sanctuaire
nom, masculin, /sɑ̃ktyɛʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. m.
En général, lieu fermé et consacré par la religion.
Les hommes ont banni la divinité d'entre eux ; ils l'ont reléguée dans un sanctuaire ; les murs d'un temple bornent sa vue ; elle n'existe point au delà — Diderot (1713-1784)
Chez les Juifs, le lieu le plus saint du temple, où reposait l'arche et qui se nommait autrement le saint des saints. Poids du sanctuaire, se dit des poids de pierre que les prêtres gardaient pour servir d'étalons. Fig. Peser une chose au poids du sanctuaire, dans la balance du sanctuaire, l'examiner avec toute l'attention possible, l'apprécier selon les règles de la plus sévère conscience.
Dieu n'épargne pas son sanctuaire ; le beau temple, l'ornement du monde.... — Bossuet (1627-1704)
Et que de Jésabel la fille sanguinaire Ne vienne attaquer Dieu jusqu'en son sanctuaire — Jean Racine (1639-1699)
Chez les païens, il s'est dit, dans un sens analogue, du lieu le plus saint du temple. La pythie rendait des oracles dans le fond du sanctuaire.
Chez les chrétiens, l'endroit de l'église où est le maître autel, et qui est ordinairement entouré d'une balustrade. Un beau sanctuaire.
Pâle lampe du sanctuaire, Pourquoi, dans l'ombre du saint lieu, Inaperçue et solitaire, Te consumes - tu devant Dieu ? — Lamartine (1790-1869)
Fig. Le sacerdoce. Les lois, les prérogatives du sanctuaire.
Les hypocrites me voudront mal à cause que j'attaque le vice jusques dans le sanctuaire — Guez de Balzac (1597-1654)
Il n'osa jamais entrer dans le sanctuaire — Massillon (1663-1742)
Fig. Ce que l'on compare à un sanctuaire. Le sanctuaire des lois, de la justice, le lieu où l'on rend la justice, et, figurément, la profession de magistrat. Cette maison est le sanctuaire de l'honneur, des vertus, l'honneur l'habite, les vertus y sont pratiquées. On dit de même : Le cœur de cet homme est le sanctuaire de toutes les vertus.
J'étais convaincu, comme je le suis encore, que les mêmes lois qui nous permettent quelquefois de nous dispenser de l'obéissance exacte, nous défendent toujours de ne pas respecter le titre du sanctuaire, qui, en ce qui regarde l'autorité royale, est le plus essentiel — Cardinal de Retz (1613-1679)
On dit que c'est l'arsenal de l'enfer [les religieuses de Port-Royal], Dieu en fait le sanctuaire de ses grâces ; on les menace de toutes les fureurs et de toutes les vengeances du ciel, et Dieu les comble de ses faveurs — Pascal (1623-1662)
Fig. Société, compagnie comparée à un sanctuaire et dans laquelle les profanes ne pénètrent pas. Il ne faut pas essayer de pénétrer dans le sanctuaire, c'est-à-dire dans les secrets des gens puissants.
J'étais mis encore quelquefois d'un autre intérieur, non moins sanctuaire, par des valets très principaux — Saint-Simon (1675-1755)
Étymologie : Provenç. sanctuari ; catal. santuari ; du lat. sanctuarium, qui vient de sanctus, saint.
Historique : XIIe s. Sis [son] saintuaires fu desertez ausi come chose gastée Parole fud que tu e li tuens [le tien] lignages servireit devant mei en mun saintuairie XIIIe s. Des saintuaires ne des hautes reliques qui i estoient ne covient il mie parler Cil aporta le seintuaire, Sur quoi durent serement faire Nennil, mais voisent [aillent] viseter Le saintuaire precieus Dont mon cuer est si envieus XIVe s. Sanctuaire, chose sainte, ou lieu où elle est mise ou portée XVIe s. Le santuaire où se rendent les responses de l'oracle - les vœux et offrandes qui sont pendues aux vouttes et parois du santuaire
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Le lieu le plus saint d’un temple. Il se disait spécialement chez les Juifs de la Partie secrète du temple où reposait l’arche d’alliance et qu’on nommait autrement Le saint des saints. Le grand prêtre seul pouvait entrer dans le sanctuaire.
Il se dit, chez les chrétiens, de la Partie de l’église où est le maître-autel et qui est ordinairement entourée d’une balustrade. Il se réfugia dans le sanctuaire de telle église.
Il se dit, en parlant des Temples consacrés aux divinités du paganisme, de la Partie interdite aux profanes. La pythie rendait ses oracles du fond du sanctuaire. Le sanctuaire d’un temple chinois.
Il désigne, par extension, un édifice, un lieu consacré aux cérémonies d’un culte.
Fig., Le sanctuaire des lois, de la justice se dit d’un Tribunal, d’un lieu où l’on rend la justice.
Fig., Cette maison est le sanctuaire de l’honneur, de la vertu, L’honneur l’habite, la vertu y est pratiquée.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- sanctuaires — pluriel — /sɑ̃ktyɛʁə/
- sanctuaire — singulier — /sɑ̃ktyɛʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée sanctuaire#55864.