serein

serein

adjectif, /səʁɛ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873) — entrée 1

adj.

  1. Qui est sans nuage, sans brouillard et sans vent, en parlant de la constitution de l'air. Le ciel était serein. Temps, air serein. Par extension.

    Quand, dans la nuit sereine, une blanche nuée Danse autour du croissant des cieux — Victor Hugo (1802-1885)

    Montrez-lui cette mer sereine, bleue, unie, Belle des bords charmants qu'elle pare à son tour — Pierre Lebrun (1785-1873)

  2. Fig. Qui annonce une grande tranquillité d'esprit.

    Voulez-vous que je montre un visage serein ? — Jean Mairet (1604-1686)

    Ses yeux furent-ils jamais moins sereins ? perdit-elle quelque chose de sa tranquillité ordinaire ? — Fléchier (1632-1710)

  3. Fig. Exempt de trouble, d'agitation. Il se dit, en un sens analogue, des personnes.

    Je souhaite que cette aurore soit suivie d'un aussi beau jour qu'elle le mérite, et que tous ceux de sa vie soient exempts de nuages et aussi clairs et sereins que son visage et son esprit — Voiture (1597-1648)

    Du chagrin le plus noir elle écarte les ombres, Et fait des jours sereins de mes jours les plus sombres — Jean Racine (1639-1699)

  4. Terme de médecine. Goutte sereine, privation de la vue causée par la paralysie de la rétine ; ainsi dite parce qu'une opinion populaire attribuait la paralysie à une goutte d'humeur qui tombait sur l'œil, mais sereine, limpide, parce qu'en cette affection la transparence de l'œil n'est pas troublée.

    On me mande que Mme de Pompadour est attaquée d'une goutte sereine qui lui a déjà fait perdre un œil, et qui menace l'autre ; l'Amour était aveugle, mais il ne faut pas que Vénus le soit — Voltaire (1694-1778)

Étymologie : Provenç. seren, sere ; cat. seré ; espagn. et ital. sereno ; du lat. serenus, comparé par Curtius à σείρινος, d'été, Σείριος, Sirius ; sanscr. swar, ciel, sūrya, soleil.

Historique : XIIIe s. Li jours estoit biaus et seris Ce fu en mai au tens novel, Que il fesoit seri et bel Et el vergier au tans seri Des oisiaus i a si douc cri Li oisel qui se sont teü Tant come il ont le froit eü, Sont en mai por le tens serin Si lié [joyeux] que.... XVIe s. Comme la lune aux estoilles esclaire Par le serein de quelque nuict bien claire.... Ma raison a bien son cours plus delivre en la prosperité.... je veois bien plus clair en temps serein

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui est clair, doux, pur et calme. Il se dit proprement du Ciel, de l’air, du temps. Un jour serein. Un ciel serein. Pendant une nuit sereine.

  2. SEREIN s’emploie figurément et signifie Qui est exempt de trouble et d’agitation. Cet homme a le front serein. Voir le péril d’un visage serein. Quoique malade, il conserve un esprit tranquille et serein.

  3. Fig. et poétiquement, Des jours sereins, Des jours paisibles, heureux.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • sereines — pluriel féminin — /səʁɛnə/
  • sereins — pluriel masculin — /səʁɛ̃/
  • sereine — singulier féminin — /səʁɛnə/
  • serein — singulier masculin — /səʁɛ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée serein#56851.

serein

nom, masculin, /səʁɛ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Humidité fine, pénétrante, généralement peu abondante, qui tombe après le coucher du soleil, ordinairement pendant la saison chaude et sans qu'il y ait de nuages au ciel.

    Et celui-ci [oreiller] pour vous garder du serein — Molière (1622-1673)

    Je fus avant-hier toute seule à Livry me promener délicieusement avec la lune ; il n'y avait aucun serein — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : Berry, serein, promenades et repas nocturnes que l'on fait faire aux brebis à partir de la mi-juillet jusqu'à la fin d'août : mener les oueilles au serein ; provenç. seren ; catal. seré ; espagn. portug. et ital. sereno. Ménage le dérive de serenus, parce que le serein tombe particulièrement les jours sereins. Mais déjà La Monnoye a contesté cette étymologie, et remarqué qu'il s'agissait non du temps serein, mais du temps du soir. Cette conjecture prend une grande force par l'historique, où, dans les textes anciens, serain n'a que le sens de soir. Il faut donc admettre une dérivation de serum,

Historique : XIIIe s. Del martin tresk' al serain XIVe s. Perchiez l'esprevier et reposez et laissiez passer le chault, et après volez au serain XVe s. Abusé m'a et faict entendre.... Du matin qu'estoit le serain XVIe s. Ostezvous du serein, craignez-vous point le rheume ? J'avais toujours appris que le serein ne s'espandoit qu'à la naissance de la nuit Se mettre à couvert du serein

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Vapeur humide et froide, qui tombe après le coucher du soleil. Le serein est plus dangereux en été que dans les autres saisons. Craindre le serein. S’exposer au serein. Se garantir du serein.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • sereins — pluriel — /səʁɛ̃/
  • serein — singulier — /səʁɛ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée serein#56850.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.