secours

secours

nom, masculin, /səkuʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Ce qui sert dans un cas pressant pour en sortir. Il se dit, au sens actif, du secours que l'on donne. Mon secours vous est inutile. Il se dit, au sens passif, du secours que l'on reçoit. Venez à mon secours. Au secours ! à mon secours ! cri par lequel on demande du secours.

    Il ne faut pas tant d'art pour conserver ses jours ; Et, grâce aux dons de la nature, La main est le plus sûr et le plus prompt secours — La Fontaine (1621-1695)

    Je fis ouvrir ma porte, j'envoyai mes gens au secours [dans un incendie] — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Soins, services qu'on donne à un malade.

    Il reste une certaine timidité après les grandes maladies, qui ne permet pas qu'on s'éloigne du secours — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Elle ne fit appeler des secours et avertir ma mère que le quatrième jour de sa maladie — Mme de Genlis (1746-1830)

  3. Il se dit simplement de ce qui sert, qui est utile.

    Appelez la mémoire ou l'esprit au secours — Pierre Corneille (1606-1684)

    Vous me dites des merveilles de votre santé.... la Saône vous aura été d'un grand secours avec sa tranquillité — Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Au plur. Choses qui servent à secourir, telles qu'argent donné, prêt, aumône, etc. Des familles pauvres ont reçu des secours.

    Figurez-vous.... quelle joie ce peut être.... que de donner adroitement quelques petits secours aux modestes nécessités d'une vertueuse famille — Molière (1622-1673)

    Qu'admira-t-on davantage, ou du secours de la princesse Anne qui vint si à propos, ou de ce qu'il vint d'une main dont on ne l'attendait pas ? — Bossuet (1627-1704)

  5. Troupes envoyées au secours d'une armée, d'un parti trop faible pour résister à ses adversaires. Un secours de trois mille hommes. Secours étranger. Le secours envoyé par la France aux États-Unis était commandé par Rochambeau. Par extension.

    Elle vit périr ses vaisseaux et presque toute l'espérance d'un si grand secours — Bossuet (1627-1704)

    Ah, tête ! ah, ventre ! que ne le trouvé-je à cette heure avec tout son secours ! que ne paraît-il à mes yeux au milieu de trente personnes ! — Molière (1622-1673)

  6. L'action de secourir une place assiégée. Le corps d'armée qui vient secourir une place assiégée. Le secours est entré dans la place. Porte de secours, porte d'une citadelle donnant dans la campagne, et par laquelle on peut recevoir du secours ou se retirer.

    Si le comte d'Harcourt fût mort après la prise des îles Sainte-Marguerite ou le secours de Casal — Mme de Sévigné (1626-1696)

  7. Église auxiliaire d'une paroisse, dite plus ordinairement succursale. Cette église n'est pas une paroisse, ce n'est qu'un secours.

  8. Se disait, parmi les convulsionnaires de Saint-Médard, des coups et des différents supplices que les convulsionnaires réclamaient comme des soulagements.

    Richelieu s'est mis à lui porter secours à grands coups de souliers ferrés, de telle sorte qu'elle en jurait entre ses dents, cette convulsionnaire — DECOURCHAMPS

Étymologie : Bourguig. secor ; provenç. socors, secors ; espagn. socorro ; portug. soccorro ; ital. soccorso ; du supin succursum, de succurrere, secourir.

Historique : XIe s. [à] Nostre parent [nous] devum estre à sucurs XIIe s. Mais trop vient lent, dame, vostre secours Ne n'iert [sera] nus [nul] si hardiz qui lui fasse secors XIIIe s. Cil poples est plus fiers que lupart ne lion ; Envers si faite gent nient ne dureron, Se del soudan de Perse prochain souscors n'avon XVe s. Le suppliant advisa que l'une d'icelles femmes avoit de l'argent ou [au] secours [poche, doublure] de sa robe XVIe s. Ceux du secours d'Argos [les troupes fournies par Argos] Et ceulx là rompus et fuyans à val de roupte meirent en telle perplexité ceulx qui s'estoient ralliez ensemble po…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Aide, assistance dans le danger, dans le besoin. Prompt secours. Secours lent, tardif. Secours divin. Secours d’argent, d’hommes, de vivres. Aller, courir, accourir au secours. Il est venu à mon secours. Prêter secours. Refuser, accorder, obtenir du secours. Demander secours, du secours à quelqu’un, le secours de quelqu’un. Je n’ai eu secours que de Dieu. On n’a pas grand secours de lui. Il a péri faute de secours. Appeler quelqu’un à son secours, au secours. Envoyer chercher du secours. Crier au secours. Les secours de la religion. Venez à mon secours ou simplement, sans verbe, à mon secours, au secours!

  2. Il se dit particulièrement des Troupes qu’on envoie ou qui viennent secourir, seconder ceux qui sont trop faibles pour résister avec avantage à l’ennemi. Secours étranger. Secours par mer. Secours par terre. On lui envoya un secours de vingt mille hommes.

  3. Porte de secours, Porte d’une citadelle qui donne dans la campagne et par laquelle on peut recevoir du secours ou se retirer.

  4. Sortie de secours, Issue ménagée pour le cas d’incendie ou de panique.

  5. Poste de secours, Endroit où l’on peut trouver un secours médical en campagne, dans une cérémonie, sur la route, etc.

  6. Chapelle de secours, Succursale d’une paroisse.

  7. En termes d’Automobilisme, Roue de secours, Roue supplémentaire destinée à remplacer une roue dont le pneumatique viendrait à crever.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • secours — forme de base — /səkuʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée secours#56596.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.