sauver
verbe, /sove/
Définitions
Soustraire quelqu'un à un danger grave ou à la mort.
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Empêcher la perte ou la destruction de quelque chose.
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Assurer le salut éternel d'une personne, selon les doctrines religieuses.
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Voir aussi : donne se sauver
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (23 sens) — Académie 1935 (15 sens)
Littré (1873)
v. a.
Tirer hors de péril, mettre en sûreté, avec un nom de personne ou objet personnifié pour régime direct. Avec un nom de chose pour régime direct, et de personne pour régime indirect. Vous m'avez sauvé l'honneur.
Josué sauva Rahab courtisane, et la maison de son père avec tout ce qu'elle avait — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Quand il [Dieu] voulut sauver la ville de Béthulie — Bossuet (1627-1704)
Être cause de salut, en parlant d'une chose qui sauve. L'opération sauva le patient.
Merci voit sa perte assurée ; ses meilleurs régiments sont défaits ; la nuit sauve les restes de son armée — Bossuet (1627-1704)
Il se dit simplement pour préserver. Sauver de, avec un infinitif.
N'attaquez plus ma gloire avec tant de douleurs, Et laissez-moi sauver ma vertu de vos pleurs — Pierre Corneille (1606-1684)
Quelque maligne joie en son cœur s'élevait, Dont sa gloire indignée à peine le sauvait — Pierre Corneille (1606-1684)
Procurer le salut éternel. Sauver son âme.
Il n'y a rien ici de rude pour elle, puisque Dieu la sauve par le même coup qui nous instruit — Bossuet (1627-1704)
Je viens, dit Jésus-Christ, comme un voleur.... comme un voleur, dites-vous, indigne comparaison ? n'importe qu'elle soit indigne de lui, pourvu qu'elle nous effraye, et qu'en nous effrayant elle nous sauve — Bossuet (1627-1704)
Empêcher d'être perdu. Le navire a échoué, on a sauvé les marchandises. Il se dit des personnes en un sens analogue. Fig. Vouloir sauver la chèvre et le chou, vouloir ménager des intérêts différents ou opposés.
Prends soin, je te prie, de m'en sauver le plus que tu pourras [des plats servis à table], pour le renvoyer au marchand — Molière (1622-1673)
J'y trouvai [dans la rue, pendant un incendie].... plusieurs meubles et vaisseaux d'argent qu'on sauvait chez lui [l'ambassadeur de Venise] — Mme de Sévigné (1626-1696)
Sauver une chose à quelqu'un, faire qu'il ne la subisse pas. En cet emploi, on dit souvent aussi éviter ; c'est mal parler (voy. la REM. à ÉVITER).
Je vous le dis encor, sauvez-moi cette honte — Pierre Corneille (1606-1684)
Troïle est utile à ceux qui ont trop de bien.... il leur sauve la peine d'amasser de l'argent — La Bruyère (1645-1696)
Conserver intact.
On sauve en quelque façon la suite de l'histoire sainte — Bossuet (1627-1704)
Et je tâche en fuyant de sauver mon devoir — Philippe Quinault (1635-1688)
Justifier. Quelque excuse qu'on allègue, on ne peut sauver cette action.
Qui peut croire que M. de Paris, que M. de Chartres, avec qui je suis uni dans tous les actes publics, me fussent contraires en secret, jusqu'à détourner M. de Cambrai d'approuver mon livre, qu'ils ont eux-mêmes approuvé, jusqu'à s'unir pour sauver le sien qu'ils rejetaient avec moi comme plein d'erreurs ! — Bossuet (1627-1704)
Il sauvait son ignorance par un aveu libre et ingénu, qui, pour dire le vrai, ne devait pas coûter beaucoup à un homme plein de talents — Fontenelle (1657-1757)
Pallier, masquer ce qu'il y a de défectueux. Sauver une contradiction, concilier deux passages, deux propositions contraires. Sauver les défauts de la taille d'une personne, cacher, par la manière de l'habiller, quelque défaut qui est dans sa taille.
Ils ont travaillé à sauver les inconvénients de ce système — Bossuet (1627-1704)
Voyez que l'on vous amuse, non-seulement en vous proposant des questions hors de propos, mais encore en sauvant une erreur par une autre, au lieu de les condamner toutes deux — Bossuet (1627-1704)
Terme de musique. Sauver une dissonance (voy. DISSONANCE).
Terme de scolastique. Sauver les apparences, expliquer les phénomènes selon les principes de quelque hypothèse. Fig. Sauver les apparences, ne rien laisser paraître au dehors qui puisse blesser ou scandaliser. On dit dans un sens analogue : Sauver les dehors.
Tous ceux qui ont passé le Styx après moi m'ont assuré que tu n'as pas même sauvé les apparences — Fénelon (1651-1715)
Pourquoi cherchez-vous toujours à mettre quelques raisons spécieuses de votre côté .... et sauver, pour ainsi dire, encore les apparences avec Jésus-Christ ? — Massillon (1663-1742)
Familièrement. Sauver le premier coup d'œil, ne pas laisser paraître l'étonnement, l'impression désagréable que cause la première vue d'une personne laide ou mal faite. Il faut sauver le premier coup d'œil, se dit d'une personne qui ne plaît pas au premier aspect, mais qui plaira quand on l'aura vue davantage.
