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sauvage

sauvage

adjectif · /sovaʒə/

Usage : fréquent (40 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Qui vit en liberté dans la nature, qui n'est pas domestiqué.

    On a aperçu un lapin sauvage à la lisière du bois.

    « De tous les sauvages que j'ai vus dans ma vie, les Pecherais sont les plus dénués de tous ; ils sont exactement dans ce qu'on peut appeler l'état de nature »Bougainville (1729-1811)

    « L'antipathie entre les oiseaux sauvages et domestiques »Buffon (1707-1788)

  2. Qui pousse, qui se développe spontanément, sans être cultivé.

    Des framboises sauvages poussent le long du chemin.

    « Vous [gentils] avez été détachés de l'olivier sauvage où la nature vous avait fait naître, pour être entés dans l'olivier franc contre l'ordre naturel »Bossuet (1627-1704)

  3. Qui se pratique sans autorisation, en dehors des règles établies.

    Une grève sauvage a bloqué les trains ce matin.

    « Mais pourquoi, dira-t-on, cette vertu sauvage Qui court à l'hôpital et n'est plus en usage ? »Boileau (1636-1711)

  4. Qui évite la compagnie des autres, farouche, peu sociable.

    Cet enfant est sauvage et se cache devant les inconnus.

    Synonyme : farouche.

    « Oui, je suis un pauvre sauvage Errant dans la société »Béranger (1780-1857)

    « Il devint plus sévère avec elle ; cette rigueur effraya la gentille sauvage »Chateaubriand (1768-1848)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : à l'état sauvage · grève sauvage · le bon sauvage

Grammaire et formes (2)
  • sauvages : pluriel · /sovaʒə/
  • sauvage : singulier · /sovaʒə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 12 sens

adj.

  1. Se dit des animaux qui vivent dans les bois, dans les déserts. Les cerfs, les daims sont des animaux sauvages.

    [Dans un désert] un silence affreux et terrible, qui n'était interrompu que par les cris des bêtes sauvagesBossuet (1627-1704)

    Nous appelons sauvages des bêtes qui ne sont pas apprivoisées, et qui s'enfoncent dans les forêts, et de là nous avons donné le nom de sauvage à l'homme qui vit dans les boisVoltaire (1694-1778)

  2. Qui n'est pas apprivoisé, se dit par opposition aux animaux domestiques. Un chat sauvage. Les chevaux sauvages de l'Amérique proviennent de chevaux apprivoisés qui y furent abandonnés.

  3. Il se dit des hommes qui vivent en petites sociétés, dans des huttes, et qui, n'ayant ni agriculture proprement dite ni troupeaux, ne s'entretiennent guère que du produit de la chasse.

    Le penchant pour la chasse ou la guerre nous est commun avec les animaux : l'homme sauvage ne sait que combattre et chasserBuffon (1707-1788)

    M. Fabry.... qui a fait un très long voyage dans la profondeur des terres au nord-ouest du Mississipi où.... les nations sauvages n'ont pas été détruites, m'a assuré que cette partie de l'Amérique est si déserte qu'il a souvent fait cent et deux cents lieues sans trouver une face humaineBuffon (1707-1788)

  4. Par extension, se dit des lieux incultes et inhabités. Un site sauvage. Fig.

    Venez, fuyez l'aspect de ce climat sauvageJean Racine (1639-1699)

    Un lieu sauvage plaît par sa mâle âpretéJacques Delille (1738-1813)

  5. Fig. Qui se plaît à vivre seul, qui évite la fréquentation du monde.

    Ne demande donc plus par quelle humeur sauvage, Tout l'été, loin de toi, demeurant au village, J'y passe obstinément les ardeurs du LionBoileau (1636-1711)

    Mme la Dauphine, naturellement sauvage et sérieuseMme de Genlis (1746-1830)

  6. Qui a quelque chose de rude, de farouche. Une façon de parler sauvage, un procédé sauvage, une manière de parler ou d'agir rude, contre l'usage.

    Ce Nonnus était un Égyptien, dont le style est sauvage et monstrueux ; c'était un peintre de chimères et d'hippocentauresGuez de Balzac (1597-1654)

    De ce gaillard entretien La reine n'entendit rien ; Elle l'eût pris pour outrage ; Car en ce siècle ignorant Le beau sexe était sauvageLa Fontaine (1621-1695)

  7. Cruel, barbare. Rigoureux outre mesure.

    Peu de prudence eurent les pauvres gens [les pigeons] D'accommoder [de concilier] un peuple si sauvage [les vautours]La Fontaine (1621-1695)

    Le ciel avec horreur voit ce monstre sauvageJean Racine (1639-1699)

  8. En parlant des plantes, des fruits, qui vient sans culture. Pommier sauvage. Chicorée sauvage, voy. CHICORÉE. Goût sauvage, goût âpre. Ce fruit a un goût sauvage. Huile sauvage, huile qui a un petit goût amer, ce qui ne la rend que meilleure.

