scrupule
nom, masculin, /skʁypylə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. m.
Petit poids de vingt-quatre grains (proprement, petite pierre, prise primitivement pour peser). Chez les Romains, la 24e partie d'un tout.
Terme d'astronomie. Une très petite partie de la minute.
Fig. Ce qui embarrasse la conscience, comme une pierre embarrasse celui qui chemine. Faire un scrupule de quelque chose à quelqu'un, lui en donner du scrupule. Je lui ai fait un scrupule de son oisiveté. Faire scrupule de quelque chose, ne pas vouloir le faire par scrupule de conscience. Faire scrupule de quelque chose, signifie aussi ne pas vouloir faire quelque chose par délicatesse de procédé. On dit dans le même sens : se faire scrupule, un scrupule de quelque chose. Avoir scrupule, faire scrupule, hésiter à.
Pensez-vous que j'ignore, ou que je dissimule, Que vous n'auriez pas eu pour moi plus de scrupule [que vous m'auriez assassiné comme vous avez assassiné Pompée] ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Jamais femme n'a eu plus de mépris pour les scrupules et pour les devoirs : Mme de Chevreuse ne connaissait que celui de plaire à son amant — Cardinal de Retz (1613-1679)
Grande exactitude à observer la règle, à remplir ses devoirs. Il est exact jusqu'au scrupule.
Grande sévérité d'un auteur, d'un artiste, dans la correction ou la composition d'un ouvrage. Il revoit ses ouvrages avec beaucoup de scrupule.
Reste de difficulté, de doute, de crainte. Il se dit, en un sens analogue, des doutes que l'on conçoit sur le style, sur la composition d'un ouvrage.
J'ai seulement à vous proposer un petit scrupule — Guez de Balzac (1597-1654)
Il m'est venu depuis un moment de petits scrupules sur le mariage — Molière (1622-1673)
Étymologie : Provenç. scrupuli, scrupel ; catal. escrupol ; espagn. escrupulo ; ital. scrupolo ; du lat. scrupulus, scrupulum, 24e partie de l'once, au propre, petite pierre (de scrupus, rocher), et, figurément, embarras, difficulté. On a employé le verbe scrupuler, examiner avec scrupule.
Historique : XVIe s. La seureté nous a apportée M. le prevost, sans nous laisser un seul scrupule de doubte de votre santé.... Cette objection, pour ce qu'elle a quelque apparence et couleur de raison, pourroit faire quelque scrupule aux simples Et nettement tiendra-on les pressoirs durant l'année, afin que le vin passant par là en sorte bon sans scrupule
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Ce qui suffit à troubler une conscience très sensible. Scrupule de conscience. Scrupule bien fondé, mal fondé. Avoir un scrupule, des scrupules. Faire naître des scrupules. Lever les scrupules de quelqu’un. Un homme sans scrupule. Il faut s’aguerrir contre les vains scrupules.
Il désigne aussi une Grande exactitude à observer la règle, à remplir ses devoirs. Il est exact jusqu’au scrupule.
Il se dit également d’une Grande délicatesse en matière de procédés, de moeurs. Je ne me fais pas scrupule de lui demander telle chose. Je ne m’en fais pas le moindre scrupule. Je me ferais scrupule de lui causer la plus légère peine.
Il se dit encore de la Grande sévérité d’un auteur, d’un artiste dans la correction d’un ouvrage. Il corrige, il retouche ses ouvrages avec beaucoup de scrupule.
Il désigne aussi un Reste de difficulté, un nuage qui reste dans l’esprit après l’éclaircissement d’une question, d’une affaire. Il est rare en ce sens.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- scrupules — pluriel — /skʁypylə/
- scrupule — singulier — /skʁypylə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée scrupule#56527.