secousse

secousse

nom, féminin, /səkusə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Agitation, ébranlement, de ce qui est secoué. Fig. Par secousses, par saccades. Terme de manége. Secousse de la bride, synonyme de saccade. Terme de musique. Explosion que l'air fait en entrant dans un tuyau d'orgue.

    Il monta dans la voiture d'Amazan, parce que la sienne était dérangée par la secousse — Voltaire (1694-1778)

    Ne vous contentez pas de faire certains efforts, et d'être petits par secousses — Fénelon (1651-1715)

  2. Il se dit des oscillations du sol dans un tremblement de terre.

    Jamais il ne se fait une grande éruption dans un volcan, sans qu'elle ait été précédée, ou du moins accompagnée d'un tremblement de terre ; au lieu que très souvent on ressent des secousses même assez violentes sans éruption de feu — Buffon (1707-1788)

  3. Il s'est dit, par abus, pour escousse.

    Proposez à des enfants de sauter un fossé, tous prendront machinalement leur secousse en se retirant un peu en arrière et courront ensuite — Voltaire (1694-1778)

  4. Fig. Atteintes portées à la santé, à la fortune, au crédit, au moral, à l'ordre établi. Familièrement. Se donner une secousse, faire quelque excès pour changer la disposition où l'on est.

    Je reçois d'étranges secousses, et mon cœur ne tient qu'à un filet — Molière (1622-1673)

    Je ne veux pas rapporter tous les effets [de l'imagination] ; je rapporterais presque toutes les actions des hommes, qui ne branlent presque que par ses secousses — Pascal (1623-1662)

Étymologie : L'anc. participe secous (voy. SECOUER à l'historique).

Historique : XVe s. Il ne lui faillit qu'une secousse de verges à netoyer sa robe et ses chausses, qu'il ne fust prest XVIe s. Et falloit que la mule, pour boire, se jetast en l'eau, tout de secousse Nous tressuons... aux secousses de nos imaginations Ma veue s'y confond ; il fault que je la retire, et que je l'y remette à secousses [reprises] J'en cuidai remourir [d'une chute].... et me sens encores de la secousse de ceste froissure Par cette legiere secousse que les avirons donnent, je me sens brouiller l'estomach Les Ciliciens estoient devenus un peu forts en bride pour la secousse que les Romains avoie…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Agitation, ébranlement de ce qui est secoué. Rude, violente secousse. Les secousses que donne un cheval qui trotte sont fatigantes. Les secousses de ce tremblement de terre ont été très violentes.

  2. Il se dit figurément en parlant des Atteintes portées à la santé, à la fortune, au crédit, à l’ordre établi dans un état, etc. Cette maladie a été pour lui une terrible secousse. Ces secousses répétées ont épuisé ses dernières forces. Il ne s’est pas remis de la secousse que lui a causée cette nouvelle. La perte de son procès lui a donné une rude secousse. Le crédit public a reçu de dangereuses secousses. Secousse politique. Les secousses qui agitent les états.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • secousses — pluriel — /səkusə/
  • secousse — singulier — /səkusə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée secousse#56597.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.