sangsue
nom, féminin, /sɑ̃sy/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. f.
Animal de la famille des hirudinées, annélides, employé en médecine de temps immémorial, pour pratiquer la saignée capillaire. Mettre des sangsues. Faire dégorger des sangsues.
Étant tombé malade, un médecin lui fit, vaille que vaille, appliquer les sangsues — Boursault (1638-1701)
Depuis quelques années on ne se fait tirer du sang communément que par les sangsues — Mme de Genlis (1746-1830)
Fig. Celui qui tire de l'argent du peuple par des voies coupables.
Ces sangsues d'État dont le nombre serait suffisant pour remplir les galères — Vauban (1633-1707)
Pauvre peuple, dit un homme d'une haute naissance, prêt à s'allier avec une sangsue publique, pauvre peuple, le ciel m'est témoin que... je condamne du plus profond de mon cœur toutes les voies impies par lesquelles mon futur beau-père s'est enrichi — Saint-Foix (1698-1776)
Celui qui dans sa profession exige une plus forte rétribution que celle qui lui revient légitimement. Cet homme de loi est une sangsue pour ses clients. Il se dit aussi des parents, des connaissances de quelqu'un qui se font donner de l'argent par lui et vivent à ses dépens.
Il prit le parti de se retirer en crevant de rage et de dépit, au lieu de rendre mille grâces au ciel de l'avoir délivré d'une si dangereuse sangsue — Lesage (1668-1747)
Elle et ses autres enfants et petits enfants devinrent autant de sangsues, dont le moindre mal qu'ils fissent à Thérèse était de la voler — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Sangsue volante, vampire phyllostome.
Terme rural. Petit fossé creusé dans les terres pour l'écoulement des eaux.
Étymologie : Picard, sangsurne, sangsure, sangsourde ; Berry, sangsuée, sangsuie, sangsuge ; génev. sangsuie ; wallon, sânsow ; provenc. sanguisuga ; en lat. sanguisuga, de sanguis, sang, et sugere, sucer. Au XVIe siècle on avait le verbe sangsuer, appliquer des sangsues, tirer du sang par les sangsues.
Historique : XIIIe s. Qui l'or vermeil et l'argent blanc Cuveite [convoite] cum sangsue sang Vous devés savoir qu'il i a une maniere de sansues qui sont venimeuses XIVe s. L'evacuation qui est faite o [avec] ventouses, l'evacuation o sansues
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Annélide aquatique qui suce le sang des parties du corps auxquelles il s’applique. On emploie les sangsues pour opérer des saignées locales. Appliquer, poser, mettre des sangsues. Faire dégorger une sangsue.
Il se dit figurément de Ceux qui s’enrichissent aux dépens des autres, qui en tirent de l’argent par des exactions. Ce sont les sangsues des peuples. C’est une vraie sangsue.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- sangsues — pluriel — /sɑ̃sy/
- sangsue — singulier — /sɑ̃sy/
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