seigneur

seigneur

nom, masculin, /sɛɲœʁ/

Définitions

  1. Titre par lequel on désigne Dieu dans la tradition chrétienne.

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  2. Homme qui, dans le système féodal, détenait l'autorité sur un territoire et ses habitants.

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  3. Homme qui, par sa fortune et son influence, jouit d'un statut social élevé et mène une vie fastueuse.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) — Académie 1935 (8 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Celui qui a l'autorité féodale sur certaines personnes ou sur certaines propriétés. Rendre foi et hommage à son seigneur. Fig.

    Il est seigneur de cinq ou six paroisses — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Sans commettre l'autorité du roi son seigneur, la reine d'Angleterre employait son crédit à procurer un peu de repos aux catholiques — Bossuet (1627-1704)

  2. Par extension. Maître, possesseur d'un pays, d'un État. Seigneur et maître, voy. MAÎTRE 1.

    Ne connaissant que vous de maître et de seigneur — Jean Mairet (1604-1686)

    Oser arrogamment se vanter à mes yeux D'être juste seigneur du bien de nos aïeux — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Titre qu'on donne à quelques personnes distinguées par leur dignité ou par leur rang pour leur faire plus d'honneur. Haut et puissant seigneur. Un seigneur de la cour. Vêtu, logé comme un seigneur, très bien vêtu, très bien logé. Vivre en seigneur, en grand seigneur, vivre sans rien faire et magnifiquement. En plaisantant et par ironie, homme qui est loin d'être un seigneur. Fig. C'est un petit seigneur, se dit d'un homme qui affecte une importance ridicule.

    Je m'imagine que celui qui s'est le premier appelé haut et puissant seigneur, se regardait comme élevé sur la tête de ses vassaux, et que c'est ce qu'il a voulu dire par cette épithète de haut, si peu convenable à la bassesse des hommes — Pierre Nicole (1625-1695)

    Scipion, qui était le plus grand seigneur de Rome — Rollin (1661-1741)

  4. Un grand seigneur, un seigneur d'un très haut rang. Fig. Ne pas sortir du grand seigneur, avoir incessamment à la bouche le nom de grands seigneurs. N'être pas grand seigneur, être un petit personnage, n'avoir guère de fortune.

    En use en grand seigneur, S'épuise en dons — La Fontaine (1621-1695)

    Qu'est-ce à votre avis, que d'être grand seigneur ? c'est être maître de plusieurs objets de la concupiscence des hommes, et ainsi pouvoir satisfaire aux besoins et aux désirs de plusieurs — Pascal (1623-1662)

  5. Gros seigneur se dit quelquefois pour grand seigneur, mais avec une nuance qui indique surtout la richesse.

    Le comte est trop gros seigneur pour se laisser gouverner par l'intérêt — Dancourt (1661-1725)

  6. Il s'est dit comme terme de civilité à peu près comme on dit aujourd'hui monsieur.

    La jeune Dorimène fille du seigneur Alcantor avec le seigneur Sganarelle qui n'a que cinquante-trois ans ! ô le beau mariage ! — Molière (1622-1673)

  7. Terme de convention dont les poëtes tragiques usent pour le dialogue de leurs personnages.

    Achille à Agamemnon : Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi ; Seigneur, je l'ai jugé trop peu digne de foi.... — Jean Racine (1639-1699)

    La mauvaise habitude où nous avons toujours été d'appeler nos personnages de tragédies seigneurs ; c'est un nom que les Romains ne se donnèrent jamais — Voltaire (1694-1778)

  8. Titre que l'on donnait collectivement aux membres des états généraux et des cours souveraines. Au roi et à nos seigneurs de son conseil.

  9. Absolument. Le Seigneur, Dieu (on met une S majuscule). Le jour du Seigneur, le samedi chez les Juifs, le dimanche chez les chrétiens. Seigneur Dieu ! ou, simplement, Seigneur ! sorte d'exclamation. Ah ! Seigneur ! quelle nouvelle est-ce là ! Le Seigneur, se dit aussi de Jésus-Christ.

    Le Seigneur notre Dieu est lui-même le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant et terrible — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Vous servirez le Seigneur votre Dieu, afin que je bénisse le pain que vous mangerez et les eaux que vous boirez, et que je bannisse toutes les maladies du milieu de vous — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  10. Notre-Seigneur, Jésus-Christ (avec une N et une S majuscules). Recevoir Notre-Seigneur, recevoir l'eucharistie.

    Je crains bien que nous ne perdions cette fois M. de la Rochefoucauld ; sa fièvre a continué ; il reçut hier Notre-Seigneur — Mme de Sévigné (1626-1696)

  11. Le Grand Seigneur, l'empereur des Turcs, le sultan (avec un G et une S majuscules).

    Il faudrait avoir une raison bien épurée pour regarder comme un autre homme le Grand Seigneur, environné, dans son superbe sérail, de quarante mille janissaires — Pascal (1623-1662)

    Si l'on demande pourquoi le Grand Seigneur a fait depuis peu périr cent mille hommes devant Candie, on peut répondre sûrement que ce n'est que pour attacher encore à cette image intérieure qu'il a de lui-même le titre de conquérant — Pierre Nicole (1625-1695)

  12. Terme d'astrologie. Seigneur d'une maison céleste, la planète qui domine dans une maison.

Étymologie : Comme, dans l'ancienne langue, sire et seigneur sont un même mot, dont l'un est le nominatif et l'autre le régime, tout l'historique est renvoyé à sire.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Maître, possesseur d’un pays, d’un état, d’une terre. Il est principalement d’usage en termes de Féodalité. Seigneur souverain. Seigneur d’une ville, d’un bourg, d’un village. Il était seigneur de plusieurs grandes terres. Rendre foi et hommage à son seigneur.

  2. Il est aussi le Titre qu’on donnait à quelques personnes distinguées par leur dignité ou par leur rang, pour leur faire plus d’honneur. Haut et puissant seigneur. Un grand seigneur. Il fait le grand seigneur. Se donner des airs de grand seigneur. Voyez aussi MONSEIGNEUR.

  3. Par excellence, Le Seigneur, Dieu. Notre- Seigneur, JÉSUS-CHRIST.

  4. Le Grand Seigneur se disait du Sultan.

  5. Vivre en grand seigneur, Vivre sans rien faire et magnifiquement. Vêtu, logé comme un grand seigneur, Très bien vêtu, très bien logé.

  6. Fam., C’est un petit seigneur se dit d’un Homme qui affecte de l’importance et qui n’en a pas.

  7. Par plaisanterie, une femme dit de son mari : Mon seigneur et maître.

  8. Prov., à tous seigneurs tous honneurs, à tout seigneur tout honneur, Il faut rendre à chacun ce qui lui est dû d’après son rang, sa dignité.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • seigneurs — pluriel — /sɛɲœʁ/
  • seigneur — singulier — /sɛɲœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée seigneur#56648.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.