satire

satire

nom, féminin, /satiʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Primitivement, à Rome, sorte de pièce dramatique, où il y avait un mélange de musique, de paroles et de danse, d'où le nom de satira ou satura, proprement farcissure ; cette satire ne se développa pas ; mais le nom resta et passa à la satire proprement dite, qui fut inaugurée par Lucilius.

  2. À Rome, et, par suite, chez les modernes, ouvrage en vers, fait pour censurer, pour tourner en ridicule, les vices, les passions déréglées, les sottises des hommes. Fig. Sa conduite fait la satire de la vôtre, en voyant sa bonne conduite on remarque davantage les torts de la vôtre.

    C'est ce qui m'a contraint de librement écrire, Et, sans piquer au vif, me mettre à la satire — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Regarde cet homme négligemment habillé et assez malpropre ; il se nommera Régnier, sera neveu de Desportes, et méritera beaucoup de gloire ; il sera le premier qui fera des satires en français — Mlle DE SCUDÉRY

  3. Il se dit aussi de certains ouvrages mêlés de vers et de prose qui sont faits dans la même intention. Les Satires de Varron. La Satire de Pétrone. Par antonomase, la Satire Ménippée, recueil de pièces mordantes ou railleuses faites en faveur d'Henri IV et contre les ligueurs.

    La Satire Ménippée, satire que Varron avait inventée en mêlant agréablement la prose avec les vers, le sérieux avec l'enjoué, et qu'il avait nommée Ménippée, parce que Ménippe le cynique avait traité avant lui des matières graves d'un style plaisant et moqueur — Rollin (1661-1741)

  4. Tout discours, tout écrit qui reprend, qui raille.

    Ces sortes de satires [les comédies] tombent directement sur les mœurs, et ne frappent les personnes que par réflexion — Molière (1622-1673)

    Les rieurs sont pour vous, madame, c'est tout dire ; Et vous pouvez pousser contre moi la satire — Molière (1622-1673)

Étymologie : Lat. satira ou satura, satire, proprement plat de différents mets, de satur, farci, rassasié. Comparez la racine sat, qui est dans satur et dans satis, avec le goth. sath, allem. satt, rassasié, et l'homérique ἃδην, assez.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Ouvrage en vers, fait pour reprendre, pour tourner en ridicule, pour châtier les vices et les sottises des hommes. Satire d’Horace, de Juvénal, de Boileau. Satire contre l’avarice, contre l’ambition. Sanglante satire. Satire piquante. Fine satire. On a fait contre lui une satire qui le couvre de ridicule.

  2. Absolument, La Satire, Le genre satirique.

  3. Fig., Sa conduite est la satire de la vôtre, L’honnêteté, la régularité de sa conduite fait remarquer davantage les torts de la vôtre.

  4. SATIRE se dit aussi de Certains ouvrages de longue haleine, ordinairement mêlés de prose et de vers, qui sont faits dans la même intention. La Satire Ménippée.

  5. Il se dit encore, par analogie, de Tout écrit ou discours piquant, mordant contre quelqu’un. Il a fait une longue satire contre vous. Ce n’est pas un récit, c’est une satire.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • satires — pluriel — /satiʁə/
  • satire — singulier — /satiʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée satire#56069.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.