serf

serf

adjectif, /sɛʁf/

Grammaire et formes (4)
  • serves — pluriel féminin — /sɛʁvə/
  • serfs — pluriel masculin — /sɛʁf/
  • serve — singulier féminin — /sɛʁvə/
  • serf — singulier masculin — /sɛʁf/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée serf#56855.

serf

nom, masculin, /sɛʁf/

Voir aussi : forme féminine serve

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m. et f.

  1. Celui qui ne jouit pas de la liberté personnelle, esclave. Fig. Serfs de la sainte Mère de Dieu ou Blancs-Manteaux, ordre religieux fondé à Marseille (au XIIIe siècle).

    Qu'était Rome, en effet ? qui furent vos ancêtres ? Un vil amas de serfs, échappés à leurs maîtres — Bernard-Joseph Saurin (1706-1781)

    Athènes eut vingt serfs pour un citoyen ; la disproportion fut encore plus grande à Rome devenue la maîtresse du monde — Raynal (1713-1796)

  2. En particulier au moyen âge, sous la féodalité et dans les pays qui sont encore régis par des institutions féodales, personne attachée à la glèbe et ne pouvant disposer ni de sa personne ni de son bien.

    Les serfs du domaine du roi furent affranchis par un édit de Louis XVI

    Un serf n'a point de famille, ni par conséquent de nation — Montesquieu (1689-1755)

  3. Terme d'alchimie. Le serf rouge, la magnésie.

  4. Adj. Qui appartient au servage. Les hommes serfs. Condition serve. Héritage serf, héritage pour lequel il était dû une somme au seigneur. Fig. Qui est sans indépendance. Serf arbitre, se dit, par opposition à libre arbitre, de la volonté déterminée par l'ordre de Dieu ou par l'ordre des choses. Luther a écrit un livre sur le serf arbitre.

    Ces moines [de Saint-Claude] prétendent justifier cet abominable usage [le servage conservé chez eux] ; ils répandent partout que ces serfs sont les plus heureux de tous les hommes, et que les terres serves sont les plus peuplées — Voltaire (1694-1778)

    Des esprits serfs — Voltaire (1694-1778)

Étymologie : Provenç. serf, ser ; espagn. siervo ; du lat. servus, esclave. Les jurisconsultes latins (Dig. de statu hominum, II, 5) ont rattaché servus à servare, comme étant l'homme pris à la guerre, conservé et non tué ; des étymologistes modernes se sont aussi rangés à cet avis ; mais il est évident que servire est le dénominatif de servus (voy. donc SERVIR).

Historique : XIe s. Pur le franc home dix solz, et pur le serf vingt solz À une estache l'unt ataché cil serf XIIe s. Vendre [elle] me puet [peut] ou doner ; Ses sers sui sans racheter Encor ne vous a pas Charles à sers conquis Ydunc s'en sunt parti li serf d'iniquité XIIIe s. Alixandres evesques, siers des siers de Dieu, à nos chiers fieux Lambert et les freres malades de Douai Margiste vostre serve avec vous laisserai Il sont appelé serf, porceque li empereur comanderent que li chaitif fussent vendu et ne fussent pas ocis ; et einsi estoient il gardé Briefment tant est chetis et nices, Qu'il est sers à t…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n.

  1. Homme, femme attachés au domaine qu’ils cultivaient moyennant redevance au seigneur qui en était le propriétaire.

  2. Il s’emploie aussi adjectivement. Condition serve. Terre serve.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • serfs — pluriel — /sɛʁf/
  • serf — singulier — /sɛʁf/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée serf#56854.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.