Le roi avait une impatience extrême de savoir comme elle [la Dauphine] était faite ; il envoya Sanguin comme un homme vrai et qui ne sait pas flatter : Sire, dit-il, sauvez le premier coup d'œil, et vous en serez fort content — Mme de Sévigné (1626-1696)
Au jeu de paume, sauver la grille, sauver le dedans, parer les coups qui poussent la balle dans la grille ou dans le dedans. Sauver à quelqu'un la grille, le dedans, lui faire l'avantage de ne pas compter ce que l'on gagne quand on place la balle à la grille ou au dedans.
Terme de jeu de billard. Sauver à quelqu'un une blouse, deux blouses, etc. lui faire l'avantage de ne pas compter les points que l'on gagne en faisant la blouse, les deux blouses, etc.
Terme de jeu de trictrac. Sauver la bredouille, empêcher l'enfilade.
Se sauver, v. réfl. Se mettre en sûreté, à l'abri. Se sauver d'un péril. Se sauver de quelqu'un, échapper à son souvenir qui nous obsède. Se préserver.
Sauvez-vous d'une vue à tous les deux funeste — Pierre Corneille (1606-1684)
Plus cruel que les Lombards même, il [Constant] ne vint à Rome que pour en piller les trésors : les églises ne s'en sauvèrent pas — Bossuet (1627-1704)
Faire son salut éternel.
En sauvant le prochain, vous vous sauverez vous-même — Bourdaloue (1632-1704)
S'engageant dans ces emplois avec une incapacité absolue, comment pourra-t-il s'y sauver ? — Bourdaloue (1632-1704)
Se tirer d'embarras.
La cour romaine se sauvait par des équivoques — Voltaire (1694-1778)
S'échapper. Il se sauva de prison. Se sauver à la nage, s'échapper en nageant. Fig. et familièrement. Se sauver à travers les broussailles, se sauver par les vignes, par les marais, se tirer d'embarras comme on peut.
Vous allez voir par la nouvelle d'aujourd'hui, comme le roi d'Angleterre s'est sauvé de Londres, apparemment par la bonne volonté du prince d'Orange — Mme de Sévigné (1626-1696)
Je ne te retiens plus, sauve-toi de ces lieux — Jean Racine (1639-1699)
Prendre la fuite. Se sauver à toutes jambes. Elliptiquement, sauve qui peut, se sauve, se tire du péril qui pourra. Fig. Substantivement. Ce fut un sauve-qui-peut général (avec traits d'union).
Un soldat qui se sauve quand il faut combattre est puni — Voltaire (1694-1778)
Les premiers qui dans l'aile de gauche de Miranda crièrent sauve qui peut et la débandèrent.... — LOUVET DE COUVRAY
Étymologie : Wallon, sâvé ; provenç. et espagn. salvar ; ital. salvare ; du lat. salvare, dénominatif de salvus, avec le sens causatif.
Historique : IXe s. Si salvarai eo [je] cist meon fradre Karlo XIe s. [Qu'ils] Salvent le rei e gardent la reïne XIIe s. Mais ore en convenoit un sul à mort livrer Al piler del mustier, pur le pueple salver Por pecheors salver e mettre à salvaison Il salt [qu'il sauve] Marsile et son barnage XIIIe s. Hé las ! se nuls se doit sauver [faire son salut] dolans Si celui qui fait hommage, si comme est dessus dit, ou chief seignor, a fait avant hommage en ligesse à homme ou à femme, qui ne soit homme dou chief seignor, il le doit sauver [réserver] à l'hommage faire, pour ce que nul qui est homme d'autruy ne peut …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
v. tr.
Garantir, préserver, tirer du péril, mettre en sûreté. Il a sauvé la ville, sauvé son pays. Je l’ai sauvé des mains, d’entre les mains des ennemis. Sauver un homme du supplice, de l’infamie, de la misère. Sauver quelqu’un du naufrage. Le navire a échoué, on a sauvé les marchandises. On considérait ce malade comme perdu, ce médecin l’a sauvé. Sauver son nom de l’oubli. Vous m’avez sauvé la vie. Je lui ai sauvé l’honneur.
Il est sauvé se dit d’un Malade, d’un blessé qui est hors de danger de mort.
SAUVER signifie spécialement, en termes de Théologie, Soustraire aux peines de la vie future; donner, assurer le salut éternel. Dieu a envoyé son Fils pour sauver tous les hommes, pour sauver le genre humain.
Il signifie aussi épargner une chose à quelqu’un, l’en exempter. Cela lui a sauvé beaucoup de dépense. Vous m’avez sauvé une grande peine, une grande fatigue, un grand travail. Il est vieux.
Sauver les dehors, sauver les apparences, sauver la face, Faire en sorte qu’il ne paraisse rien au-dehors.
Fam., Sauver le premier coup d’oeil, Ne pas laisser paraître l’étonnement, l’impression désagréable que nous cause la première vue d’une personne ou d’une chose qui nous déplaît.
