sentinelle

sentinelle

nom, féminin, /sɑ̃tinɛlə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Guet que fait un homme et surtout un soldat ; en ce sens il ne s'emploie qu'avec en, de ou faire. Mettre quelqu'un en sentinelle, le mettre dans un endroit d'où il puisse apercevoir ce qui se passe. Fig. Faire sentinelle, attendre, épier. Fig. et familièrement. Relever quelqu'un de sentinelle, voy. RELEVER.

    Isabelle Durant notre entretien demeure en sentinelle — Pierre Corneille (1606-1684)

    Sur la branche d'un arbre était en sentinelle Un vieux coq adroit et matois — La Fontaine (1621-1695)

  2. Soldat qui fait le guet pour la garde d'un camp, d'un poste, d'un monument, etc. Poser des sentinelles. Relever une sentinelle. Fig. Sentinelle perdue, soldat placé dans un poste avancé et périlleux.

    Il revenait au fort, quand une sentinelle Dans l'ombre de la nuit reconnut le rebelle — Jean Mairet (1604-1686)

    La nuit finissait .... quand tout à coup les Russes de Doctorof sortent des bois avec des cris épouvantables ; nos sentinelles sont renversées sur leurs postes, les postes sur leurs bataillons, les bataillons sur la division — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)

  3. Tuyau de conduite de l'air dans un appareil de soufflets hydrauliques.

Étymologie : Espagn. centinela ; de l'ital. sentinella. On le tire ordinairement de l'ital. sentire, entendre ; mais, comme le dit Diez, il manque dans la dérivation un intermédiaire : sent-in-ella. Aussi s'eston tourné du côté de Galvani qui y voit un diminutif de sentina, sentine, signifiant le gardien qui veillait à la sentine, d'où le sens se serait élargi en celui de veilleur en général. Cependant, s'il en était ainsi, est-ce que le mot ne serait pas masculin, sentinello, et non sentinella ? Puis l'affixe in se trouve dans un mot latin, peu usité il est vrai : sentinus, dieu qui donnait les sens à l'e

Historique : XVe s. Il vault mieulx près beau feu boire la muscadelle, Qu'aller sur ung rempart faire la sentinelle XVIe s. Ces mille ans devant toy sont comme la journée Qui fut hier finie, ou l'espace ordonnée Pour une sentinelle en sa garde de nuit Il met en divers endroits sentinelles perdues, fournit le corridour de rondes, et les rues de patrouilles Qui se fasche quand on l'appelle à la porte, à la sentinelle, à la tranchée, et au rampart, Il n'est point de la bonne part Nous ne serons plus subjets aux gardes et sentinelles, où nous perdons la moitié de nostre temps Poser une sentinelle, scaricare il…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Soldat qui fait le guet pour la garde d’un camp, d’une place, d’un palais, etc. On posa des sentinelles à toutes les portes, à toutes les avenues. On trouva la sentinelle endormie. Relever la sentinelle.

  2. Sentinelle perdue, Soldat placé dans un poste avancé et périlleux.

  3. SENTINELLE désigne aussi la Fonction de la sentinelle. être en sentinelle, en sentinelle perdue.

  4. Fig., Mettre quelqu’un en sentinelle, Le mettre dans un endroit où il puisse observer ce qui se passe.

  5. Fig., Faire sentinelle, Attendre, guetter. J’ai fait sentinelle pendant une heure pour vous voir passer.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • sentinelles — pluriel — /sɑ̃tinɛlə/
  • sentinelle — singulier — /sɑ̃tinɛlə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sentinelle#56794.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.