sceptre
nom, masculin, /sɛptʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Bâton de commandement qui était un des signes de l'autorité royale. Dans Homère, les rois portent le sceptre. Particulièrement, bâton court surmonté d'un aigle, d'une fleur, d'une boule ou autre ornement que les consuls et les empereurs romains, les empereurs grecs et les souverains de l'Europe portèrent de la main droite comme symbole de l'autorité suprême. Fig. Fig. Depuis le sceptre jusqu'à la houlette, depuis les fonctions des rois jusqu'à celles des bergers.
Vivez, le sceptre d'or que vous tend cette main, Pour vous de ma clémence est un gage certain — Jean Racine (1639-1699)
On nous présenta d'abord à Aceste, qui, tenant son sceptre d'or en main, jugeait les peuples et se préparait à un grand sacrifice — Fénelon (1651-1715)
Fig. Le pouvoir souverain, l'autorité monarchique. Fig. Le sceptre et l'encensoir, l'autorité monarchique et l'autorité sacerdotale. Un sceptre de fer, une autorité dure et despotique. Fig.
Elle [la justice] seule fait l'ordre ; et les sceptres des rois N'ont que des pompes inutiles, S'ils ne sont appuyés de la force des lois — Malherbe (1555-1628)
À l'épreuve d'un sceptre, il n'est point d'amitié — Pierre Corneille (1606-1684)
Fig. Supériorité, prééminence.
Bossuet, qui voyait s'élever dans Bourdaloue un successeur digne de lui et formé sur son modèle, remit le sceptre de l'éloquence chrétienne aux mains de l'illustre rival à qui il avait ouvert et tracé cette glorieuse carrière — D'Alembert (1717-1783)
Le trident de Neptune est le sceptre du monde — LEMIERRE
Réunion d'étoiles qui font partie de la constellation le Sceptre et la Main de justice, dite aussi le Lézard, située entre Pégase et Céphée.
Étymologie : Lat. sceptrum, du grec σϰῆπτρον, bâton, sceptre, le même que σϰήπων, bâton, lat. scipio, σϰήπτειν, s'appuyer, lat. scapus, tronc, all. Schaft, fût ; rac. sanscr. scambh.
Historique : XIe s. Puis si li tolent [enlèvent] se sceptre e sa curune XIIe s. La corone d'or e le sceptre que vos nos mandastes, avons receu XIIIe s. Atant li rois portant curune E ceptre.... XIVe s. Il [le roi] tient en sa main destre le ceptre roial qui signifie droiture et seigneurie XVIe s. ....Des rois aux longues mains, qui leurs sceptres estendent De l'une à l'autre mer et après Dieu commandent
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Bâton de commandement, qui est une des marques de la royauté. Le roi avait la couronne en tête et le sceptre en main.
SCEPTRE se dit figurément du Pouvoir souverain, de la royauté même.
Il se dit par analogie, dans le style soutenu, de la Supériorité, de la prééminence en quelque chose que ce soit. Chez les Latins le sceptre de la poésie appartient à Virgile. Aucun orateur ne dispute à Démosthène le sceptre de l’éloquence.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- sceptres — pluriel — /sɛptʁə/
- sceptre — singulier — /sɛptʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sceptre#56322.