sauf-conduit

sauf-conduit

nom, masculin, /sofkɔ̃dɥi/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Permis d'aller en quelque endroit, d'y séjourner, d'en revenir, sans crainte d'être arrêté. Violer un sauf-conduit. Il se dit aussi de la permission de laisser passer un paquet, un ballot.

    Les sauf-conduits nécessaires, car on était alors dans la guerre qui commença en 1688, furent bientôt expédiés, toutes les difficultés furent aplanies — Fontenelle (1657-1757)

    Le 6 juillet de l'année 1415, Jean Hus, confesseur de la reine de Bohême, docteur en théologie, est brûlé vif par sentence des pères du concile [de Constance], malgré le sauf-conduit très formel que Sigismond lui avait donné — Voltaire (1694-1778)

  2. Sauvegarde temporaire accordée par les magistrats aux débiteurs exposés à la contrainte par corps.

  3. Permission qu'un officier donne, en temps de guerre, de passer sur le terrain que sa troupe occupe.

    Que les femmes de qualité auraient des sauf-conduits pour se retirer où bon leur semblerait — Pellisson (1624-1693)

  4. Terme de marine. Lettre en forme de laissez-passer délivrée à un bâtiment de nation ennemie. Au plur. Des sauf-conduits.

Étymologie : Sauf, et conduit.

Historique : XIIIe s. Et manderent à l'empereur que il voloient à lui parler de pais, mais qu'il eussent sauf-conduit alant et venant XIVe s. Et par bon sauf-conduit une place bailler, Pour savoir s'on porroit ceste chose apaisier. XVe s. Sachez que, si ce ne fust pour mon honneur et que je vous ai donné sauf-conduit, je vous fisse à tous trancher les testes [le comte de Flandre aux Flamands]

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Sorte de passeport par lequel il est permis à une personne d’aller en quelque endroit, d’y demeurer un certain temps et de s’en retourner librement, sans crainte d’être arrêtée. Donner un sauf-conduit, des sauf-conduits. Violer un sauf-conduit. Il est venu sur la foi d’un sauf-conduit. Le général a donné un sauf-conduit à ce parlementaire.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • sauf-conduits — pluriel
  • sauf-conduit — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sauf-conduit#89070.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.