seigneurie
nom, féminin, /sɛɲœʁi/ ou /sɛɲøʁi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Droit de seigneur sur une terre et sur tout ce qui en relève. Une seigneurie très ancienne.
Mouvances, droits féodaux d'une terre, indépendamment de la terre même. Il vendit sa terre et s'en réserva la seigneurie.
En donnant à plusieurs personnes divers genres de seigneuries sur a même chose, ces lois ont diminué le poids de la seigneurie entière — Montesquieu (1689-1755)
Fig. Vertus seigneuriales, chevaleresques.
Un reste de seigneurie palpitait encore en ce temps-là — Saint-Simon (1675-1755)
Terre seigneuriale.
Qui, diable, vous a fait aussi vous aviser, à quarante-deux ans, de vous débaptiser, Et d'un vieux tronc pourri de votre métairie Vous faire dans le monde un nom de seigneurie ? — Molière (1622-1673)
Titre d'honneur donné aux pairs d'Angleterre et aux anciens pairs de France. Votre Seigneurie. À Sa Seigneurie M. le comte un tel, pair de France.
Par plaisanterie, en s'adressant à une personne avec qui on est familier. Salut à Votre Seigneurie.
Disparaissez donc, je vous prie, Et que le ciel par sa bonté Comble de joie et de santé Votre défunte Seigneurie ! — Molière (1622-1673)
Très humble serviteur à Votre Seigneurie — Molière (1622-1673)
Nom que portait le gouvernement de Venise. L'illustrissime seigneurie de Venise.
Étymologie : Seigneur ; ital. signoria.
Historique : XIIe s. Car vostre sui, en vostre seignorie Si nous portera Charles honor et seignorie Reis, li ordené [les prêtres] unt saint Eglise en baillie ; Ne as poestez del siecle ne la baille Deus mie ; Tut feel sunt suz lui [sous elle], ele ad la seignurie XIIIe s. Pour moi [je] le di, qu'une [dame] en a deceü, Quand j'en cuidai avoir la seignorie Et de Troie r'ai-je oï conter, Qu'ele fut jà de moult grant seignorie Là requistrent le marchis Boniface qu'il preist la crois, et qu'il pour l'amour de Dieu receust la seignorie [commandement] de l'ost Il sevent bien les oevres, qui ainsi les font, mauvai…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Droit, puissance, autorité qu’un homme a sur la terre dont il est seigneur et sur tout ce qui en relève. La terre et seigneurie de tel lieu. La seigneurie de cette terre s’étendait fort loin.
Il se dit aussi des Mouvances, des droits féodaux d’une terre, indépendamment de la terre même. Il vendit sa terre et il s’en réserva la seigneurie.
Il signifie encore Terre seigneuriale. Le roi érigea cette seigneurie en marquisat.
Il était aussi un Titre d’honneur qu’on donnait à des personnes investies de certaines dignités, et, entre autres, aux pairs de France sous la Restauration. Votre seigneurie. à sa seigneurie monsieur le duc de N., pair de France.
Il se dit encore par plaisanterie à des gens avec qui l’on est très familier. Serviteur à votre seigneurie.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- seigneuries — pluriel — /sɛɲøʁi/ ou /sɛɲœʁi/
- seigneurie — singulier — /sɛɲøʁi/ ou /sɛɲœʁi/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée seigneurie#56651.