second
adjectif, /səɡɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (18 sens)
Littré (1873)
adj.
Deuxième, qui suit immédiatement le premier. Il n'est pas premier, il n'est que second. Remporter le second prix. Se marier en secondes noces. Terme de classe. Cet écolier est second, ou, substantivement, le second, il est celui que le professeur a jugé avoir le mieux fait une composition après un autre élève. Terme de vénerie. Ce cerf est à sa seconde tête, il prend trois ans. Se dit, dans certains calendriers, d'un mois embolismique. Pain second, voy. PAIN, n° 1. En chimie, eau seconde, eau-forte affaiblie. Causes secondes, les créatures, autant qu'elles sont causes elles-mêmes, comparativement au Créateur qui est la cause première. Causes secondes se dit aussi des lois irréductibles ou effets généraux auxquels l'expérience conduit. La seconde main, un intermédiaire. Acheter une chose de la seconde main, l'acheter à celui qui l'a achetée au producteur. Fig. Ne tenir une nouvelle que de la seconde main, de seconde main, ne l'avoir apprise que par un intermédiaire. Érudition de seconde main, érudition qui est puisée non aux sources, mais aux compilations.
....ô bon Dieu, Nous te sommes si chers qu'entre les créatures, Si l'ange est le premier, l'homme a le second lieu — Malherbe (1555-1628)
Seconde partie : Que l'homme sans la foi ne peut pas connaître le vrai bien ni la justice — Pascal (1623-1662)
Il se dit de celui qui, dans une série de mêmes noms, y est le deuxième.
Le second des Césars, le premier des humains, C'est Auguste.... — Jacques Delille (1738-1813)
Fig. Autre.
Pour lui les plus beaux jours sont de secondes nuits — La Fontaine (1621-1695)
Qui ne voit combien courtes et fragiles sont encore ces secondes vies que notre faiblesse nous fait inventer pour couvrir en quelque sorte l'horreur de la mort ? — Bossuet (1627-1704)
Fig. Qui s'ajoute à. C'est un second crime de tenir un serment criminel.
Que Joad mette un frein à son zèle sauvage, Et ne m'irrite point par un second outrage — Jean Racine (1639-1699)
Inférieur, surtout au féminin.
Qu'avec une valeur à nulle autre seconde.... — Malherbe (1555-1628)
Sa gloire à danser et chanter ....à nulle autre n'était seconde — Malherbe (1555-1628)
Poétiquement. Sans seconde, sans pareille. On dit de même : N'avoir point de seconde, en parlant d'un objet du genre féminin. On le trouve au masculin, avec un nom masculin.
Mais puisque par sa perte à jamais sans seconde — Pierre Corneille (1606-1684)
Notre gloire, il est vrai, deviendra sans seconde, Si nous faisons, sans eux, la liberté du monde — Pierre Corneille (1606-1684)
Terme de musique. Épithète qui, entre deux parties ou voix égales, indique la plus basse. Second violon. Second ténor. On dit seconde basse pour baryton ou basse moins grave que la basse proprement dite.
Terme de marine. Second foc, synonyme de faux foc. Second pont, pont supérieur au premier, pont qui porte la seconde batterie. Second entre-pont, faux entre-pont. La seconde ancre, celle qui est immédiatement inférieure en grosseur à la maîtresse ancre.
S. m. Le second, le second étage d'une maison. Il demeure au second. Les personnes qui habitent cet étage. Le second était brouillé avec le troisième.
Lisette : Du côté de la place Maubert, chez un marchand de café, au second. - Frontin : Une place Maubert, une madame Dorman, un second ! non, mon enfant, je ne connais point cela, et je prends toujours mon café chez moi — Marivaux (1688-1763)
Terme de jeu de paume. Ouverture de la galerie qui est entre le dernier et la porte.
Celui qui tient le second rang. Celui qui, dans une partie de paume, tient le second lieu d'un côté.
Jonathas demandait pour toute grâce à David d'être le second après lui — Bossuet (1627-1704)
Je vous fis.... Le second de la terre, et non pas mon égal — Voltaire (1694-1778)
Celui qui accompagnait un homme dans un duel et se battait contre l'homme amené par l'adversaire. Aujourd'hui les seconds ne sont plus en usage ; dans un duel il y a des témoins qui ne se battent pas.
Meillancour, écuyer de mon frère qui me servait de second, et qui avait été blessé dans le petit ventre et désarmé, et le chevalier du Plessis, second de Praslin, nous vinrent séparer — Cardinal de Retz (1613-1679)
M. de Nemours estima assez Villars pour le prendre pour second au duel qu'il eut contre M. de Beaufort — Saint-Simon (1675-1755)
Celui qui fait société à un autre.
L'homme seul est quelque chose d'imparfait ; il faut qu'il trouve un second pour être heureux — Pascal (1623-1662)
Celui qui aide un autre dans une entreprise, dans une affaire. Celui qui appuie ou soutient quelqu'un dans une discussion.
Ce sont [les esprits de premier ordre] les seconds des Alexandres et des Césars ; ils soulagent le prince dans ses grands travaux.... — Guez de Balzac (1597-1654)
Avec de tels seconds rien n'est pour vous douteux — Pierre Corneille (1606-1684)
Terme de marine militaire. Le second, ou, plus souvent, le matelot d'un vaisseau, le vaisseau qui est destiné à en soutenir un autre dans le combat. Second de l'avant, second de l'arrière se dit pour marquer le poste que le second doit prendre dans le combat. Le second se dit du second capitaine ou lieutenant. Terme de marine marchande. L'officier qui commande après le capitaine. Le capitaine et le second.
M. du Quesne, qui avait MM. de Valbelle et de Tourville pour ses seconds, était au centre de notre corps de bataille
Terme de musique. Partie secondaire ou d'accompagnement dans un duo. Faire le second.
Mon second, se dit, dans une charade, de la seconde partie du mot décomposé. On dit mieux le dernier : le premier, le dernier et l'entier, à moins que le mot ne soit partagé en plus de deux parties, ce qui est rare.
En second, loc. adv. qui exprime subordination, infériorité. Il ne tient pas la première place, il n'est qu'en second. Capitaine en second, le capitaine qui doit commander à défaut du capitaine en pied. On dit dans le même sens : colonel en second, lieutenant en second. Signer en second, se dit d'un notaire qui signe avec celui qui a reçu, qui a dressé l'acte.
L'âme perd sa faculté de juger, et même son empire ; elle ne veut plus qu'en second, et souvent elle veut l'impossible — Buffon (1707-1788)
Étymologie : Berry, seu ; provenç. segon ; espagn. et portug. segundo ; ital. secondo ; du lat. secundus, de sequi, suivre, (voy. ce mot).
Historique : XIIe s. L'an secunt que li ber icel eissil suffri, E qu'il out près dous ans esté à Punteigni XIIIe s. Simplece ot [la flèche] nom : c'iert la seconde Qui maint homme parmi le monde Et mainte fame a fait amer Li secons cas de quoi le [la] juriditions apartient à sainte Eglise, c'est de mariage XIVe s. Car [les pécheurs] point ne se sont perceü D'aquerre la vie seconde, Pour la foison qui lor habonde De teulz [tels] biens [les biens terrestres].... XVe s. La dame de Coucy qui seconde estoit de la reyne d'Angleterre De li veoir m'appareil, Car second n'a ne pareil Seconde n'a ne premiere En bien…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- secondes — pluriel féminin — /səɡɔ̃də/
- seconds — pluriel masculin — /səɡɔ̃/
- seconde — singulier féminin — /səɡɔ̃də/
- second — singulier masculin — /səɡɔ̃/
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