s. f.
Assaisonnement liquide où il entre du sel et des épices. Sauce douce, sauce faite avec du sucre et du vinaigre ou du vin. Sauce courte, sauce peu abondante. Cette sauce n'est pas faite, n'est pas assez faite, elle n'a pas assez bouilli, n'est pas assez liée. Sauce blanche, voy. BLANC 1. Sauce verte, sauce faite avec du blé vert, avec du jus d'herbes crues (suivant l'Académie, voy. à REMOULADE une autre sauce verte). Sauce-Robert, sauce où les oignons dominent ; ils sont revenus jusqu'à la couleur blonde, ensuite on y ajoute du bouillon, du jus et de la moutarde au moment de servir. Sauce piquante, sauce faite avec du vinaigre, du thym, du laurier, ail et échalote, mouillée avec du bouillon, réduite à moitié et un peu épaissie avec du beurre manié d'un peu de farine. Sauce à ou au pauvre homme, sauce froide, faite avec de l'eau, du sel et de la ciboule. Familièrement. Donner ordre aux sauces, aller dans la cuisine, prendre soin que tout soit bien apprêté pour le repas. En termes de cuisine, le mot sauce se sous-entend quelquefois : une maître-d'hôtel, une béchamel, pour une sauce à la maître-d'hôtel, à la béchamel. Fig.
Après cela, Quanto [Mme de Montespan] voulut manger, elle donna une pièce de quatre pistoles pour acheter ce qu'il fallait pour faire une sauce qu'elle fit elle-même, et qu'elle mangea avec un appétit admirable — Mme de Sévigné (1626-1696)
Quand on parle de sauce, il faut qu'on y raffine — BOIL.
Fig. et familièrement. Accessoire, addition. La sauce vaut mieux que le poisson, l'accessoire vaut mieux que le principal. On dit dans le même sens : La sauce fait manger le poisson.
Dès le jour même, elle [Mme de Bury] entra dans le carrosse de la reine ; cette sauce rend cette place des meilleures — Mme de Sévigné (1626-1696)
Mme de Bullion perdit son procès avec toutes les sauces et avec une acclamation générale — Saint-Simon (1675-1755)
Fig. et familièrement. Il se dit pour le mode de disposer des personnes ou des choses. Vous ne sauriez faire une bonne sauce à cela, mettre une bonne sauce à cela, se dit en parlant d'une affaire, d'une action à laquelle on ne saurait donner une apparence satisfaisante. On dit de même : Cela ne vaut rien à quelque sauce qu'on le mette. On ne sait à quelle sauce le mettre, on ne sait que faire de lui, à quoi l'employer. Mettre quelqu'un à toutes sauces, l'employer à toutes sortes de services. On dit de même : être bon à toutes sauces.
Vous me faites trop d'honneur et à mes pauvres lettres ; je suis ravie cependant que vous me trouviez bonne quelquefois à certaines sauces — Mme de Sévigné (1626-1696)
On se trouvera toujours fort bien de notre ami [Corbinelli], à quelque sauce qu'on le mette — Mme de Sévigné (1626-1696)
Populairement. Donner une sauce à quelqu'un, faire la sauce à quelqu'un, apprêter une sauce à quelqu'un, le réprimander vertement.
Tout vilain cas, dit-elle, est reniable ; Ces serments vains et peu dignes de foi Mériteraient qu'on vous fît votre sauce — La Fontaine (1621-1695)
C'est dans le fond un impie qui, pour faire sa cour aux persécuteurs de France, s'est déchaîné sur nous.... M. Allix devrait lui apprêter sa sauce — Pierre Bayle (1647-1706)
Sauce du tabac, eau salée dans laquelle on a mis quelques autres ingrédients et dont on se sert pour la préparation du tabac en poudre.
Terme d'orfévrerie. Liqueur pour donner la couleur à l'or. Dorure à la sauce, dorure légère obtenue par la simple immersion des objets dans un liquide aurifère.
Terme de dessin. Crayon tendre dont on se sert pour estomper.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).