʁjø/
  • sérieuses — pluriel féminin — /seʁjøzə/ ou /sɛʁjøzə/
  • sérieuse — singulier féminin — /seʁjøzə/ ou /sɛʁjøzə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sérieux#60026.

sérieux

nom, masculin, /seʁjø/ ou /sɛʁjø/

Grammaire et formes (2)
  • sérieux — forme de base — /seʁjø/ ou /sɛʁjø/
  • sérieuses — pluriel

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sérieux#60025.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.