salière
nom, féminin, /saljɛʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Pièce de vaisselle pour mettre du sel. Salière de faïence, d'argent. Une superstition vulgaire regarde une salière renversée comme une annonce de malheur. Il ouvre les yeux grands comme des salières, se dit quand un homme regarde attentivement et avec avidité quelque chose.
Il [Montrevel] avait les misères des femmes qui l'avaient fait subsister : il ne craignait rien tant qu'une salière renversée — Saint-Simon (1675-1755)
Verrons-nous, sans pâlir, tomber notre salière ? — L. RAC.
Petit vaisseau de bois où l'on met du sel ; on le pend au jambage de la cheminée de la cuisine pour tenir le sel sèchement.
L'enfoncement plus ou moins profond qui se remarque au-dessus de l'œil dans le cheval.
Les vieux chevaux ont ordinairement les salières creuses ; mais cet indice est équivoque — Buffon (1707-1788)
Si c'est pour la selle qu'on achète le cheval, on examinera s'il a la tête petite, sèche et bien placée, les salières élevées — Mme de Genlis (1746-1830)
Populairement. Le vide qui existe derrière la clavicule, chez les personnes maigres. Cette femme montre ses salières.
Outil de lapidaire.
Étymologie : Wallon, salîr, coffre où l'on garde le sel ; provenç. saliera, saleira ; ital. saliera ; du lat. sal, sel.
Historique : XIIIe s. Tant qu'il fu ore de mangier, Et que les napes furent mises, Et desus les tables asises Et les salieres et li pains XIVe s. La grande salliere, à façon d'une nef, que la ville de Paris donna au roy XVe s. Une salliere d'agathe, dont le couvercle est d'or, assise sur quatre roes d'or, en maniere d'un chariot, et au bout du moyeu de chacune roe a une perle La saliere doit être au milieu de la table XVIe s. [chez le cheval] Les salieres de dessus les sourcils sortans en dehors ; grande gueule et bien fendue pour le facile bridement
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Récipient dans lequel on met le sel sur la table. Salière de faïence, de cristal, d’argent.
Il désigne aussi un Ustensile de cuisine, ordinairement de bois, où l’on met le sel et qu’on pend à la cheminée pour le tenir au sec. Salière de bois.
Il se dit, par analogie et familièrement, de Certains creux que les femmes ont quelquefois vers les clavicules. Cette femme a beaucoup maigri : elle a des salières.
Il se dit encore de Certains creux qui se forment au-dessus des yeux des chevaux quand ils vieillissent. Les vieux chevaux ont ordinairement des salières au-dessus des yeux.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- salières — pluriel — /saljɛʁə/
- salière — singulier — /saljɛʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée salière#55754.