sans

sans

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Académie 1935 (3 sens)

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Il se dit de l’Ancienne langue des brahmanes, qui est restée la langue sacrée de l’Indoustan. La langue sanscrite.

  2. Il se dit également de Ce qui a rapport à cette langue. Les livres, les poèmes sanscrits. Grammaire sanscrite.

  3. Il s’emploie aussi comme nom masculin pour désigner la Langue sanscrite. L’étude du sanscrit. Ce livre est en sanscrit. Professeur de sanscrit.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Source de l'entrée : Dictionnaire de l'Académie française, 8e édition (1932-1935), licence public-domain — entrée SANS.

sans

préposition, /sɑ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens)

Littré (1873)

prép.

  1. Il marque le manque, l'exclusion. Cet homme est mort sans enfant, sans héritier, ou sans enfants, sans héritiers. Cet enfant a fait un exercice sans faute ou sans fautes. C'est un acteur sans défaut ou sans défauts. Ce que vous dites là est sans exemple. Je le sais bien sans vous, sans qu'il soit besoin que vous me le disiez.

    Bérénice la belle, Qui semble contre amour si fière et si cruelle, Me dit tout franchement en pleurant, l'autre jour, Qu'elle était sans amant, mais non pas sans amour — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Sépare tes présents, et ne m'offre aujourd'hui Que ton fils sans le sceptre ou le sceptre sans lui — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Il se met, avec le même sens, devant un infinitif. Sans mentir, en vérité.

    Ce triste et fier honneur m'émeut sans m'ébranler — Pierre Corneille (1606-1684)

    Il y a des gens si remplis d'eux-mêmes que, lorsqu'ils sont amoureux, ils trouvent moyen d'être occupés de leur passion, sans l'être de la personne qu'ils aiment — La Rochefoucauld (1613-1680)

  3. Il se met assez souvent au commencement des phrases. Sans argent, sans protecteurs, que pouvais-je faire ? Sans vous, je n'aurais pas réussi.

    Sans effort et sans bruit, il savait faire les grandes choses — Montesquieu (1689-1755)

    Sans la bataille de Chéronée, Démosthène eût sauvé la Grèce — Marmontel (1723-1799)

  4. Sans quoi, sans cela, autrement, sinon. Vous ferez cela, sans quoi vous serez puni. Partez à l'instant même, sans cela vous serez en retard.

  5. Sans entre dans la composition de plusieurs locutions adverbiales : sans doute, sans fin, sans façon, sans faute, sans crainte, etc.

    Peut-on haïr sans cesse ? et punit-on toujours ? — Jean Racine (1639-1699)

  6. Sans plus, sans qu'il y en ait davantage.

    La gent trotte-menu s'en vient chercher sa perte : Un rat, sans plus, s'abstient d'aller flairer autour — La Fontaine (1621-1695)

    Je me suis présenté [à l'Académie], mais une fois sans plus, messieurs — Paul-Louis Courier (1772-1825)

  7. Sans plus avec un infinitif, non davantage.

    Et je m'en vais pleurer leurs faveurs meurtrières [des dieux], Sans plus les fatiguer d'inutiles prières — Jean Racine (1639-1699)

    Et sans plus me charger du soin de votre gloire — Jean Racine (1639-1699)

  8. Sans que, locut. conjonct. avec le subjonctif.

    Des dignités, des biens que jusqu'au bout du monde On suit, sans que l'effet aux promesses réponde — La Fontaine (1621-1695)

    Je rendrais mon ouvrage Capable de sentir, juger, rien davantage, Et juger imparfaitement, Sans qu'un singe jamais fît le moindre argument — La Fontaine (1621-1695)

  9. Sans peut se construire avec que, qui prend le sens de sinon.

    Je pensai qu'il valait mieux que j'examinasse seulement ces proportions en général, et sans les supposer que dans les sujets qui serviraient à m'en rendre la connaissance plus aisée — Descartes (1596-1650)

    Sachant combien de divers automates ou machines mouvantes l'industrie des hommes peut faire, sans y employer que fort peu de pièces — Descartes (1596-1650)

  10. Sans que, avec l'indicatif ou le conditionnel, signifie : n'eût été que, n'était que, sans cette raison, sans ce fait, sans cette considération (cette locution, très usitée au XVIIe siècle, ne l'est plus maintenant, mais rien n'empêcherait de la reprendre).

    Sans que je crains de commettre Géronte, Je poserais tantôt un si bon guet, Qu'il serait pris ainsi qu'au trébuchet — La Fontaine (1621-1695)

    Sans que mon bon génie au devant m'a poussé, Déjà tout mon bonheur eut été renversé — Molière (1622-1673)

Étymologie : Wallon, sai ; picard, sins ; provenç. sens, senes, ses ; ancien cat. senes ; cat. moderne sens ; ancien espagn. senes, sen ; espag. moderne, sin ; portug. sen, sem ; ital. senza. Les formes sans s dans le vieux français, dans les patois et dans plusieurs langues romanes, viennent du latin sine, que les étymologistes regardent comme provenant du préfixe se, sed, qui signifie séparation (proprement, à part soi, s(, s(d étant l'ablatif du pronom réfléchi), et de ne sur lequel les étymologistes disputent (voy. Journ. de Kuhn, XIX, 163). Les formes avec s, qui sont aussi fort anciennes, représenten

Historique : XIe s. Seinz hume mort [la bataille] ne poet estre achevée XIIe s. Lors [ils] se plaignent sans dolor Cil qui servent sans traïr Grans fust ma joie et ma peine legere Sans point de mescheoir De lait, de bure et de peison Vivent et de la veneison, Dont mult il prennent e sen peine Il veoit bien, san le roi, ne se pooit metre pais en ses choses XIIIe s. Comment osas, sains mon congié, En ma cité metre ton pié ? [Votre père] Qui vous amoit de cuer sans nul point de faintise Nus [nul] ne s'en retourna Fors que Morant sans plus XVe s. La porte fut ouverte, et y entrerent les Gantois, sans ce que nu…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (1)
  • sans — forme de base — /sɑ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sans#55908.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.