SAUVER signifie encore Excuser, justifier. On ne peut sauver sa conduite. Quelque excuse qu’on allègue, on ne peut sauver cette action. Il est peu usité en ce sens.
SE SAUVER signifie S’échapper. Il s’est sauvé à toutes jambes. Se sauver de sa prison.
Se sauver d’un péril, d’un danger, etc., S’en tirer, s’y dérober par la fuite ou autrement.
Fam. et par ellipse, Sauve qui peut, Se sauve qui pourra, se tire du péril qui pourra. Le cri de sauve qui peut se fit entendre. Sauve qui peut s’emploie aussi comme nom masculin. Voyez
SAUVE-QUI-PEUT.
SE SAUVER signifie encore Aller dans un lieu pour y chercher un asile, s’y réfugier. Il se sauva dans une église. Il se sauva à l’ambassade. Se sauver à l’étranger. Il vieillit en ce sens.
Il signifie aussi, familièrement, Se retirer promptement. Il se fait tard, il va pleuvoir, je me sauve.
Il signifie en outre Se dédommager. Ce marchand vend à bas prix, mais il vend beaucoup, et il se sauve sur la quantité.
Il signifie, dans le langage religieux, Faire son salut éternel. Il faut travailler à se sauver.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (51)
- sauverions — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /sovəʁjɔ̃/
- sauverais — conditionnel présent 1ʳᵉ pers. singulier — /sovəʁɛ/
- sauveriez — conditionnel présent 2ᵉ pers. pluriel — /sovəʁje/
- sauverais — conditionnel présent 2ᵉ pers. singulier — /sovəʁɛ/
- sauveraient — conditionnel présent 3ᵉ pers. pluriel — /sovəʁɛ/
- sauverait — conditionnel présent 3ᵉ pers. singulier — /sovəʁɛ/
- sauvons — impératif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /sovɔ̃/
- sauvez — impératif présent 2ᵉ pers. pluriel — /sove/
- sauve — impératif présent 2ᵉ pers. singulier — /sovə/
- sauverons — indicatif futur 1ʳᵉ pers. pluriel — /sovəʁɔ̃/
- sauverai — indicatif futur 1ʳᵉ pers. singulier — /sovəʁe/
- sauverez — indicatif futur 2ᵉ pers. pluriel — /sovəʁe/
- sauveras — indicatif futur 2ᵉ pers. singulier — /sovəʁa/
- sauveront — indicatif futur 3ᵉ pers. pluriel — /sovəʁɔ̃/
- sauvera — indicatif futur 3ᵉ pers. singulier — /sovəʁa/
- sauvions — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /sovjɔ̃/
- sauvais — indicatif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /sovɛ/
- sauviez — indicatif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /sovje/
- sauvais — indicatif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /sovɛ/
- sauvaient — indicatif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /sovɛ/
- sauvait — indicatif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /sovɛ/
- sauvâmes — indicatif passé 1ʳᵉ pers. pluriel — /sovamə/
- sauvai — indicatif passé 1ʳᵉ pers. singulier — /sove/
- sauvâtes — indicatif passé 2ᵉ pers. pluriel — /sovatə/
- sauvas — indicatif passé 2ᵉ pers. singulier — /sova/
- sauvèrent — indicatif passé 3ᵉ pers. pluriel — /sovɛʁə/
- sauva — indicatif passé 3ᵉ pers. singulier — /sova/
- sauvons — indicatif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /sovɔ̃/
- sauve — indicatif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /sovə/
- sauvez — indicatif présent 2ᵉ pers. pluriel — /sove/
- sauves — indicatif présent 2ᵉ pers. singulier — /sovə/
- sauvent — indicatif présent 3ᵉ pers. pluriel — /sovə/
- sauve — indicatif présent 3ᵉ pers. singulier — /sovə/
- sauver — infinitif — /sove/
- sauvées — participe passé pluriel féminin — /sove/
- sauvés — participe passé pluriel masculin — /sove/
- sauvée — participe passé singulier féminin — /sove/
- sauvé — participe passé singulier masculin — /sove/
- sauvant — participe présent — /sovɑ̃/
- sauvassions — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. pluriel — /sovasjɔ̃/
- sauvasse — subjonctif imparfait 1ʳᵉ pers. singulier — /sovasə/
- sauvassiez — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. pluriel — /sovasje/
- sauvasses — subjonctif imparfait 2ᵉ pers. singulier — /sovasə/
- sauvassent — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. pluriel — /sovasə/
- sauvât — subjonctif imparfait 3ᵉ pers. singulier — /sova/
- sauvions — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. pluriel — /sovjɔ̃/
- sauve — subjonctif présent 1ʳᵉ pers. singulier — /sovə/
- sauviez — subjonctif présent 2ᵉ pers. pluriel — /sovje/
- sauves — subjonctif présent 2ᵉ pers. singulier — /sovə/
- sauvent — subjonctif présent 3ᵉ pers. pluriel — /sovə/
- sauve — subjonctif présent 3ᵉ pers. singulier — /sovə/
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