sceptique
adjectif, /sɛptikə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
adj.
Il se dit d'une secte de philosophes anciens, les pyrrhoniens, dont le dogme principal était de douter de tout, et, par extension, de ceux qui, chez les modernes, suivent les doctrines pyrrhoniennes, ou qui professent le doute philosophique. Qui a rapport à cette secte. Philosophie sceptique. Maximes sceptiques.
Le sceptique philosophe Bayle a été persécuté, même en Hollande ; la Mothe le Vayer, plus sceptique et moins philosophe, a été précepteur du roi Louis XIV et du frère du roi — Voltaire (1694-1778)
Le mot sceptique, qui est grec dans son origine, signifie proprement contemplatif, c'est-à-dire un homme qui balance les raisons de part et d'autre, sans décider pour aucun côté — Diderot (1713-1784)
Qui affecte le doute sur toute chose.
D'Alembert : Sceptique je me serai couché, sceptique je me lèverai. - Diderot : sceptique ? est-ce qu'on est sceptique ? — Diderot (1713-1784)
Non ; du sceptique Harold le doute est la doctrine ; Le croissant ni la croix ne couvrent sa poitrine — Lamartine (1790-1869)
Substantivement.
Comme personne jusque-là n'avait fait profession de douter absolument de toutes choses, c'est ce qui a été cause que Pyrrhon a passé pour l'auteur et le chef de tous les sceptiques — Fénelon (1651-1715)
M. Hume, ce fameux sceptique, est aussi honoré parmi eux [les Anglais] que l'homme le plus soumis à la foi — Voltaire (1694-1778)
La sceptique, la doctrine des pyrrhoniens.
Ils [les pyrrhoniens] se sont encore voulu aider de certaines façons de parler qui leur étaient particulières ; ce sont celles qu'on a nommées les voix de la sceptique, comme : je ne sais, cela peut être, je ne le comprends pas, etc. — La Mothe Le Vayer (1588-1672)
Étymologie : Σϰεπτιϰὸς, de σϰέπτεσθαι, voir, considérer ; de même radical que le lat. specere, spectare (voy. SPECTACLE).
Historique : XVIe s. Les autres.... disoient que l'on pouvoit disputer de toutes choses.... et s'appelloient sceptiques
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Il se dit d’une Secte de philosophes qui établissent pour principe qu’il n’y a rien de certain. Pyrrhon est considéré comme l’initiateur de la philosophie sceptique. Les philosophes sceptiques.
Il se dit, dans le langage courant, des Personnes qui affectent de douter de tout ce qui n’est pas prouvé d’une manière évidente, incontestable. C’est un homme sceptique, un écrivain sceptique. Esprit sceptique.
Fam., être sceptique, rester sceptique, Douter d’une chose. On dit dans le même sens : Cette nouvelle m’a laissé sceptique.
Il s’emploie aussi comme nom dans les deux acceptions. Les sceptiques ne niaient ni n’affirmaient rien. C’est un sceptique.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- sceptiques — pluriel — /sɛptikə/
- sceptique — singulier — /sɛptikə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sceptique#56321.