    Il s'attendait qu'elle [une vigne] porterait de bons fruits, et elle n'en a porté que de sauvagesLemaistre de Sacy (1613-1684)

    Vous [gentils] avez été détachés de l'olivier sauvage où la nature vous avait fait naître, pour être entés dans l'olivier franc contre l'ordre naturelBossuet (1627-1704)

  9. Populairement, feu sauvage, sorte de gale qui vient parfois au visage des petits enfants.

  10. Eau sauvage, celle qui coule sur la surface du globe immédiatement après y être tombée de l'atmosphère, et sans être contenue dans un lit. Filons sauvages, ceux qui sont formés de substances pierreuses, dures.

  11. S. m. et f. Celui, celle qui appartient aux populations sauvages. Les sauvages de l'Amérique du Nord disparaissent rapidement devant l'extension des blancs. Fig.

    L'objection à cela [qu'il faut qu'il y ait une véritable religion, puisqu'il y en a de fausses], c'est que les sauvages ont une religion ; mais on répond à cela que c'est qu'ils en ont ouï parlerPascal (1623-1662)

    On pourrait avancer sans crainte de se tromper, que, dans une seule ville comme Paris, il y a plus d'hommes qu'il n'y a de sauvages dans toute cette partie de l'Amérique septentrionale comprise entre la mer du Nord et la mer du Sud, depuis le golfe de Mexique jusqu'au nordBuffon (1707-1788)

  12. Fig. Celui, celle qui évite la fréquentation du monde.

    Son père est un sauvage à qui je ferais peurJean Racine (1639-1699)

    Oui, je suis un pauvre sauvage Errant dans la sociétéBéranger (1780-1857)

Étymologie : Berry et bourg, sauvaige ; wallon, sâvag ; provenç. salvatge, salvage ; esp. salvage ; port. salvagem ; ital. selvaggio ; du lat. silvaticus, de silva, forêt, le même que le grec ὕλη, bois.

Historique : XIIe s. La douce voiz du loussignol sauvage Qu'oi [que j'ouis] nuit et jour cointoier et tentir Tant par vous truis [je vous trouve] toz tens sauvage et dure [Je] Ne vueill morir n'afoler, Quant de la terre sauvage [des Sarrasins] Ne voi nului retorner À prendre lui convient [il faut] vie d'home sauvage, Et gesir mainte nuit al vent et al orage XIIIe s. Biele fille, vous avez un homme pris avec lequel vous vos en alez, qui est auques sauvages Li bon baron de France ne vourent arester, En estranges païs s'alerent deserter, Là devinrent sauvage por lor ames sauver Sire, si vos fustes sauvages Vi…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 9 sens

adj. des deux genres

  1. Il se dit proprement de Certains animaux qui vivent en liberté dans les bois, dans le désert, etc. Les lions, les tigres, les ours sont des animaux sauvages et carnassiers. Les cerfs, les daims, les sangliers sont des animaux sauvages.

  2. Il signifie aussi Qui n’est point apprivoisé. En ce sens, il se dit généralement de Tous les animaux qui ne sont point domestiques. Les animaux sauvages et les animaux domestiques. Un canard sauvage. Un chat sauvage. Une oie sauvage.

  3. Il se dit également de Certaines plantes, de certains fruits qui poussent naturellement, sans qu’on prenne soin de les greffer, de les cultiver. Olivier sauvage. Figuier sauvage. Pommier sauvage. Laitue sauvage. Prunes sauvages.

  4. Chicorée sauvage, Espèce de chicorée verte et amère.

  5. Ce fruit a un goût sauvage, Il a un goût âpre et désagréable.

  6. SAUVAGE se dit encore des Peuples qui vivent en dehors des sociétés civilisées. Les peuples sauvages de l’Amérique, de l’Afrique. En ce sens, il s’emploie substantivement et désigne les Hommes qui font partie de ces peuples. Les sauvages de l’Amérique. Il a vécu longtemps parmi les sauvages. On dit au féminin Sauvagesse.

  7. Il se dit figurément d’une Personne qui se plaît à vivre seule et qui, soit par bizarrerie, soit par timidité, soit par indépendance ombrageuse, évite la fréquentation du monde. C’est un homme très sauvage, d’une humeur sauvage. En ce sens il s’emploie aussi substantivement. On ne le voit jamais dans le monde : c’est un sauvage.

  8. Il signifie également Qui a quelque chose de rude, de farouche. Cet homme a quelque chose de dur et de sauvage dans toutes ses manières. Air sauvage. Manières sauvages. Une vertu sauvage.

  9. Il se dit encore des Lieux incultes et inhabités. Un pays sauvage. Ces lieux ont un aspect sauvage. Un site sauvage. Une nature sauvage.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée sauvage#56185.

sauvage

nom, masculin · /sovaʒə/

Usage : fréquent (13 occurrences par million, Lexique 3.83).

Voir aussi : forme féminine sauvagesse

Grammaire et formes (2)
  • sauvages : pluriel · /sovaʒə/
  • sauvage : singulier · /sovaʒə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée sauvage#56184.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.