salon
nom, masculin, /salɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. m.
Pièce d'un appartement, ordinairement plus grande et plus ornée que les autres, et où l'on reçoit la compagnie. Salon d'hiver. Salon d'été. Salon à l'italienne, celui qui comprend deux étages, dont un attique, et qui tire son jour de l'étage supérieur ou d'une espèce de coupole.
Et ce salon pompeux est le lieu du festin — Jean Racine (1639-1699)
Au milieu des jardins, entre deux cascades, s'élevait un salon ovale de trois cents pieds de diamètre — Voltaire (1694-1778)
La maison où l'on reçoit habituellement compagnie, et, particulièrement, bonne compagnie, et où l'on cause. Le salon de Mme Geoffrin, de la marquise du Deffant ont été célèbres au XVIIIe siècle. Par extension. La bonne compagnie, les gens du monde. Il fréquente les salons. Un poëte de salon. Des nouvelles de salon. L'hostilité des salons contre le gouvernement.
La liberté.... C'est une bégueule enivrée Qui dans la rue ou le salon, Pour le moindre bout de galon, Va criant à bas la livrée ! — Béranger (1780-1857)
Les plus grandes dames [de Venise] recevaient toutes leurs visites dans les cafés de la place Saint-Marc, et cette confusion bizarre empêchait que les salons ne devinssent trop sérieusement une arène pour les prétentions de l'amour propre — Mme de Staël (1766-1817)
Absolument. La galerie du Louvre où se fait l'exposition des ouvrages de peinture, de sculpture, gravure, etc. des artistes vivants. Aujourd'hui, le mot salon s'applique, dans le même sens, au Palais de l'Industrie où se font les expositions de peinture. L'exposition même. Il a exposé ce tableau au dernier salon. Compte rendu d'une exposition artistique. Les Salons de Diderot.
On voit tout Paris occupé de tableaux exposés au salon — Voltaire (1694-1778)
Je veux porter mon art à la perfection, Et dès l'été prochain exposer au salon — Louis-Benoît Picard (1769-1828)
Salle où l'on expose des figures en cire Tenant un salon de figures en cire.
Terme de turf. Salon des courses, établissement où l'on s'assemble pour parier et régler les paris.
Excavation creusée dans l'argile salifère, pour y rassembler l'eau nécessaire à la dissolution du sel que ces roches contiennent (par un jeu de mot entre salon et saler).
Étymologie : Salle.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Pièce, dans un appartement, dans une maison, qui est ordinairement plus grande et plus ornée que les autres, et qui sert à recevoir les visites. Il y a dans cet appartement deux salons, un grand et un petit. Salon de musique. Salon d’hiver. Salon d’été.
Il s’emploie figurément, surtout au pluriel, pour désigner la Bonne compagnie, les gens du monde. Il a lu son ouvrage dans tous les salons. On débite cette nouvelle dans les salons. Un poète de salon. Il faut se défier des succès de salons. Fréquenter les salons.
Il désigne aussi le Lieu où se fait l’exposition annuelle des ouvrages de peinture, sculpture, gravure, etc., des artistes vivants; elle se faisait autrefois tous les deux ans dans les salles du Louvre.
Il désigne, par extension, l’Exposition même. Il a exposé ce tableau au dernier salon. Le salon de telle année. L’ouverture, la clôture du salon.
Il se dit aussi des Comptes rendus de l’exposition. Les salons de Diderot. Ce critique fait le salon dans tel journal.
Il désigne encore Toutes sortes d’expositions périodiques, ordinairement annuelles. Le Salon de l’automobile. Le Salon de l’aviation.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- salons — pluriel — /salɔ̃/
- salon — singulier — /salɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée salon#55765.