science

science

nom, féminin, /sjɑ̃sə/

Définitions

  1. Ensemble organisé de connaissances sur un domaine, fondé sur l'observation et la vérification.

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  2. Connaissance précise et approfondie que l'on a de quelque chose.

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  3. Savoir acquis par l'étude.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Connaissance qu'on a de quelque chose. Savoir quelque chose de science certaine, d'une certaine science, le savoir d'une façon tout à fait sûre. Parler de quelque chose de science certaine, en parler comme parfaitement informé. De notre certaine science, pleine puissance et autorité royale, ancienne formule des édits et déclarations du roi. L'arbre de la science du bien et du mal, l'arbre du paradis terrestre dont Dieu avait interdit les fruits à Adam.

    Selon divers besoins il est une science D'étendre les liens de notre conscience — Molière (1622-1673)

    La science des choses extérieures ne me consolera pas de l'ignorance de la morale au temps d'affliction ; mais la science de mœurs me consolera toujours de l'ignorance de choses extérieures — Pascal (1623-1662)

  2. Ensemble, système de connaissances sur une matière. Science de raisonnement, science dans laquelle les vérités pourront être obtenues par le seul raisonnement, en partant de données admises, d'axiomes, de principes primitifs.

    Toutes les sciences qui sont soumises à l'expérience et au raisonnement, doivent être augmentées pour devenir parfaites ; les anciens les ont trouvées seulement ébauchées, et nous les laisserons à ceux qui viendront après nous en un état plus accompli que nous ne les avons reçues — Pascal (1623-1662)

    De là vient que, par une prérogative particulière, non-seulement chacun des hommes s'avance de jour en jour dans les sciences, mais que tous les hommes ensemble y font un continuel progrès à mesure que l'univers vieillit, parce que la même chose arrive dans la succession des hommes que dans les âges différents d'un particulier — Pascal (1623-1662)

  3. Savoir qu'on acquiert par la lecture et par la méditation. Demi-science, science imparfaite, superficielle, bornée. Le zèle et la science, voy. ZÈLE.

    Et, c'est mon sentiment qu'en faits, comme en propos, La science est sujette à faire de grands sots — Molière (1622-1673)

    Nous voulons montrer à de certains esprits, Dont l'orgueilleux savoir nous traite avec mépris, Que de science aussi les femmes sont meublées — Molière (1622-1673)

  4. Terme de théologie. Science de simple intelligence, faculté par laquelle Dieu se connaît lui-même. Science de vision, celle qui fait connaître toutes les choses à l'être suprême. Science moyenne, celle par laquelle Dieu apprécie les conséquences de telle ou telle cause. La science infuse, celle qui vient de Dieu par inspiration, ou qu'on nous suppose donnée par la nature. Familièrement. Il croit avoir la science infuse, se dit d'un homme qui se croit savant sans avoir étudié.

  5. Connaissance de certaines choses utiles à la conduite de la vie, à celle des affaires.

    Vouloir ce que Dieu veut est la seule science Qui nous met en repos — Malherbe (1555-1628)

    La science des saints, selon le sentiment de tous les Pères, n'est rien autre chose que la science du salut — Bourdaloue (1632-1704)

  6. Science du monde.

    J'entends ici par la science du monde, l'art de se conduire avec les hommes pour tirer de leur commerce le plus grand avantage possible, sans s'écarter néanmoins des obligations que le monde impose à leur égard — D'Alembert (1717-1783)

  7. La science du cœur, la connaissance des sentiments. Dans un sens analogue.

    Jusqu'à quel point ils [les romans de notre siècle] ont poussé la science du cœur — Fontenelle (1657-1757)

    Cet incomparable morceau [Moi jalouse ! - Phèdre de Racine] offre une gradation de sentiments, une science de la tristesse, des angoisses et des transports de l'âme que les anciens n'ont jamais connue — Chateaubriand (1768-1848)

  8. Terme de beaux-arts. Se dit de tout ce qui peut se réduire en règles ou en préceptes.

  9. Terme de marine. Ligne de science, ligne qui marque la limite supérieure du doublage en cuivre de la carène.

  10. Toute-science, voy. TOUTE-SCIENCE, à son rang.

Étymologie : Provenç. sciensa ; espagn. ciencia ; ital. scienza ; du lat. scientia, qui vient de sciens, part. présent de scire, savoir ; rad. sanscrit, ki, savoir, k(y, remarquer, l'un et l'autre, de chid, pour skid, fendre ; le sens de transition à l'idée intellectuelle est discerner.

Historique : XIe s. Puis sunt muntez [à cheval] e il unt grant science [de guerre] XIIe s. Tote escience [ils] orent à main Quant um devra l'iglise selunc Deu conseiller, Science et genterise en covient esluigner XIIIe s. L'en doit requerre trois choses en celui qui est esleuz, c'est à savoir dreit aage, honesté de bones mors, escience convenable XVe s. Adonc respondirent plusieurs cardinaux et tous d'une science [unanimement] : Pere sainct, le cardinal d'Amiens parle bien XVIe s. Sçavoir de certaine science que.... Une consolation en la perte de nos amis, c'est la science de n'avoir rien oublié à leur dir…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Connaissance exacte qu’on a de quelque chose. Je sais cela de science certaine. Cela passe ma science. La science du bien et du mal.

  2. Il signifie particulièrement Système de connaissances rationnelles ou expérimentales sur un objet déterminé. Les sciences naturelles. Les sciences exactes. Les sciences physiques. Les sciences morales et politiques. Les sciences occultes. Les sciences expérimentales. Les sciences d’observation. La science des nombres. Les sciences. Se livrer à l’étude des sciences. Posséder une science à fond. Cultiver une science. Les sciences, les lettres et les arts. L’Académie des Sciences. Le progrès des sciences. L’état des sciences. La classification des sciences.

  3. Il se dit absolument et au singulier de l’Ensemble des connaissances acquises par l’étude. Il a beaucoup de science. Il a un grand fonds de science. Il se pique de science. Cet homme est un puits de science.

  4. La science infuse, Celle qui est surnaturelle, qui vient de Dieu par inspiration. Les scolastiques prétendaient qu’Adam avait la science infuse.

  5. Fam., Il croit avoir la science infuse se dit, par raillerie, d’un Homme qui se croit savant sans avoir étudié.

  6. SCIENCE désigne aussi la Connaissance de certaines choses qui servent à la conduite de la vie ou à celle des affaires. La science du monde. La science du gouvernement, de l’administration.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • sciences — pluriel — /sjɑ̃sə/
  • science — singulier — /sjɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée science#56396.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.