sensation
nom, féminin, /sɑ̃sasjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. f.
Impression produite par les objets extérieurs sur un organe des sens, transmise au cerveau par les nerfs, et aboutissant à un jugement de perception. Les sensations sont passives, lorsque l'organe reçoit l'impression sans l'avoir cherchée ; elles sont actives, lorsque l'attention de l'individu se concentre pour les juger avec plus d'exactitude. La sensation du froid, du chaud. La sensation des saveurs, des odeurs, des couleurs.
Nous pouvons la définir [la sensation] la première perception qui se fait en notre âme à la présence des corps que nous appelons objets, et ensuite de l'impression qu'ils font sur les organes de nos sens — Bossuet (1627-1704)
On donne le nom de couleur blanche à la sensation que la neige a coutume de produire en nous — ROHAUT
Particulièrement, impression produite par les objets extérieurs sur les sens et aboutissant au plaisir ou à la peine.
Nous sommes étonnés de la pensée ; mais le sentiment est tout aussi merveilleux ; un pouvoir divin éclate dans la sensation du dernier insecte comme dans le cerveau de Newton — Voltaire (1694-1778)
En général, action de sentir, action dévolue à certaines parties du système nerveux périphérique et central, tant extérieur ou de la vie animale qu'interne ou sympathique, c'est-à-dire de la vie végétative. Sensations externes, celles qui appartiennent au tissu nerveux de la vie animale. Sensations internes, celles qui appartiennent au tissu nerveux de la vie végétative ; elles font percevoir non plus les propriétés des corps ou les actions des êtres du milieu ambiant, mais l'état où se trouvent certains organes de l'animal même qui perçoit.
Fig. Faire sensation, faire une sensation, produire une impression marquée dans le public, sur une compagnie, etc.
On est toujours indigné ici de l'absurde et abominable jugement de Toulouse ; on ne s'en soucie guère à Paris, où l'on ne songe qu'à son plaisir, et où la Saint-Barthélemy ferait à peine une sensation — Voltaire (1694-1778)
Nous sommes dans un temps où rien ne fait une grande sensation ; tous les objets, de quelque nature qu'ils soient, sont effacés les uns par les autres — Voltaire (1694-1778)
Étymologie : Provenç. sensation ; espagn. sensacion ; ital. sensazione ; du lat. sensationem, de sensatus, doué de sens, de sensus, sens.
Historique : XIVe s. De toute chose qui ouvre [opère] selon aucun des sens naturelz, la sensacion ou operacion est ou [au] resgart de la chose sensible
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Impression produite par les objets sur les sens. Sensation agréable. Sensation douloureuse, pénible. Une sensation de chaud, de froid. Des sensations vives. éprouver une sensation, des sensations. La sensation que cet objet produit. Par extension, Sensation interne.
Fig., Faire sensation se dit de Ce qui produit une impression marquée dans le public, dans une assemblée, dans un spectacle, etc. Cet événement, ce livre a fait sensation. Son arrivée imprévue fit une grande sensation.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- sensations — pluriel — /sɑ̃sasjɔ̃/
- sensation — singulier — /sɑ̃sasjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sensation#56733.