sergent
nom, masculin, /sɛʁʒɑ̃/
Voir aussi : forme féminine sergente
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. m.
Serviteur, en vieux langage (ce qui est le sens propre).
L'aumônier d'un roi de France prit possession de la patrie d'Annibal en ces mots : Je vous dis le ban de notre Seigneur Jésus-Christ, et de Louis, roi de France, son sergent — Chateaubriand (1768-1848)
Anciennement, officier de justice chargé des poursuites judiciaires ; on dit aujourd'hui huissier. Sergents à verge, ceux qui avaient le droit d'être jurés priseurs et vendeurs de biens. Sergents à cheval, ceux qui allaient exploiter à la campagne. Sergents royaux, ceux qui appartenaient à une juridiction royale. Sergents fieffés, ceux qui faisaient les exploits pour les droits des seigneurs.
Avec d'honnêtes gens autrement on en use ; Envoyer un sergent ! — Hauteroche (1617-1707)
Et j'ai toujours été nourri par feu mon père Dans la crainte de Dieu, monsieur, et des sergents — Jean Racine (1639-1699)
Autrefois, sergent de bataille, ou sergent général de bataille, officier qui, dans un jour de combat, recevait du général le plan de la disposition de l'armée, et dont la fonction était de ranger les troupes en bataille.
Il semble que ce soit Un sergent de bataille allant en chaque endroit Faire avancer ses gens et hâter la victoire — La Fontaine (1621-1695)
Sergent d'armes, officier qui servait autrefois dans les cérémonies, dans les tournois.
Aujourd'hui, sous-officier dans une compagnie d'infanterie. Comme les grenadiers lui dirent [à un sergent qui s'offrait à les conduire] : Qui êtes-vous donc ? Il répondit : Un sergent du régiment des gardes vaut bien un officier ; suivez-moi. Sergent-major, le premier sous-officier d'une compagnie, celui qui est ordinairement chargé de la comptabilité. C'était autrefois le nom du sergent de bataille, officier supérieur dans un régiment d'infanterie, servant à cheval.
Et en effet il les mena où il fallait — Pellisson (1624-1693)
Près du rouet de sa fille chérie, Le vieux sergent se distrait de ses maux — Béranger (1780-1857)
Sergent de ville, agent de police portant l'épée et chargé du maintien de l'ordre public.
La haine du sergent de ville faisait partie de ses convictions politiques — Charles de Bernard (1804-1850)
Terme de menuiserie. Barre de fer ou de bois longue à volonté, recourbée en crochet, un peu aplatie par un des bouts, et qui sert à tenir serrées les pièces de bois qu'on a collées et celles qu'on veut cheviller. On a prétendu que ce mot était une corruption de serre-joint ; mais cela paraît une pure hypothèse, serre-joint ne se trouvant nulle part, et sergent (le serviteur) étant tout à fait dans les habitudes du langage figuré des ouvriers ; en preuve, le valet, instrument de fer qui maintient sur l'établi la planche à travailler.
Terme de marine. Petit crochet de fer, attaché à un cordage et servant à soulever un tonneau. Outil pour faire courber les bordages que l'on chauffe.
Forte barre de fer qu'on place devant la gueule de l'arche du four d'une glacerie.
Crabe doré.
Étymologie : Bourguig. sorjan ; provenç. servent, sirvent ; espagn. sirviente ; ital. servente ; du lat. servientem, de servire, servir.
Historique : XIe s. Dune prent li pedre [le père] de ses meilurs serganz ; Par multes terres fait querre sun amfant XIIe s. Le premier roi de France fist Diex par son commant Couronner à ses anges dignement en chantant, Puis le comanda estre en terre son sergent, Tenir droite justice, et la loi mettre avant XIIIe s. Avoec cels alerent moult de sergens et de chevaliers dont li nom ne sont mis en escrit Ha ! biaus sire Diex, je sui votre siergans et sui en vostre besoigne Mès serjant en vain se travaille De faire service qui vaille, Quant li servises n'atalente [fait plaisir] à celui cui l'en le presente Si …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Officier de justice qui remplissait les fonctions d’un huissier d’aujourd’hui et qui était chargé d’arrêter ceux contre lesquels il y avait contrainte par corps. Sergent à verge. S’il ne me paie, je lui enverrai un sergent, le sergent. Les sergents le tenaient au collet.
Sergents de ville, Agents de police armés chargés de maintenir l’ordre dans les lieux publics. On les appelle maintenant Gardiens de la paix.
SERGENT se dit aussi d’un Sous-officier de l’infanterie, du génie ou de l’aviation. Le grade de sergent. Sergent dans une compagnie d’infanterie. Une patrouille commandée par un sergent.
Sergent-major, Anciennement, le Premier sous-officier dans une compagnie, après l’adjudant, et Celui qui était chargé de la comptabilité. On dit aujourd’hui Sergent-chef.
Sergent-fourrier se disait d’un Sous-officier ayant l’emploi de fourrier.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- sergents — pluriel — /sɛʁʒɑ̃/
- sergent — singulier — /sɛʁʒɑ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sergent#56860.